Octobre 5, 2021
Par La Bogue
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Présentation

Baptiser un festival au moyen d’une expression populaire pour stigmatiser les guerres
 Quelle drĂŽle d’idĂ©e ! Elle dit pourtant l’urgence, l’importance de vivre en paix pour vivre heureux. Elle est l’apostrophe insolente adressĂ©e aux va-t-en-guerre, aux marchands d’armes, aux monstres froids qui nourrissent la misĂšre des hommes. Elles est un cri qui rĂ©sonne partout sur la planĂšte.

Le constat est sans appel : la guerre prospĂšre. Depuis 1990, entre 35 et 50 conflits armĂ©s ont lieu chaque annĂ©e dans le monde. Certes, les affrontements interĂ©tatiques sont en recul, mais Ă  mesure oĂč disparaissait la frontiĂšre entre combattants et non-combattants, les civils sont devenus des cibles Ă  part entiĂšre des bombardements, blocus, massacres, gĂ©nocides et Ă©purations ethniques. Et puis, Ă  l’heure des chaĂźnes infos et de l’omniprĂ©sence des rĂ©seaux sociaux, la guerre peut ĂȘtre mĂ©diatisĂ©e (Irak, Syrie…) ou oubliĂ©e (YĂ©men, Soudan du Sud…). La guerre c’est aussi les violences sur les corps et les esprits d’un systĂšme Ă©conomique de plus en plus contestĂ©.

Face Ă  la montĂ©e des nationalismes et Ă  la rĂ©pression guerriĂšre des pouvoirs en place, face aux enjeux planĂ©taires de contrĂŽle des ressources, face Ă  la dĂ©shumanisation et Ă  l’exil, Foutez-nous la paix ! se veut un rendez-vous populaire et exigeant d’éclairage sur les guerres, mais surtout de rĂ©flexion et d’action pour la paix.

Il y a urgence pour la paix. L’urgence pour le climat, l’urgence sociale ne disent pas autre chose : si l’on ne fait rien, la guerre s’imposera. La guerre pour les ressources, la guerre pour l’égalitĂ© (la lutte des classes diraient certains). CrĂ©er un festival engagĂ© pour la paix prend tout son sens Ă  l’aune des blessures de guerre subies dans la rĂ©gion et de la tradition de paix qui la caractĂ©rise (monuments contre la guerre, massacre d’Oradour-sur-Glane, RĂ©sistance
).

En 2020, nous avions notamment parlĂ© de paix, 25 ans aprĂšs la fin du conflit en Bosnie, mais aussi de la guerre d’AlgĂ©rie. Rony Brauman, ancien prĂ©sident de MĂ©decins sans frontiĂšres, Ă©tait le parrain du festival. Sur une semaine de festival et malgrĂ© les mesures sanitaires, prĂšs de 700 personnes Ă©taient prĂ©sentes.

Si le festival se veut transversal, il s’appuie principalement sur la littĂ©rature, l’écriture, la photographie les sciences humaines, le cinĂ©ma et Ă  d’autres formes d’expression populaire pour analyser la guerre sous toutes ses formes, ceux qui la crĂ©ent, ceux qui la font et ceux qui la subissent, et pour populariser l’idĂ©e de paix, Ă  travers son histoire, ses rĂ©alisations, ses hommes et femmes et ses espoirs.

En outre, chaque annĂ©e un hommage est rendu Ă  un militant de la paix disparu. Il se traduit notamment par la crĂ©ation d’un tĂ©moignage artistique ou par l’apposition d’un support dans l’espace public en lien avec la commune. Ainsi, au cours des annĂ©es, des rues, des places, des jardins publics et autres lieux des communs de la POL constitueront un itinĂ©raire de la paix sur notre territoire.

En 2020, nous avions honorĂ© la mĂ©moire du gĂ©nĂ©ral de BollardiĂšre, seul haut-gradĂ© Ă  avoir dĂ©noncĂ© la torture de l’armĂ©e française pendant la guerre d’AlgĂ©rie.

Cette annĂ©e, nous avons lancĂ© avec le collĂšge de Rochechouart un projet de construction de la cabane de Henry David Thoreau, l’un des pĂšres de l’écologie et de la dĂ©sobĂ©issance civile ayant inspirĂ©, entre autres, Gandhi ou Martin Luther King.

Saint-Junien accueille le festival, mais une partie de la programmation a lieu dans les villes voisines. Ce sera le cas cette année avec une soirée à Rochechouart, une balade littéraire en canoë à Saint-Victurnien et un repas à Saint-Brice.

ÉDITION 2021

Deux thĂšmes seront proposĂ©s : « Objection de conscience Â» et « Les USA Â».

On dit d’un fleuve emportant tout qu’il est violent

Mais on ne dit jamais rien de la violence

Des rives qui l’enserrent

Bertolt Brecht

Le vieil homme est fatigué. Il ne reconnaßt plus rien. Lui revient en mémoire ce que disait cent cinquante ans plus tÎt

Henry David Thoreau, le révolté solitaire

« Ă€ quoi sert une maison si l’on a pas une planĂšte acceptable pour s’y Ă©tablir ? Â» Pourtant, il rĂȘve encore, comme Martin Luther King : « Je rĂȘve qu’un jour, mĂȘme l’État du Mississippi, un État oĂč l’injustice et l’oppression crĂ©ent une chaleur Ă©touffante, sera transformĂ© en une oasis de libertĂ© et de justice. Â»

Old Man River… Le « Vieil Homme Â», le surnom donnĂ© au Mississipi. PortĂ© par le courant du plus grand fleuve d’AmĂ©rique du Nord, nous traverserons les États-Unis, marquĂ©s au fer rouge par la colonisation, l’esclavage, d’innombrables guerres, la pauvretĂ©, le racisme avec, ici et lĂ , des havres d’espoir, de nouveaux imaginaires de progrĂšs. Le temps du festival, Kathy Kelly et Medea Benjamin, pacifistes Ă©tasuniennes laurĂ©ates du Prix Gandhi pour la Paix, nous serviront d’éclaireuses aprĂšs les sombres annĂ©es Trump et les timides lueurs allumĂ©es par son successeur.

