Mai 7, 2021
Par ACRIMED
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vendredi 7 mai 2021

Nous relayons un communiquĂ© du SNJ-CGT France TĂ©lĂ©visions concernant le « dĂ©cryptage Â» proposĂ© par France 2 suite Ă  l’attaque qu’a subi le cortĂšge de la CGT le 1er mai.

DĂ©cryptage ! C’est ainsi qu’est lancĂ© le sujet du « 20 heures Â» du 2 mai sur l’attaque contre les militants de la CGT, pendant la manifestation du 1er mai. Le reportage commence par un rappel des faits. Jusque-lĂ , tout va bien. Viennent ensuite les explications sur ces violences. On apprend d’abord que la CGT est victime d’une chute de ses effectifs et donc d’une diminution de son service d’ordre. Comme s’il y avait un rapport entre cette haine envers la CGT et la baisse des adhĂ©rents. Un dĂ©cryptage honnĂȘte aurait mis en lumiĂšre les raisons de cette dĂ©saffection : la dĂ©sindustrialisation du pays, le chĂŽmage de masse. Mais les dĂ©cryptologues de l’info prĂ©fĂšrent donner la parole Ă  un expert, qui va nous expliquer pourquoi la CGT a Ă©tĂ© traitĂ©e de « collabo Â» : parce qu’elle aurait une rĂ©putation de gardienne de l’ordre.

En fait de dĂ©cryptage, on assiste Ă  une opĂ©ration de « recryptage Â» de ce qui est pourtant trĂšs clair.

Le « 20 heures Â» fait le jeu, ou joue le jeu des patrons, pour masquer les logiques nĂ©olibĂ©rales Ă  l’Ɠuvre dans la dĂ©composition de la sociĂ©tĂ©, la cause principale de ces violences. Elle fait le jeu de tous ces pseudo-experts qui depuis des annĂ©es tentent de discrĂ©diter l’action syndicale, et tombe elle-mĂȘme dans l’anti-syndicalisme primaire. Lorsque les dĂ©cryptages deviennent Ă  ce point de l’enfumage, il y a de quoi s’interroger sur l’avenir de l’information sur France TĂ©lĂ©visions. Il y a de quoi s’inquiĂ©ter aussi pour la dĂ©mocratie, pourtant le projet phare de la rĂ©daction nationale. On a lĂ  tous les Ă©lĂ©ments du divorce entre une partie de la population et les journalistes, et le fuel pour alimenter les usines Ă  complotistes.

Ce reportage du « 20 heures Â» de France 2 pourra au moins servir de cas d’école pour l’atelier « Expertise Â», l’un des dix-sept qui composent le projet « DĂ©mocratie Â». Car de quelle expertise va-t-on parler dans ce think-tank de l’information ? De tous ces noms que se refilent rĂ©dacteurs en chefs et chefs de service pour faire passer un message anti-syndical ? Ou de vĂ©ritables experts maison, des journalistes qui savent de quoi ils parlent parce qu’ils connaissent leur domaine, et que l’on ne berne pas avec n’importe quel expert venu d’une officine obscure ? Il y a quelques annĂ©es, un directeur de l’information de France TĂ©lĂ©visions prĂ©tendait que « la spĂ©cialisation ne faisait pas partie de la politique de la maison Â». RĂ©sultat, on met en avant des couteaux suisses capables de rĂ©agir rapidement Ă  n’importe quelle actualitĂ©, mais facilement manipulables, aussi bien par les experts que par leur encadrement. Il est temps que les choses changent, sinon le projet « dĂ©mocratie Â» risque de n’ĂȘtre qu’un vƓu pieux.

Le 6 mai 2021

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Source: Acrimed.org