Mai 6, 2021
Par Dijoncter
101 visites


A longueur d’interviews ces dernières semaines, François Rebsamen, Nathalie Koenders et Thomas Ghitti vantent la qualité environnementale et les bienfaits pour le quartier du projet immobilier Garden State, tout en se contredisant et en entretenant le flou sur la véritable destination des espaces et les modalités de prise en compte de l’avis des riverains.

Alors, « À quoi va ressembler Garden State ? » : les Jardins de l’Engrenage décryptent la situation.

« 62% de la surface sera végétalisée »

Convaincu qu’un tapis de couleur verte suffit à satisfaire le besoin de nature des humains, Ghitti oublie de préciser que les surfaces vertes de Garden State ne comprennent quasi que de la végétation sur les toits et de pauvres bacs de terre.

Il faut rappeler ici que les bâtiments seront construits sur un parking souterrain : il n’y aura donc pas de pleine terre pour la végétation, pas d’arbre planté. Et pas d’îlot de fraîcheur en vue …

De grandes promesses de « 15 000 m² de jardins familiaux et parc public »

4 200, 8 500, 15 000 m² : qui dit mieux ? Selon l’interlocuteur à qui vous avez affaire, le futur espace vert promis en marge du projet Garden State est de taille variable …

Koenders finit par l’avouer : la quasi-totalité des ambitions de l’espace vert est déjà sur place.

Soyons clairs : le futur espace vert fera 4 200 m². Pour bien comprendre la répartition des surfaces entre le programme de logements Garden State, les jardins familiaux existants et le futur espace vert, les voici représentés sur un plan masse :

JPEG - 244.4 ko

Le futur espace vert est une bande très longue et étroite, de 160 mètres de longueur sur seulement 25 m de largeur.

D’autre part, sur cette largeur de 25 m sera implantée une « voie apaisée (piétonne) assurant la traversée du site » entre la rue Verniquet et l’avenue de Langres en passant dans la résidence Garden State, comme le prévoit le PLUi-HD et la délibération du Conseil Municipal, ce qui réduira d’autant la surface « utile » de ce jardin.

Enfin, cet espace vert sera enclavé en cœur d’îlot, coincé entre d’un côté les jardinets privatifs des maisons du programme Garden State et de l’autre côté les jardins familiaux existants, sans ouverture sur l’avenue de Langres.

JPEG - 170.7 ko

Cette configuration particulière fera de cet espace vert d’abord un lieu de passage entre la rue Verniquet et l’avenue de Langres, qui du fait de son enclavement profitera surtout aux habitants de la résidence Garden State plutôt qu’à tout le quartier. Rappelons qu’il ne sera accessible que de 7h à 21h, donc pas aux riverains proches.

Pour couronner le tout, toute la partie “jardin” est composée de parcelles de jardins privatifs attribués aux résidents de Garden State : ce n’est pas public !

De beaux visuels venant tout droit des vendeurs

Pour donner une image “verte” au projet, les vues d’artiste sont multipliées : elles reposent surtout sur l’illusion d’optique !

Ce grossier photomontage où la haie, qui sépare les jardins familiaux existants du jardin voulu pour Garden State, a miraculeusement disparu donne l’impression que le jardin de Ghitti serait bien plus grand qu’en réalité.

JPEG - 254.7 ko

Les angles de vue présentent uniquement Garden State du côté de la rue Edmé Verniquet, tant la vision du côté de l’Avenue de Langres serait déprimante avec l’alignement de béton omniprésent sur le reste l’avenue.

JPEG - 233.5 ko

JPEG - 213.2 ko

De belles paroles pour évoquer une concertation citoyenne illusoire

Dans les faits il n’en est rien : la Ville de Dijon a bien organisé quelques réunions en Mairie en mars, mais il s’agissait davantage de micro-réunions d’information que de réels échanges, avec plus de personnes de la Mairie que d’habitants du quartier dans la salle. Surtout quand Rebsamen accorde 5 minutes de questions aux invités, à la fin de son exposé qui a duré une heure…

Pourtant, de nombreuses personnes s’interrogent et ont des critiques à formuler quant à la nature du projet, les travaux et les ravages qu’il nécessiterait. Des riverains témoignent avoir voulu aborder le sujet en réunion de quartier : “ce n’est pas le lieu pour cela” leur a-t-il été répondu !

Garden State, un projet décidé de manière verticale par un Maire qui se préoccupe seulement de ses promoteurs et se fiche de ses administrés.

Depuis leur arrivée en juin 2020, les Jardins de l’Engrenage n’ont eu de cesse, à travers un processus d’auto-gestion, d’intégrer les habitants du quartier au devenir du terrain. Nous présenterons dans les prochains jours notre projet : “Jardins de l’Engrenage : ce qu’imaginent les habitants pour leur quartier”.

Les Jardins de l’Engrenage




Source: Dijoncter.info