Juillet 21, 2019
Par Indymedia Nantes
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Foire_du_livre_marseille-medium
affiche

Toujours lĂ . 

Toujours lĂ . À se lancer dans l’aventure sans brides de la pratique
anarchiste, dans ce cyclone d’idĂ©es libres qui tend vers la tempĂȘte de
l’action dĂ©rĂ©glĂ©e, du jeu sans prix Ă  gagner, de la vie sans mĂ©diations.
Toujours lĂ . À l’Ă©cart et contre les idĂ©ologies promouvant des sujets
politiques, contre les lunettes embuées du citoyennisme, contre
l’imposition de la vie sĂ©curitaire transformĂ©e en habitude et
obéissance.
Toujours lĂ . MalgrĂ© les tentatives de rĂ©cupĂ©ration et d’anĂ©antissement
de l’idĂ©e de libertĂ©. MalgrĂ© les rĂ©alismes, les moralismes et
l’intĂ©gration de la logique du pouvoir par ses faux critiques, qui
visent la réforme de la domination plutÎt que sa destruction.
Toujours là. À persister dans la recherche de sentiers pour tisser des
complicitĂ©s pour combattre l’offensive technologique en train de
renouveler et d’approfondir la domination, pour s’atteler passionnĂ©ment
Ă  la destruction de l’oppression et de l’exploitation, pour regarder
au-delà des horizons de ce présent insipide.
Toujours lĂ . MĂȘme si les dĂ©pendances des prothĂšses technologiques
cherchent Ă  nous dĂ©tourner de l’annihilation en cours de notre
sensibilitĂ© et de notre imagination. MĂȘme si les rapports virtuels
cherchent Ă  nous dĂ©pouiller de la complicitĂ© et de l’humanitĂ©.
Toujours lĂ . À revendiquer avec amour et fiertĂ© les idĂ©es anarchistes,
dans une Ă©poque oĂč intĂ©gration et rĂ©pression vont main dans la main,
obscurcissant toujours plus les horizons de révolte.
Deux jours pour se retrouver autour de l’anarchisme et de ses
propositions, pour les discuter et les approfondir; autour des livres et
de notre presse, témoins de notre patrimoine révolutionnaire, et autour
des nouvelles Ă©tincelles de papier, prĂȘtes Ă  incendier ce prĂ©sent
tiraillé entre la résignation profonde et la rage occasionnelle.
Deux jours et une foire du livre anarchiste, libre de compromis
commerciaux et institutionnels.
Deux jours trempĂ©s d’idĂ©es en libertĂ©, loin des anciens et des nouveaux
bergers des masses, loin des anciens et des nouveaux suiveurs de
troupeaux. Car tout est toujours possible pour celui qui, entre la
tension individuelle et la transformation sociale, se sent un individu
en lutte réussissant à fusionner les idées et la pratique.
Ces deux jours auront lieu Ă  Marseille le 21 et le 22 septembre 2019.

Programme


SAMEDI 21 SEPTEMBRE
10h Ouverture de la Foire du livre anarchiste Ă  Marseille avec en
permanence distros, tables de presse, stands d’editeurs anarchistes et
exposition autour de la presse anarchiste Ă  Marseille fin du 19eme
siĂšcle.

11h Bienvenue : nous saisissons l’occasion de l’ouverture de cet
événement pour présenter certains projets anarchistes de Marseille comme
le CIRA, Centre International des Recherches sur l’Anarchisme fondĂ© en
1965 et l’imprimerie anarchiste L’Impatience active depuis 2018.

14h Débat: Restructuration du pouvoir et perspectives anarchistes, débat
présenté par Alfredo M. Bonanno

