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« Manque » de courant en France, de gaz en Allemagne, …

La « crise de l’énergie » engendrée soi-disant par la guerre en Ukraine entrainerait des pénuries menaçant toute l’Europe. S’agit-il réellement de risques de pénuries ou plutôt des coûts de l’énergie (gaz et électricité) qui avaient augmenté avant octobre 2021, bien avant la guerre en Ukraine

Le système énergétique français est confronté à une double fragilité cet hiver. Selon les autorités et les industriels, la France, qui a diversifié ses approvisionnements et est en train de remplir ses stockages, aurait assez de gaz pour passer un hiver normal sur le plan météo. Il pourrait en revanche y avoir pénurie ponctuelle en cas de vague de froid. Côté électricité, le pays est privé de 32 réacteurs nucléaires, notamment 12 (sur 56) à l’arrêt pour des problèmes de corrosion, et il faudrait qu’EDF puisse en redémarrer suffisamment pour la période froide. S’ajoute à cela un faible remplissage des stocks hydrauliques. La France devra compter sur les importations de ses voisins mais là encore des incertitudes demeurent. 

Conséquence des discussions avec l’Allemagne : le gouvernement allemand est revenu, le 5 septembre, sur la fermeture définitive des dernières centrales nucléaires, initialement prévue pour fin 2022, selon le calendrier décidé par Angela Merkel après la catastrophe de Fukushima, en 2011. Deux des trois centrales allemandes resteront ainsi “en réserve” jusqu’au printemps 2023, indique le quotidien Die Zeit. Le plan belge de sortie du nucléaire approuvé en 2003 prévoyait à l’origine l’arrêt à l’horizon 2025 des sept réacteurs qui assurent environ la moitié des besoins du pays. Engie vient de déconnecter le 23 septembre le réacteur Doel 3 (dans le port d’Anvers) âgé de 40 ans, qui pouvait produire à lui seul jusqu’à 10 % de l’électricité du pays. En mars, le gouvernement fédéral s’était difficilement mis d’accord pour prolonger jusqu’en 2036 deux des sept réacteurs nucléaires.

Explosion des cours : vers une réforme du marché européen de l’électricité

Après s’être entretenu avec le chancelier allemand Olaf Scholz, Emmanuel Macron a annoncé qu’une “solidarité européenne” serait mise en place pour l’échange de gaz et d’électricité. Le Chef de l’État a également annoncé qu’il souhaite s’affranchir de la règle qui fixe le prix de l’électricité en Europe.

C’est la règle dite du coût marginal. Le prix de l’électricité est calculé sur la base du coût du dernier moyen de production sollicité pour en produire. Lorsque la demande est forte, ce sont les centrales à gaz qui produisent, donc le prix de l’électricité est corrélé au prix du gaz.

À l’origine, cette règle a été pensée pour encourager les différentes centrales à produire. C’est grâce à cette règle, par exemple, que les énergies renouvelables ont pu se développer alors que leur coût était au départ très élevé. C’est aussi grâce à elles qu’EDF a longtemps vendu de l’électricité nucléaire, peu cher à produire, à un prix plus élevé en Europe. Mais aujourd’hui, alors que le prix du mégawattheure atteint 1 000 euros avant de se stabiliser autour de 600 euros, la règle semble avoir atteint une limite. 

De faite, lorsque le prix du gaz fait référence, les autres moyens de production permettent de vendre de l’électricité bien plus cher qu’elle ne leur coûte à produire. Mais comme ce ne sont pas les fournisseurs qui encaissent des bénéfices. Ceux qui gagnent, ce sont les producteurs. Alors ils peuvent être fournisseurs. Mais les gagnants dans l’affaire, ce sont ceux qui ont de l’électricité bon marché et qui vendent à un prix élevé.

Via ses centrales nucléaires en Belgique, Engie vend en ce moment le mégawattheure à 380 euros lorsqu’il coûte une quarantaine d’euros à produire. Le gouvernement belge estime que le groupe a réalisé 2 milliards d’euros de bénéfice depuis le début de la guerre en Ukraine.

Il y a aussi RWE, l’équivalent d’EDF en Allemagne. RWE gère cinq centrales à charbon et la société a enregistré près de 3 milliards d’euros de bénéfice au premier semestre. Un chiffre important mais ces producteurs respectent les règles du marché et ces bénéfices de circonstance sont souvent réinvestis. RWE a décidé d’augmenter ses investissements dans les énergies renouvelables de 30%.

Dans une semaine folle pour les cours de l’énergie en Europe, les prix de gros de l’électricité pour 2023 en Allemagne et en France ont battu début septembre de nouveaux records, illustrant les risques de pénurie qui menacent l’Europe et son économie l’hiver prochain. Les prix français ont allègrement dépassé 1 000 euros le mégawattheure (MWh), tandis que l’électricité allemande s’échangeait au-dessus de 850 euros. Il y a un an, les prix dans ces deux pays étaient seulement d’environ 85 euros/MWh. L’électricité française avait clôturé à 720 euros fin août, et l’allemande à 573 euros.

