Fonction publique : « L’heure est à la mobilisation et à la grève »

Nous, une trentaine d’enseignants et AESH des collèges Malraux, Choiseul, du Lycée Vinci et lycée professionnel Chaptal de la cité scolaire d’Amboise, nous sommes réunis ce vendredi 3 mai avec les syndicats FO, SNES, CGTeduc’action.

Nous dénonçons l’interdiction de toute manifestation organisée émise par la Préfecture sur le territoire de la ville d’Amboise et dans les communes adjacentes lors de la venue du président de la République le 2 mai. Une demande avait pourtant été faite pour un rassemblement statique, loin des lieux où se trouvaient les présidents. C’est un déni de démocratie et une atteinte gravissime aux libertés. Une nouvelle illustration de la volonté de museler les personnels face aux projets du gouvernement. L’article 1 de la loi Blanquer interdit aux enseignants de s’exprimer sous peine de sanction.

Nous nous sommes malgré tout rassemblés de 11h30 à 13h00 devant le lycée Vinci pour dénoncer les menaces qui pèsent sur le service public d’éducation. Nous réaffirmons aujourd’hui notre opposition aux réformes en cours.

NON au projet de loi sur l’école de la confiance de Jean Michel Blanquer qui détruit l’école, avec les regroupements école-collège, la remise en cause des maternelles et la mise à mal des statuts.

NON à la réforme des lycées et du bac : marginalisation de certains enseignements (par exemple l’italien au Lycée Vinci), remise en cause du cadre national du bac instaurant un diplôme « maison », mise en place d’un bac à la carte.

NON à la fusion des lycées Vinci et lycée Chaptal, décision comptable qui aura pour conséquence des suppressions de postes et une remise en cause des conditions de travail, un moins bon encadrement pour les élèves.

NON à la réforme des lycées professionnels qui entraine une forte diminution des heures d’enseignement général et professionnel. Les élèves n’auront plus aucune culture générale. Pour le personnel enseignant cela signifie une diminution importante de postes dans la logique nationale « moins de fonctionnaires d’état très rapidement ».

Toutes ces mesures conduisent à la dégradation de l’école publique et favorisent l’extension de l’enseignement privé. Nous réaffirmons notre attachement à un service public d’éducation porteur de réussite pour tous les élèves.

Nous constatons que tous les services publics sont attaqués, comme le montrent deux exemples locaux :

  • la grève des postiers d’Amboise qui sont actuellement en grève illimitée contre la remise en cause de leurs conditions de travail (nous avons démarré une collecte de soutien financier) [1]
  • la mobilisation de la protection de l’enfance : le président du conseil départemental a décidé d’une restructuration de ce secteur qui va aboutir à la suppression de structures spécialisées et des licenciements de salariés dans ce secteur : leur pétition de soutien a circulé parmi nous.

Pour toutes ces raisons, nous serons en grève le 9 mai, grève appelée par l’ensemble des Fédérations de Fonctionnaires contre la destruction du statut. Nous envisageons de poursuivre le mouvement au-delà et de discuter ENSEMBLE des suites à donner à ce mouvement, y compris la reconduction.

Nous vous informons donc de l’assemblée générale prévue à la fac des Tanneurs à 12h00 à l’issue de la manifestation du 9 mai, pour tous les collègues qui le souhaitent. Nous nous réunirons dès que possible la semaine suivante pour discuter et décider des suites de notre mobilisation.

L’heure est à la mobilisation, à la grève pour gagner contre ces réformes gravissimes.


Article publié le 08 Mai 2019 sur Larotative.info