Mai 1, 2016
Par Indymedia Bruxsel
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Ça vaut le coup de s’arrêter sur ces propos qui tentent de décrédibiliser nos combats. Cet article de l’Obs est une imposture.

Replaçons le féminisme dans son vrai contexte : l’égalité des droits entre les femmes et les hommes, l’équité de traitement entre les femmes et les hommes, qui ne sauraient passer par les lois de la Charia reléguées par des hommes ET des femmes. Le féminisme voilé, le féminisme islamique n’existe pas. Comme il n’existe pas de féminisme catholique, protestant etc.

Pour le 8 mars, l’Obs loue les vertus du féminisme fondamentaliste et raille le féminisme laïque. Le féminisme ne peut s’associer aux religions qui inéluctablement, discriminent et rabaissent les femmes au rang d’objet.

Religions, obscurantisme, extrême droite, même combat : ce n’est pas du féminisme, il y a arnaque ! Car ce sont les expressions les plus abouties du patriarcat.

Donc, que les journalistes de l’Obs, Eric Aeschimann et Marie Vaton fassent un tour en Iran :

Que celles qui vivent dans des pays qui n’appliquent pas la Charria et donc, l’obligation de porter le voile, Hijab… etc, que ces femmes qui se prêtent volontiers à ces abaissements patriarcaux fondamentalistes, ne se proclament pas féministes.

  • Parce que le Hijab est Sexisme, et non Anti-racisme !

A contrario l’année dernière, Asra Nomani et Hala Arafa, deux journalistes musulmanes avaient demandé aux jeunes filles américaines d’arrêter de porter le voile par « solidarité ». Ces actes censés lutter contre le racisme ne font en réalité que renforcer l’islamisme :

  • « S’il vous plaît, ne portez pas de foulard par « solidarité » envers une idéologie qui nous contraint au silence. Rassemblons nous plutôt avec courage contre l’islamisme qui nous demande de nous couvrir les cheveux. »

Asra Nomani et Hala Arafa demandent aux jeunes filles non-musulmanes d’arrêter de porter le voile par « solidarité ». (New York, le 6 octobre 2015.) Photo Getty Images

Donc lorsque des femmes s’emparent du voile comme d’un étendard pour lutter contre le racisme, ou pour se revendiquer féministes, là il y a franchement un problème. Si on lutte avec force contre le racisme et contre le sexisme, on ne peut le faire avec un objet d’oppression. C’est un non sens. Le féminisme est libérateur, pas oppresseur. Il existe d’autres moyens pour contester plutôt que d’utiliser le voile.

D’ailleurs, une majorité de musulmanes ne portent pas de voile mais subissent les mêmes violences racistes et patriarcales. A un moment, il faut faire preuve de discernement et ne pas tendre le fouet pour se faire battre.

Des égyptiennes, des iraniennes ou des saoudiennes se libèrent de leurs voiles

Elles se libèrent de leurs burqas en quittant les zones contrôlées par Daesh

Dans un article publié par l’Obs en ligne le 5 mars 2016, les journalistes Eric Aeschimann et Marie Vaton nous assurent que non seulement l’islam ne serait pas incompatible avec l’égalité entre hommes et femmes, mais qu’il serait un vecteur de cette égalité. Et que toute critique de cette position en forme d’oxymore serrait une fois de plus la manifestation de la pensée étriquée de notre pays, pensée véhiculée entre autre par ces deux dangereuses féministes occidentales que seraient Elisabeth Badinter et Caroline Fourest.

Ils tentent de nous démontrer à quel point notre laïcité est ringarde, face à l’intelligence du dialogue interreligieux et aux avancées majeures des féministes américaines, conciliant Coran et liberté des femmes.

Face à un tel océan d’effarante absurdité, nous rappellerons les mots de Gilles Clavreul, délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, à propos de l’attaque qu’a subie Kamel Daoud :

« Quand on choisit Tariq Ramadan comme partenaire et Bernard Cazeneuve comme cible ou que l’on affirme comme Edwy Plenel, que Manuel Valls c’est pire que Marine Le Pen, il y a clairement un problème d’inversion des valeurs. »

Disons à notre tour que lorsque l’on choisit le voile et les textes religieux comme illustration du chemin des femmes vers la liberté et Elisabeth Badinter et Caroline Fourest comme cibles, laissant entendre qu’elles sont d’une grande pauvreté conceptuelle, il y a clairement un problème d’inversion des valeurs.

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