Plusieurs causes sont à l’origine de l’explosion des cours, à commencer par le tarissement des flux de gaz russe vers l’Europe depuis le début de la guerre en Ukraine : nombre de centrales thermiques utilisent du gaz pour générer de l’électricité. Le gaz se faisant plus rare, son prix est également à des niveaux record.

En France, la production électrique française est réduite à un niveau historiquement bas, et cela fait mécaniquement augmenter les cours. Pour décembre prochain spécifiquement, le mégawattheure d’électricité française s’échange déjà à plus de 1 600 euros, un niveau extraordinairement élevé.

Le bouclier tarifaire, un peu de miel pour faire avaler une cuillerée de goudron

Le 14 septembre, Élisabeth Borne annonce une augmentation de 15 % des factures de gaz pour le 1er janvier 2023 et de 15 % pour celles de l’électricité en février, tout en entonnant la rengaine d’un gouvernement sur le pont pour « protéger les Français (…) dans une situation énergétique exceptionnelle ». En même temps elle annonce le maintien d’un bouclier tarifaire et un chèque énergie de 100 à 200 euros pour douze millions de foyers en fin d’année. Pour se consoler des 25 euros en plus sur la facture de gaz et des 20 euros sur celle d’électricité, en moyenne, selon le gouvernement,

Le bouclier tarifaire est une mesure gouvernementale afin de protéger les consommateurs face à une hausse trop importante des tarifs. L’État se charge ensuite de compenser les écarts de prix avec les fournisseurs. Il concerne exclusivement les tarifs réglementés de l’électricité et du gaz respectivement commercialisés par EDF et Engie. C’est le gouvernement Castex qui l’avait mis en place pour aider à la réélection de Macron. Et les quelque 24 milliards qu’aurait coûté ce prétendu bouclier ne sont pas effacés. Le coût brut de ce bouclier énergétique, dans une version toutefois moins protectrice qu’en 20221, est évalué à 45 milliards d’euros en 2023.

EDF : perte de 5 milliards au premier semestre 2022

Avec 32 de ses 56 réacteurs à l’arrêt pour des rénovations prévues ou en raison de la corrosion constatée, la France, “habituellement un grand exportateur d’électricité aux heures de pointe”, devra cette année importer une partie de son courant – ce qui pèse sur les prix de toute l’Europe.

En cette période de flambée des prix de l’électricité, le premier semestre aurait pu être une source de profits historiques pour EDF qui détient une des plus larges flottes de réacteurs nucléaires du monde. Mais la facture de la mise à l’arrêt des réacteurs du groupe touchés par la corrosion a au contraire provoqué une perte massive (la dernière prévision est de 29 milliards d’euros).

Sur les six premiers mois de l’année, EDF affiche certes une progression de son chiffre d’affaires de 66 %, à 66 milliards d’euros. Mais son bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements (Ebitda) s’effondre littéralement, à 2,7 milliards d’euros, contre 10,6 milliards d’euros atteints il y a un an. Le résultat net part du groupe d’EDF passe largement en territoire négatif, avec une perte de 5,3 milliards d’euros.

EDF distribue d’énormes dividendes à ses actionnaires, 66 milliards d’euros sur les dernières années d’après le secrétaire général de la CGT de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine. Un montant bien supérieur à l’actuelle estimation de la dette d’EDF qui s’élèverait à 43 milliards d’euros pour la fin 2021.

La France suit toujours la feuille de route fixée en 2020 qui prévoit la fermeture de 12 réacteurs nucléaires qui viendront s’ajouter aux deux réacteurs de Fessenheim, d’ores et déjà hors service. En février dernier, Emmanuel Macron annonçait la relance de la filière nucléaire. Un mélange d’anciens et de nouveaux réacteurs à la durée de vie prolongée pour fonctionner plus de 50 ans était évoqué.

Pour changer de paradigme, il faudra attendre le printemps 2023 où une nouvelle loi de programmation pluriannuelle incluant le nouveau programme nucléaire sera votée. Cependant, la construction d’un nouveau réacteur nucléaire demandera bien plus de temps La Commission nationale du débat public a accepté d’ouvrir un débat public qui se tiendra entre octobre 2022 et février 2023. Ces quatre mois de débat public constituent une condition préalable à chaque grand investissement public. Après le débat public, il faudra déposer une quinzaine de demandes d’autorisation..

Deuxième problématique et non des moindres : le financement. Ces six nouveaux réacteurs nécessitent un budget de 50 milliards d’euros.