À la fin des annĂ©es soixante-dix, en pleine pĂ©riode de fermentation
révolutionnaire, la domination entamait une vaste restructuration. Les
grands bagnes industriels fermaient leurs portes, la production devenait
toujours plus automatisĂ©e, les discours d’État Ă©taient saupoudrĂ©s de
participation citoyenne et d’intĂ©gration, les marchĂ©s se diversifiaient.
PlutĂŽt que de subir ce processus, des anarchistes proposaient alors
d’aller du centre Ă  la pĂ©riphĂ©rie. Petits groupes affinitaires,
auto-organisation des luttes, organisation informelle, luttes
spécifiques et attaques diffuses étaient les éléments de base pour
élaborer des projectualités insurrectionnelles contre la restructuration
en cours.
Nous nous trouvons aujourd’hui face Ă  une nouvelle restructuration, ou
plutĂŽt, face Ă  un nouveau processus transformant profondĂ©ment l’ensemble
des rapports sociaux. Si l’axe central de ce processus est constituĂ© par
la technologie dans le sens le plus ample du terme, il semble ĂȘtre en
train de recouvrir la rĂ©alitĂ© mĂȘme d’un fin brouillard, oĂč les capacitĂ©s
caractĂ©ristiques de l’ĂȘtre humain (comme la sensibilitĂ© et la
comprĂ©hension de la rĂ©alitĂ© qui l’entoure) tendent Ă  s’effacer en faveur
d’un nouveau paradigme. Dans un monde en proie Ă  des guerres
sanguinaires, subissant une dévastation environnementale irréversible et
une annihilation profonde des capacités de compréhension de la réalité,
qu’en est-il d’une proposition anarchiste d’aujourd’hui ? RĂ©flĂ©chir sur
les transformations en cours amĂšne l’anarchiste, cet amant de la
liberté, à poser la question de la destruction. Et si la destruction
rĂ©volutionnaire n’est pas un slogan, si ce n’est pas un simple artifice
rhétorique, il faut affronter les problÚmes qui font le pont entre
l’idĂ©e et l’agir : comment se battre, par quels moyens, avec quelles
formes organisationnelles et quelles projectualités.

17:30 Présentation du livre: Incognito, Expériences qui défient
l’identification, ed. Mutineseditions

Ce livre qui parle de clandestinité projette un rayon de lumiÚre dans
l’obscuritĂ©. Il propose un saut dans le versant inconnu du secret, dans
cette dimension parallĂšle oĂč, souvent, mĂȘme ce qui peut ĂȘtre dit ne
l’est pas. Par excĂšs de prĂ©caution, par peur, ou parce qu’on considĂšre
la clandestinité comme une question qui ne nous concerne pas. Ou encore,
dans certains milieux, et dans le pire des cas, par pur calcul
politique.
Et pourtant, mĂȘme si on observe ce monde superficiellement, il ne se
présente pas comme une lande désolée, mais plutÎt comme un monde peuplé
d’ĂȘtres vivants, d’expĂ©riences et d’idĂ©es qui naviguent Ă  nos cĂŽtĂ©s,
dans les aspects les plus misérables et les plus fascinants de notre
quotidien, Ă  cĂŽtĂ© de nos dĂ©sirs les plus ardents et de nos rĂȘves
éveillés les plus passionnés.
Les textes rassemblés ici parlent de ce monde, nous en rapportant
quelques voix parmi tant d’autres, des voix dont le ton, les Ă©motions et
les messages sont certes variés, mais qui vivent ou ont vécu dans la
dimension de la clandestinité. Des expériences qui ont été endurées par
choix ou bien pour des raisons extérieures à sa propre volonté, suite à
un parcours de lutte rĂ©volutionnaire pour les uns ou bien d’une
condition sociale pour tant d’autres, par tous ceux qui n’ont plus rien
Ă  perdre sur les chemins de l’exploitation et de l’atrocitĂ© des
frontiĂšres, pas mĂȘme une piĂšce d’identitĂ©.

20:30h Repas et soirée musicale

DIMANCHE 22 SEPTEMBRE

10h Ouverture: avec en permanence distros, tables de presse, stands
d’Ă©diteurs anarchistes et exposition autour de la presse anarchiste Ă 
Marseille fin du 19eme siĂšcle.

12h Projection: documentaire “Anarchistes en Russie, Ukraine et
BiĂ©lorussie”

Le film revient sur les dix derniĂšres annĂ©es d’action anarchiste dans
ces contrĂ©es. La projection sera suivie de la lecture d’une contribution
Ă©crite par des compagnons russes pour l’occasion, contribution qui
propose de revenir sur les tensions sociales, la répression et la
conflictualité anarchiste en Russie, ce qui ne manquera pas de soulever
une discussion sur la solidarité internationale et révolutionnaire.

