Janvier 16, 2021
Par Le blog de anars 56
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Lundi 4 janvier, le Conseil d’État a jugĂ© en rĂ©fĂ©rĂ© que la police et la gendarmerie pourront ficher les activitĂ©s et opinions politiques, les appartenances syndicales et les donnĂ©es de santĂ© au nom de la sĂ©curitĂ© publique, de la sĂ»retĂ© de l’État dĂ©finie comme recouvrant les « intĂ©rĂȘts fondamentaux de la Nation » (laissĂ©es totalement Ă  l’apprĂ©ciation de la police). Ces textes prolongent le projet de loi « sĂ©curitĂ© globale », dont les donnĂ©es recueillies pour la surveillance de masse (drones, camĂ©ras, reconnaissance faciale, rĂ©seaux sociaux) vont pouvoir ĂȘtre centralisĂ©es dans ces fichiers, ce qui n’était pas le cas auparavant.

La requĂȘte en rĂ©fĂ©rĂ© Ă©manait des organisations syndicales CGT, FO, FSU et d’associations de dĂ©fense des droits humains (GISTI, etc..). Et nous pouvons ĂȘtre surpris, déçus, d’une forme de satisfaction de ces organisations aprĂšs le rendu. Ce serait moins pire que le pire…

Nous autres anarchistes, ne sommes pas surpris.es de l’utilisation du fichage. Les États ont toujours eu besoin, pour se maintenir, de rĂ©seaux de renseignements forts, pour contrĂŽler leurs populations par un fichage systĂ©matique. Penser que cela ne serait propre qu’aux rĂ©gimes totalitaires, c’est se mentir profondĂ©ment. Un État, ce sont des fichiers fiscaux, de polices, de renseignements, mĂ©dicaux, etc
 Le fichage est au cƓur de cet outil de privation de libertĂ© qu’est l’État.
Pour mĂ©moire, ce n’est qu’aprĂšs une forte mobilisation que le dĂ©cret instituant le fichier EDVIGE avait Ă©tĂ© retirĂ© en novembre 2008…

Nous autres, anarchistes, luttons pour une sociĂ©tĂ© sans État. Une sociĂ©tĂ© sans FrontiĂšres. Une sociĂ©tĂ© sans fichage. Et si nous luttons pour cela, c’est que nous savons qu’au cƓur des oppressions se trouve l’État, qu’il est un des outils, un des rouages les plus puissants pour briser l’individualitĂ© et tenter de formater les humains en fonction des besoins (des possĂ©dants, du patronat, du « marchĂ© Â», etc..). L’État est autant Ă  combattre que le systĂšme capitaliste, les religions, et toutes pratiques, pensĂ©es qui hiĂ©rarchisent et discriminent les humains et les humaines (classes sociales, racismes, sexisme, haines des lgbti….). Envisager de se passer de l’un sans envisager de se passer des autres, ne sera qu’une voie sans issue politique si ce n’est une perpĂ©tuation de sombres sociĂ©tĂ©s hiĂ©rarchisĂ©es (communisme Ă©tatique autoritaire, libertarianisme, thĂ©ocraties, etc.)

Depuis toujours les tenants de l’État ont peur de celles et ceux qui pensent autrement, de celles et ceux qui osent imaginer, militer, s’organiser pour un monde sans pouvoirs.
Alors oui, nous ne sommes pas surpris que l’État français se dote une fois de plus d’outils de contrîle et de pression contre sa propre population.

S’il ne peut exister d’État sans ce genre d’outil, une sociĂ©tĂ© sans État est, elle, possible et souhaitable.

Construisons ensemble la sortie des vieux modĂšles ! Pour l’émancipation de toutes et tous !

Relations Extérieures de la Fédération Anarchiste

(Nous reprenons à notre compte ce communiqué de la FA)




Source: Anars56.over-blog.org