Réseau Aman Komunak

G7 : soutien aux personnes interpellées, inculpées et incarcérées

Procès à Bayonne le 20 septembre

Le déploiement militaire et policier avant et pendant le sommet du G7 de Biarritz nous a montré à quel point un gouvernement proclamé démocratique peut prendre des allures de régime totalitaire. La population locale a subi un état de siège sans précédent, menée par différents corps répressifs français et européens.

C’est avec une carte blanche que ces forces armées ont pu effectuer des fichages, des contrôles ainsi qu’une main mise sur le territoire, soit disant pour prévenir d’actions violentes contre le G7.

Au total, ce sont 146 interpellations qui ont été effectuées, avec une centaine de gardes à vue, cinq emprisonnements et une cinquantaine de poursuites. Il faut souligner qu’aucune des arrestations n’a eu lieu pour des faits de violence à proprement parler. Contrairement à ce qu’affirmait le procureur de Bayonne, presque toutes ont été effectuées dans un cadre « préventif », rendant toute personne opposée à la mascarade du G7 où tout simplement se trouvant au mauvais endroit au mauvais moment suspecte. Il faut rajouter à cela les expulsions dont ont fait l’objet au moins 16 personnes, expulsées de France car considérés dangereuses, et une liste de 500 militant-e-s basques fournie par les autorités espagnoles à qui l’on a interdit de fouler temporairement le Pays Basque nord.

Au fur et à mesure que les témoignages des personnes arrêtées et incarcérées se font entendre, on se rend compte de l’impunité et de la violence avec laquelle les policiers ont agi. Le simple fait d’avoir un « look anti G7 », de vouloir se rendre à une manifestation, de circuler aux abords du sommet ou du contre sommet a valu à beaucoup de gens de longues heures de fouilles, insultes, provocations et menaces, notamment de la part de la Brigade Anti Criminalité. Tout comme le simple fait d’avoir été taper sur des casseroles aux abords d’un lycée réquisitionné par les CRS à Maule a valu des gazages à bout portant de la part d’agents ivres. Des journalistes et des observateurs ont également fait part de l’arbitraire avec lequel ils ont été traités par les forces de l’ordre. Les conditions déplorables des gardes à vue et l’entrave au travail juridique de la legal team ont aussi été rapportées par des interpellés et des avocats.

C’est l’Etat policier qui s’est imposé et nous avons assisté à une collaboration sans faille de nombre d’élus locaux dans cette escalade répressive. Ces derniers n’ont fait que vanter la réussite du sommet, tout en justifiant l’occupation au nom de la défense de leur commune.

Entre temps, les audiences sont fixées et des dizaines de personnes seront jugées les jours et semaines qui viennent. L’enquête de l’IGPN concernant le policier ayant blessé Lola en décembre dernier à Biarritz est toujours au point mort et le cas de Rita, l’italienne jugée et condamnée en février dernier à Bayonne (pour finalement être relaxée en appel à Pau) a montré un glissement de l’appareil judiciaire aux ordres du politique. Signe des temps ?

Nous appelons tout le monde à venir soutenir les inculpés. Le prochain rendez-vous aura lieu le vendredi 20 septembre à 14h au tribunal de Bayonne, où une douzaine de personnes seront convoquées. Un repas au bénéfice l’anti répression sera préparé sur place à partir de midi, et le local Epaiska (rue Pannecau) sera ouvert le soir, en soutien aux personnes jugées.


Article publié le 16 Sep 2019 sur Zad.nadir.org