Le chargement de l’EPR de Flamanville prévu au dernier trimestre 2022 est repoussé au second trimestre 2023. Sa mise en route initiale était prévue en 2012. Son coût initial a été multiplié par 4 et devrait atteindre 12,7 milliards d’euros.

Alors qu’EDF accumule les pertes, le chiffre d’affaires d’Engie progresse de 72 % entre 2021 et 2022 et le résultat d’exploitation de 75 %. Alors qu’EDF a perdu 5,3 milliards d’euros au 1er semestre 2022, Engie a engrangé 5 milliards d’euros.

L’Etat va débourser 9,7 milliards d’euros pour reprendre en main l’avenir d’EDF

L’Etat annonce les contours de l’OPA prévue pour retirer EDF de la cotation d’ici à fin octobre. Cette opération marque la première étape d’une vaste restructuration, qui devra recevoir l’aval du Parlement chargé de voter les crédits budgétaires mobilisés.

Fin de partie pour l’aventure boursière d’EDF. Quelque dix-sept ans après son introduction en fanfare à la Bourse de Paris, EDF se prépare à revenir à 100 % dans le giron de l’Etat. Annoncé par Emmanuel Macron pendant la campagne électorale comme préalable à la « renaissance du nucléaire » en France, avec le ​renouvellement du parc de réacteurs hexagonal, ce projet a été officialisé par Elisabeth Borne devant le Parlement début septembre et détaillé par le gouvernement.

Concrètement, l’Etat met sur la table 9,7 milliards d’euros pour racheter les 15,9 % du capital d’EDF qui sont dans les mains d’investisseurs privés et les 60 % d’obligations convertibles (Océanes) du groupe, également détenues par le marché.

Cette opération devrait permettre à EDF d’améliorer ses coûts de financement et de se projeter dans la construction des nouveaux EPR promis par Emmanuel Macron dans la mesure où ces derniers doivent être financés intégralement, ou quasi intégralement par l’Etat.

Dans le détail, le gouvernement envisage de déposer une offre publique d’achat simplifiée auprès de l’AMF (Autorité des marchés financiers). Les actionnaires minoritaires, investisseurs institutionnels mais aussi salariés d’EDF ou retraités du groupe public se verront ensuite proposer le rachat de leurs titres au prix de 12 euros par action à partir de la fin du mois de septembre et ce pour quelques semaines. En dépit de l’écart béant avec le cours d’introduction du titre de 32 euros, le marché a largement apprécié. Le cours d’EDF a clôturé en hausse de près de 15 %, à 11,70 euros.

Encore une fois, on nationalise les pertes. La « sanctuarisation » d’EDF dans le giron public n’est qu’une étape préalable à une restructuration bien plus vaste du groupe. Ses contours sont encore flous, mais la première mouture de ce projet, baptisé « Hercule » ou « Grand EDF », avait suscité une forte levée de boucliers.

« Hercule » ou « Grand EDF »

Une déflagration dans le monde de l’énergie tant Hercule, son nom de code, remettait en cause toute la construction du groupe depuis sa création au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Il prévoit en effet de scinder EDF en trois entités : une entreprise publique (EDF bleu) pour les centrales nucléaires ; une autre (vert) cotée en Bourse pour la distribution d’électricité et les énergies renouvelables ; et une troisième (azur) qui coifferait les barrages hydroélectriques dont les concessions seraient remises en concurrence sous la pression de Bruxelles.

Les pouvoirs publics cherchaient en fait à isoler le nucléaire du reste des activités. La gestion des centrales en activité, leur démantèlement à venir pour celles qui arriveraient en fin de vie, et les projets de vente et de construction de nouveaux réacteurs, notamment EPR, étaient en effet devenus une grosse source d’inquiétude, avec un mur d’investissement estimé à 100 milliards d’euros par la Cour des comptes sur les dix prochaines années.

« Un poids mort pouvant entraîner le reste de l’entreprise vers le fond », avait même confié un membre de la direction au Parisien en 2019. Celui-ci rappelait également qu’EDF était déjà plombé par une dette abyssale de 42 milliards d’euros.

Derrière Hercule, c’est toute une géopolitique du nucléaire qui est en train de s’affronter. « Hercule était une porte ouverte aux Chinois pour venir investir dans le nucléaire français dans les années à venir, décrypte une source interne à EDF. Il n’y avait pas d’autres solutions tant les montants pour relancer la filière sont colossaux. ». C’est effectivement déjà ce qui a été mis en place avec la construction de deux EPR à Hinkley Point en Grande-Bretagne. EDF finance (sur fonds propres) le chantier aux deux tiers. Le tiers restant est abondé par CGN (China General Nuclear Power Group).