C’est un voyage au long cours que nous vous proposons cette annĂ©e. Avec pour terminus la Vienne oĂč la vie n’est pas un long fleuve tranquille non plus. Un voyage oĂč vous pourrez dĂ©couvrir le courage de jeunes refusant la guerre, devenir officiellement citoyen du monde (passeport compris !), vous essayer Ă  la non-violence, rĂȘver de paix avec Anatole le rĂ©parateur de cƓurs et des soldats philosophes et farceurs, fredonner des airs de luttes avec le chanteur humaniste Serge UtgĂ©-Royo, rire avec des cow-boys plus Dalton que Lucky Luke, ou encore pagayer aux cĂŽtĂ©s de l’écrivain baroudeur Eddy L. Harris.

De Saint-Louis Ă  Saint-Victurnien, de Walden Ă  Rochechouart, de JĂ©rusalem Ă  Saint-Junien, un mĂȘme cri rĂ©sonne, « Foutez-nous la paix ! Â» D’oĂč vient cette apostrophe insolente adressĂ©e aux va-t-en-guerre, aux marchands d’armes, aux monstres froids qui nourrissent la misĂšre des hommes ? De Geronimo et ses descendants, de Georges Floyd et tous ceux dont les vies comptent, des millions d’ouvrier.e.s qui ont perdu leur travail et ne le retrouveront plus jamais, ou encore de tous ces gosses qui meurent dans l’indiffĂ©rence gĂ©nĂ©rale. Un enfant est tuĂ© par balle toutes les deux heures au pays de Mickey…

Vous l’aurez compris, le festival Foutez-nous la paix ! est un rendez-vous populaire et exigeant d’éclairage sur les guerres, mais surtout de rĂ©flexion et d’action pour la paix. Les États-Unis et l’objection de conscience seront au cƓur de la deuxiĂšme Ă©dition du 21 au 31 octobre dans les rues de Saint-Junien, Ă  la MĂ©gisserie, au CinĂ©-Bourse, Ă  la mĂ©diathĂšque, Ă  l’Étoile bleue, au P’tit Bidule, et ailleurs sur le territoire. On s’interrogera sur la logique guerriĂšre des États-Unis, sur leur sol et ailleurs dans le monde, sur les rĂ©sistances Ă  cette dĂ©shumanisation, sur l’amĂ©ricanisation de nos sociĂ©tĂ©s. On parlera d’endoctrinement de la jeunesse, de valeurs humanistes (oui ça existe encore !) Ă  l’heure oĂč un passage obligatoire en caserne est annoncĂ© pour les lycĂ©ens français. Nous vous attendons nombreux avec des films, des spectacles, de la photographie, des dĂ©bats, des ateliers, des balades
 et avec Ă  l’esprit les premiĂšres lignes du PrĂ©ambule de l’Unesco.

« Les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent ĂȘtre Ă©levĂ©es les dĂ©fenses de la paix. Â»

Quelques Ă©lĂ©ments de programme :

  • Une dizaine d’invitĂ©s dont Serge Halimi (directeur du Monde diplomatique)
  • Exposition photo Refuzniks, Non Ă  la guerre sur les jeunes IsraĂ©liens qui refusent de faire leur service militaire – Salle L. Teillet, Saint-Junien

    18-30 oct. / Vernissage 21 oct. 18 h 30 avec le photographe Martin BarzilaĂŻ
  • Projection films jeune public / patrimoine / avant-premiĂšres / dĂ©bats
  • PiĂšces de thĂ©Ăątre sur la guerre (L’Étoile bleue) et sur le 11 sept. (MĂ©gisserie)
  • Masterclass de Medea Benjamin, pacifiste US, Prix Gandhi pour la Paix / SoirĂ©e Citoyens du Monde / Salon de la paix (MĂ©gisserie)
  • Expo BD « GĂ©ronimo, mĂ©moires d’un rĂ©sistant apache Â» CinĂ©-Bourse

    29/09 – 11/11 / Atelier BD avec les auteurs (23 oct.)
  • Atelier d’écriture, balade littĂ©raire en canoĂ« avec l’auteur US Eddy L Harris
  • Concert du chanteur engagĂ© Serge UtgĂ©-Royo (30 oct. MĂ©gisserie)
  • ConfĂ©rence gesticulĂ©e et stage sur la non-violence / 23 et 24 oct.
  • Spectacles de rue : Anatole rĂ©parateur de cƓurs (marionnettes) et Sandy et le vilain McCoy (western burlesque) – MarchĂ© Saint-Junien / 23 et 30 oct.
  • OrganisĂ© avec La MĂ©gisserie CinĂ©-Bourse

Avec le soutien de L’Étoile bleue, les Polyculteurs, le P’tit Bidule, Les Amis du Monde diplomatique, la revue Silence, les mairies de Saint-Junien, Rochechouart et Saint-Brice, POL, dĂ©partement…




Source: Labogue.info