Février 16, 2017
Par Rebellyon
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Marianne, enseignante de philosophie à Foix, condamnée en appel suite au mouvement contre la loi travail, lance un appel à soutien financier.

Peut-on encore être enseignant-e de philosophie et engagé-e ?

Enseignante de philosophie au lycée de Foix j’ai l’année dernière participé à de nombreuses manifestations avec des lycéen-ne-s contre la loi El Khomri. Malheureusement un seul de mes collègues enseignant-e-s participe à des manifestations avec les élèves ; je suis donc souvent la seule adulte avec eux et, pour cela, la cible privilégiée des forces de l’ordre.

Le 24 mars 2016 nous avons fait une belle manifestation avec slogans, débrayage de cours, lancer d’œufs… mais le tout sous la surveillance et le harcèlement de deux policiers en civil, ce qui m’a valu un procès avec trois chefs d’inculpation : organisation d’un rassemblement non déclaré, outrage à agents, incitation à la rébellion. Pour un peu je me prendrais pour Socrate ou pour Louise Michel !

Le procès s’est déroulé le 11 octobre dans une ambiance tendue puisqu’il a eu lieu à huis clos (alors qu’un comité de soutien voulait y assister) et que la procureure n’a cessé de m’interroger sur mes idées plutôt que sur les faits. Elle a aussi indirectement formulé sa conception idéologique de la philosophie puisqu’elle s’est indignée que j’ai pu participer à des “actes d’incivilité” avec les élèves alors même que les notions de “morale, société, justice” étaient au programme des classes de terminales. Je ne lui ai pas fait l’affront de lui rappeler que le béaba de ce cours est de distinguer le “légal” et le “légitime” ni que le citoyennisme moderne n’a rien à voir avec ce que les philosophes appellent un citoyen (membre du souverain et du pouvoir législatif).




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