Samedi 14 mai, le collectif “Y’a pas d’arrangement”, composé de différents collectifs comme le DAL, les intermittentEs et Nuit Debout, organisait sa quatrième action dans le cadre de la contestation sur la loi travail. Après avoir occupé une agence bancaire, un McDo et une permanence de députée, c’était le tour de la Fnac d’être visée. Un tract nous annonçait une action “pacifiste mais offensive“. A l’heure où nous écrivons ces lignes, nous sommes toujours sans nouvelles de ce dernier adjectif.

Samedi, 14h- rassemblement à Jean Jaurès , les flics fouillent les sacs, tout le monde sera content, la liste des invité.e.s sera respectée !

Compte à rebours, et la foule épurée se rue dans la Fnac. Les vigiles n’hésitent pas à protéger le magasin ; coups sur les premier.es envahisseur.ses.

On se retrouve finalement à une bonne centaine à l’intérieur, mais il ne faut pas trop envahir et entraver le bon fonctionnement du magasin, nous nous arrêtons à l’entrée. Pour éviter l’agitation, les gens sont priés de s’asseoir …

On nous explique que le collectif “Y’a pas d’arrangement” s’est arrangé avec la police, nous avons le droit de rester une heure, avec des règles strictes pour éviter de faire trop chier la Fnac : calme, gentillesse, fête et amour sont donc imposés.

Pour le bon fonctionnement de la fête, un se dévoue pour acheter un câble jack. Pratique on était sur place ! Il se mélange aux consommateur.ice.s qui vadrouillent tranquillement à l’étage du dessous et heureusement que les caisses n’étaient pas bloquées sinon il aurait dû ne pas le payer !

Musiques commerciales, champagne, confettis, danses … nous envahissent ! Faudrait pas crier des slogans, parler de violences policières et d’Etat, des personnes embarquées ou bien de la précarité… De tout ce qui nous met la rage quoi !

Il faut rester souriant.e.s, ouvert.e.s à tous.tes, être politisé.e.s mais seulement en respectant les règles établies.

Par qui d’ailleurs ? la police ? les organisateur.ice.s ? la Fnac peut être ?

Entre une chanson de maitre Gims et d’Aqua, un slogan fuse : “contre le patriarcat, je résiste et je me bats. Contre les violences d’Etat, je résiste et je me bats” malheureusement les propos des chansons sexistes, homophobes et capitalistes ont plus de fans.

La police promet aucune arrestation si toutes les règles sont respectées. Donc comme promis, après une heure (interminable !) de boîte de nuit, c’est la fin de la lutte sous un air de « on lâche rien », on sort en lâchant tout, à part les épaules de ses petit.es pote.sses ! Et oui nous avons le droit de sortir mais seulement en faisant la chenille. Cette règle a-t-elle été imposée par les flics pour se foutre de notre gueule ?

Dégouté.e.s , écoeuré.e.s par cette action Nuit debout, tellement décolorée de tout message, de tout sens politique. A force de vouloir accepter tout le monde et de ne choquer personne, on en oublie de clamer ses revendications. Leur acceptation à ses limites, illes construisent et imposent la désignation du bon.ne militant.e.

Heureusement, les médias ne pourront pas parler de violence, ni de rage ni d’extrême ni de … ni de rien d’ailleurs ! Y’a pas d’arrangement aujourd’hui c’était surtout faire la boom et jouer dans les règles !

Pour faire reculer le gouvernement, et changer la société il faudra plus que des confettis et une entrée bloquée…




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