Derrière l’annulation, temporaire ou non, en d’Hercule, le 28 juillet 2021 se cache un autre sujet : l’Arenh, ou Accès régulé à l’électricité nucléaire historique. Un acronyme quelque peu barbare qui cache en fait l’obligation depuis 2011 pour EDF, qui opère les 19 centrales nationales, de revendre 100 térawattheures (TWh), soit environ un quart de leur production, à ses concurrents, au prix très concurrentiel de 42 euros le mégawattheure (MWh). Il était prévu de rehausser le tarif, sans doute à 48 euros/MWh, sur les recommandations de la CRE, pour favoriser EDF.

Désaccord majeur entre le gouvernement et Bruxelles

Le point de désaccord majeur entre le gouvernement et Bruxelles porte sur le statut donné aux nouvelles entités du groupe : EDF Bleu, Vert et Azur. En effet, l’État souhaite garder un groupe “intégré” afin de conserver une marge de manœuvre dans le développement de ses différentes activités. Cela impliquerait, entre autres, une stratégie unique entre les différentes entités et un même statut pour les salariés. La Commission européenne, elle, pousse pour marquer une réelle scission et ainsi assurer le maintien de la concurrence dans les différents secteurs d’activité concernés. Pour Bruxelles, un groupe intégré permettrait en effet aux différentes activités d’EDF de profiter de la réforme de l’accès à l’électricité nucléaire (Arenh) et des investissements réalisés par l’État. Ce qui n’est pas du goût de la Direction générale de la concurrence de la Commission européenne.

Pour rappel, grâce à la réforme de l’Arenh, qui permettrait d’augmenter le tarif de vente de l’électricité nucléaire ainsi que les volumes vendues sur le marché – aujourd’hui plafonnés à 100 TWh – le fournisseur historique pourrait accroître ses capacités d’investissement – aujourd’hui grevées par un endettement colossal – et ainsi financer la rénovation du parc nucléaire français. Or Bruxelles ne souhaite pas que cette évolution profite aux entités du groupe qui opèrent sur un marché concurrentiel – notamment pour l’hydroélectricité et les énergies renouvelables. Un des enjeux de cette confrontation porte notamment sur les activités hydroélectriques d’EDF, qui pourraient ainsi être placées dans une entité à part nommée “Azur”.

L’opposition des syndicats au projet Hercule

Si, d’un côté, l’État doit faire face aux exigences de la Commission, de l’autre, les syndicats de l’énergéticien français se mobilisent pour “la création d’un service public de l’électricité”, à rebours des injonctions de Bruxelles. En effet, depuis novembre 2020, plusieurs journées de grève ont marqué l’opposition d’une partie des travailleurs d’EDF contre ce qu’ils considèrent comme un projet de démantèlement du fournisseur d’électricité historique et de privatisation de certaines de ses filières comme Enedis ou EDF Renouvelables.

Un projet de loi attendu début novembre pour accélérer le développement du nucléaire

Un projet de loi visant à faciliter la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires sera en effet présenté en Conseil des ministres « début novembre », a indiqué mercredi la Première ministre en présentant devant le Sénat la stratégie énergétique du gouvernement.

« Nous devons faciliter et accélérer le développement de ces projets » de réacteurs, dont le premier doit être mis en service à l’horizon 2035, « notamment en allégeant certaines procédures administratives.

Les États européens ont dépensé des dizaines de milliards d’euros cette année pour protéger leurs citoyens des hausses de prix, mais ce “bouclier” devient de plus en plus difficile à financer. L’exemple du Royaume-Uni le montre : le régulateur a annoncé que les tarifs règlementés de l’énergie augmenteraient de 80 % à partir d’octobre dans le pays, et que les factures de gaz et d’électricité pourraient progresser encore “considérablement” en 2023.

La loi prévoit la suppression pour les ménages du tarif réglementé de gaz, jugé anti-concurrentiel par Bruxelles, au 1er juillet 2023.

Le bouclier gouvernemental sert plus à dissimuler les milliards de profits des groupes de l’énergie qu’à protéger le niveau de vie des classes populaires. Pour cela, il faudra que les travailleurs reprennent leurs propres armes, pour imposer des salaires permettant de vivre et leur indexation sur les prix.

Camille, 14/10/2022

Note

1 En octobre 2021, le gouvernement français informe, dans le cadre de la loi de finances 2022, la mise en place d’un bouclier tarifaire. L’objectif de cette mesure : protéger les Français face à l’augmentation des prix de l’énergie. L’intervention du gouvernement pour maîtriser ces hausses consiste en deux mesures : le gel des augmentations du tarif réglementé de vente du gaz naturel après l’augmentation du 1ᵉʳ octobre 2021 de + 12,6 % TTC et le plafonnement à 4 % TTC de l’augmentation du tarif réglementé de vente de l’électricité en 2022.




Source: Oclibertaire.lautre.net