Les infos qui suivent ne sont évidemment pas exhaustives, mais montrent la vitalité du mouvement des Gilets jaunes et des occupations de ronds-points avec cabanes, etc. tout autant que l’acharnement de la part de l’État pour écraser ce mouvement (en l’occurrence par la démolition des cabanes par la police, ou par des incendies anonymes…).

***

Depuis fin novembre 2018, les Gilets jaunes de Commercy (55) avaient installé leur «cabane de la solidarité» sur la place Charles de Gaulle, en plein cœur de la ville.

Place forte du mouvement des Gilets jaunes, ils/elles y avaient lancé notamment deux appels, d’abord à former des assemblées partout en France, puis un deuxième appel à toutes les assemblées de Gilets jaunes à se retrouver à Commercy les 26 et 27 janvier pour «l’Assemblée des assemblées».

Ce 13 mars 2019 au matin, alors que le jour se levait à peine, le maire de Commercy a fait détruire la cabane des Gilets jaunes…

***

À Forbach (57), située sur le rond-point du Mc Do de la zone de l’Europe, la cabane des Gilets jaunes a été démantelée par les forces de l’ordre dans la nuit du 4 au 5 mars. Mais dès le lendemain, mercredi 6 mars, la cabane était en cours de reconstruction.

Dans un article du Républicain Lorrain, Salvatore déclare: «on n’a pas compris pourquoi ils ont détruit notre cabane. On n’embêtait personne. Là, franchement, on est en colère. D’autant qu’on a eu que 10 minutes pour que deux d’entre nous puissent sortir nos effets personnels. Ils ont même pris notre canapé.» Il ajoute toutefois: «quand l’ancienne a brûlé, on a tout reconstruit en quelques heures. On a l’habitude maintenant.»

***

Du côté île d’Oléron, au pied du pont, le campement des Gilets jaunes de Marennes-Oléron (17) a été incendié dans la nuit du lundi 4 au mardi 5 mars.

***

À Schirmeck (67), dans la nuit du 8 au 9 mars, le QG des Gilets jaunes de la vallée de la Bruche, mis en place début janvier, a été incendié et retrouvé complètement en cendres. La veille au soir, le tunnel de Schirmeck avait été bloqué lors d’une opération des Gilets jaunes. Un feu de pneus et de palettes avait été allumé sur la chaussée, au niveau du rond-point de la tête sud du tunnel, obligeant à interrompre la circulation. Des sabotages ont également été effectués sur les appareillages électriques du tunnel. Un équipement avertisseur sonore aurait été arraché et une armoire électrique visitée, afin de faire disjoncter l’alimentation d’une des caméras.

***

De la cabane en bois du rond-point de Césarée à Gujan-Mestras (Gironde), il ne reste que quelques fragments de palettes calcinées et des morceaux de plastique fondus… Le feu a totalement détruit ce campement qui servait de quartier général à une cinquantaine de Gilets jaunes depuis le début du mouvement. L’incendie s’est déclaré le vendredi 15 mars vers 20 heures alors que tou·te·s les occupant·e·s participaient à une réunion publique à quelques kilomètres de là.

«Je n’arrive pas à me dire que cet endroit où nous avons vécu tant de belles choses soit parti en fumée comme ça !» se désolé Jean-Jacques, cité dans un article du Parisien. «Pour moi, c’est un geste délibéré», affirme Greg (dans le même article).

***

À Cosne-Saint-Loup (58), la cabane des Gilets jaunes tenait depuis le mois de janvier au bord de l’échangeur autoroutier 23 de Cosne-sud. Dans la nuit du vendredi 15 au samedi 16 mars, elle est partie en fumée…

***

Dimanche 17 mars, vers 1h du matin, la cabane des Gilets jaunes installée sur le rond-point de la Maison du département à Saint-Lô (50) a été ravagée par les flammes. Les Gilets jaunes l’ont reconstruite dans la foulée.

***

Dans le secteur de Dole (39), la cabane des Gilets jaunes située sur le rond-point d’Innovia à Damparis, a été démolie par la police le 28 février dernier. Pendant le week-end du 8-10 mars, la cabane a été reconstruite, toujours avec l’idée d’en faire un lieu de rassemblement et de résistance. Selon un des Gilets jaunes cité par Le Progrès, «s’ils viennent la démonter à nouveau, on la reconstruira à nouveau».