14h DĂ©bat: Autour de la rĂ©volution syrienne et l’intervention anarchiste
L’ État syrien mĂšne une politique d’extermination massive. En rĂ©pondant
Ă  un mouvement populaire de libĂ©ration, il n’arrĂȘte pas de trouver des
moyens plus effectifs pour détruire la révolte. Dans le but de parvenir
Ă  une nouvelle situation gouvernable sur son territoire, il a
massivement dĂ©placĂ© et aliĂ©nĂ© ceux qui ne pouvaient pas ĂȘtre mis au pas.
La guerre contre-insurrectionnelle a été utilisée comme exemple pour
freiner les soulĂšvements et les rĂ©voltes, notamment en Égypte, en Iran
et en Jordanie. En plus, cela a créé une situation dans laquelle des
États Ă©trangers se disputent davantage du pouvoir politique et oĂč des
corporations font leur business au dĂ©triment d’une lutte libĂ©ratrice.
Bien que cela semble ĂȘtre un espace attrayant pour la rĂ©flexion, la
critique et la solidarité anarchistes, cela ne semble pas se
matérialiser dans la pensée de ce dernier ni sur le terrain. La question
demeure : avec les conséquences massives de la situation en Syrie,
pourquoi n’y a-t-il pas eu un engagement Ă©gal avec elle d’un point de
vue anarchiste ? Outre le soutien matériel envers les réfugiés, pourquoi
les aspects, les aspirations et les combats du mouvement populaire
syrien ont-ils été ignorés ?
Cette discussion s’agit d’une critique des Ă©checs passĂ©s et rĂ©cents Ă 
s’adresser Ă  la situation en Syrie d’une perspective anarchiste. C’est
aussi une invitation Ă  rĂ©flĂ©chir ensemble Ă  l’intervention anarchiste
dans des mouvements populaires qui ne revendiquent pas clairement des
propositions anarchistes.

17:30h PrĂ©sentation du livre: Face Ă  face avec l’ennemi, Severino Di
Giovanni et les anarchistes intransigeants dans les années 1920 et 1930
en AmĂ©rique du Sud. ed. Tumult et L’AssoiffĂ©

“De sa jeunesse on ne sait que peu de choses, enfant intelligent, vif,
intolĂ©rant envers l’autoritĂ© familiale…”. Severino di Giovanni naĂźt Ă 
Chieti en 1901, dĂšs le plus jeune Ăąge il plonge dans les lectures qui
ont nourri et enflammé ses tensions anarchistes. En 1922, il émigre à
Buenos Aires avec sa famille, emmenant avec lui le lourd bagage de la
misĂšre et de la rancƓur dues aux persĂ©cutions que les fascistes lui
avaient rĂ©servĂ©. À vingt-trois ans il incite, dans les colonnes d’un
journal anarchiste de Buenos Aires, Ă  “dĂ©truire les casernes, les
tribunaux, les Ă©glises et toute idole en papier mĂąchĂ©”. AussitĂŽt classĂ©
par la police en tant que “redoutable agitateur anarchiste”, il se dĂ©die
sans trĂȘve Ă  l’anarchisme le plus intransigeant, l’attente Ă©tant la
chose la plus éloignée de lui : des journaux, des livres et une
bibliothÚque, pour faire une brÚche dans la marée de crÚve-la-faim
italiens qui avaient émigré là-bas.
Mais l’agitation de celui qui vit avec la hĂąte de brĂ»ler dans le feu de
la rĂ©volte absolue, n’est pas seulement faite de discussions et d’encre.
Si d’un cĂŽtĂ© les thĂ©ories sont un enrichissement utile, les actions
dynamitardes et les expropriations à main armée menées avec ses
compagnons ont montrĂ© qu’attaquer “l’ennemi face Ă  face” n’est pas
seulement possible, mais aussi indispensable pour accélérer le processus
révolutionnaire au bénéfice de tout le monde.
ArrĂȘtĂ© alors qu’il sortait d’une imprimerie en plein cƓur de Buenos
Aires, Di Giovanni répondit à ceux qui voulaient mettre un terme à sa
vie en ouvrant le feu avec son Colt 45. Accablé et finalement capturé,
il sera fusillé deux jours aprÚs son arrestation, à cinq heures dix du
matin. C’Ă©tait le premier fĂ©vrier 1931. Il est mort comme il a vĂ©cu, en
criant “Vive l’anarchie” devant le peloton d’exĂ©cution qui l’a criblĂ© de
balles.




Source: Nantes.indymedia.org