Mai 2, 2022
Par Archives Autonomie
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Beaucoup d’étrangers travaillent en France.

Ces ouvriers sont :

  • soit des émigrés politiques, persécutés dans leur pays à cause de leurs convictions ;
  • soit des travailleurs des pays méditerranéens (espagnols et italiens surtout) poussés par la famine et qui préfèrent être durement exploités dans les usines plutôt que crever de faim ;
  • soit des ressortissants des pays autrefois colonisés ; essentiellement des Algériens et de plus en plus des Noirs qui viennent pour les mêmes raisons que les espagnols ou les italiens.

    Les ouvriers de la métropole les traitent toujours avec méfiance, souvent avec hostilité. Par exemple, chez Citroën à Levallois, les WC sont remplies d’inscriptions injurieuses à leur égard.

Les ouvriers français font deux sortes de reproches aux ouvriers étrangers :

  • être des inférieurs ;
  • nous prendre notre travail.

I — Les étrangers ne sont pas des inférieurs

Il y a forcément des différences d’instruction et de qualification entre les travailleurs de différents pays. Mais ces différences ne sont pas dues à une quelconque infériorité.

Si nos camarades algériens, par exemple, n’ont pas eu d’écoles pour apprendre à lire, s’ils n’ont pas eu accès aux centres d’apprentissage, ils n’en sont pas responsables.

Si les ouvriers de la métropole ont eu droit à une certaine instruction, c’est seulement parce que les patrons voulaient leur faire produire plus.

Un manœuvre n’est pas plus inférieur à un P1 qu’un P1 n’est inférieur à un étudiant. Certains ont été moins touchés que d’autres par l’injustice capitaliste. Le mérite n’a rien à voir là-dedans.

II — Les étrangers ne nous prennent pas notre travail 

Il n’y a pas en France de chômage. Au contraire, certaines professions comme celles de mineur sont abandonnées par les français et les capitalistes ont été obligés de faire venir des étrangers pour que leur économie puisse fonctionner.

Lorsque les patrons ou les journalistes à leur solde essayent de faire croire à leur générosité parce qu’ils donnent du travail aux ouvriers algériens, espagnols ou italiens, ils mentent effrontément. S’ils font venir des travailleurs étrangers, c’est parce qu’ils ne peuvent trouver des travailleurs français pour exécuter certaines tâches.

Nos camarades étrangers ne nous sont donc pas inférieurs et ne menacent pas notre travail. La vérité est que, quelle que soit notre nationalité ou notre couleur de peau, nous sommes tous égaux dans l’exploitation.

A l’usine, nous sommes tous soumis aux mêmes cadences infernales, à la même discipline. Algérien, Espagnol, Italien ou Français, nous sommes tous rivés à la même chaîne. Et ne sommes-nous pas plus proches de notre camarade de chaine étranger que du directeur français qui nous opprime ?

Même lorsque nos dirigeants affichent des idées racistes, ils savent s’unir par-delà les frontières. Tous les patrons, tous les gouvernements ont des organismes de coopération internationaux.

Travailleurs, unissons-nous aussi car c’est notre intérêt. Nous dresser contre nos camarades étrangers, c’est nous diviser. Nous diviser, c’est nous affaiblir. Nous affaiblir c’est permettre que l’on nous exploite encore plus.




Source: Archivesautonomies.org