Lundi 18 mars, la cabane a de nouveau été détruite par la police. Et le soir-même, les Gilets jaunes ont remis une installation, plus petite, au pied de l’enseigne Innovia. L’occupation continue !

Contactée ce mardi 19 mars par Le Progrès, la Préfecture du Jura indique son intention de ne pas laisser le rond-point aux Gilets jaunes: «Force doit rester à la loi, personne ne peut accepter que des gens construisent des baraques faites de bric et de broc aux abords des ronds-points parce qu’ils en ont envie», résume le secrétaire général de la préfecture du Jura.

***

Lundi 18 mars, vers 22h30, des individus ont tenté d’incendier la cabane des Gilets jaunes d’Argences (14). Leur tentative a partiellement échoué, la carcasse en bois actuellement très humide ayant résisté au feu, puis les pompiers sont arrivés pour éteindre complètement l’incendie. C’est quand même la quatrième fois que la cabane des Gilets jaunes est attaquée ! Les deux premières fois, elle a été détruite par les services du département, la troisième fois, elle a été entièrement incendiée… Cette fois, elle est toujours debout !

***

Mercredi 13 mars, c’est le QG des Gilets Jaunes de Carpentras (84), situé sur le rond-point de la route d’Orange, qui a été détruit par la police. Dès le vendredi 15, les Gilets jaunes se sont lancés dans une nouvelle construction d’envergure sur un terrain appartenant au Département. «Ça nous a remobilisés, beaucoup de gens viennent nous aider et tout le matériel nous est donné. On espère ne pas avoir besoin de rester encore 4 mois, mais en attendant, on fait une chouette cabane», dixit un Gilet jaune cité dans un article paru dans Vaucluse Matin daté du 20 mars 2019. Une assemblée générale doit se tenir dans les 10 jours ainsi que des permanences à la Bourse du travail.

***

À Paris, dans la nuit du 5 au 6 mars, c’est la «cabane jaune» de place des Fêtes qui a été détruite par la police, sur ordre de la mairie.

En fin d’après-midi le mardi 19 mars, une manif sauvage à a réuni environ 200 personnes à l’appel de divers groupes de Gilets jaunes de Paris-banlieue, dans l’intention d’affirmer un soutien appuyé au projet de reconstruction de la cabane. La manifestation a commencé calmement au départ de la porte de Vincennes, puis, harcelée par la police au niveau de la rue de Bagnolet, elle a commencé à renverser un peu tout sur son passage (poubelles, mobilier urbain) et à attaquer quelques banques jusqu’à la place des Fêtes, où les flics ont fini par disperser tout le monde pendant une petite dizaine de minutes… 150 personnes se retrouvant finalement sur la place, avec pas mal d’énergie pour reconstruire une cabane, désormais modulable et amovible.

***

Les Gilets jaunes de l’aire du Pays de Gier à Saint-Chamond (42) avaient reçu l’ordre d’évacuer les lieux ce mercredi 20 mars. Ils ont préféré incendier la veille au soir. C’était, selon un article paru sur le site de France 3 Loire, le dernier rond-point occupé du département.

***

À Saint-Brevin-les-Pins (44), le rond-point occupé par les Gilets jaunes depuis mi-décembre, dans la zone commerciale de la Guerche, a été démantelé le 20 mars par des équipes du Conseil départemental, accompagnées de plusieurs gendarmes et d’un huissier. Des cabanes, guirlandes, réchauds, palettes, il ne reste plus rien.

***

LES QUESTIONS DE L’AUTO-ORGANISATION DE LA LUTTE, DES LIEUX POUR SE RENCONTRER ET S’ORGANISER, ET PLUS LARGEMENT DE L’ACCÈS AU LOGEMENT, SONT DES QUESTIONS CENTRALES POUR LES GILETS JAUNES. L’ÉTAT L’A BIEN COMPRIS EN ESSAYANT DE SAPER TOUTES LES INITIATIVES AUTONOMES DES GILETS JAUNES. SOLIDARITÉ AVEC TOUS LES LIEUX OCCUPÉS: CABANES ET AUTRES ! LA LUTTE CONTINUE !