Je rends hommage à la bonne volonté du Professeur Valiani et à l’effort méritoire qu’il a fait pour exposer les grandes lignes de la pensée anarchiste. Mais je dois dire qu’à mon avis il n’est pas allé au-delà de ce qu’on pourrait qualifier d’anarchisme du XIXe siécle, réduisant singuliérement les perspectives de l’anarchisme dons son ensemble. En parlant des anarchistes espagnols, ppar exemple, il ne cite que des hommes du XIXe siècle. Ses références à tout ce qu’a produit la pensée anarchiste espagnole, sont pratiquement inexistantes.

Contre l’avis de plusieurs historiens et de certains penseurs s’intéressant aux problémes de l’anarchisme, j’affirme que ce mouvement ne c’est pas arreté ni à la pensée de Proudhon, ni à celle de Bakounine, ni à celle de Kropotkine, ni même à la pensée de Malatesta, le plus proche de nous. L’anarchisme, aujourd’hui, nes pas seulement une pensée philosophique, mais un mouvement politique et social qui dépasse largement cette conception artisanale de la société qu’on veut bien lui attribuer – communisme des premiers chrétiens, Guildas de Moyen Age, idéalisme bucolique à la Rousseau – L’anarchisme n’est pas une utopie fossilisée dans la conception mutualiste de Proudhon, de Bakounine, dans le communisme humaniste de l’Ethique et l’entraide de Kropotkine, son ‟ prenez dans le tas ” et sa croyance dans la bonté de l’homme, idées que nus trouvons déjà chez Rousseau. L’anarchisme est un mouvement en évolution continuelle et qui a, aujourd’hui comme hier, la faculté d’évoluer, de s’integrés dans le marche de l’humanité, de reconnaître et d’accepter tous le faits nouveaux. Il y a donc, à mon avis, une erreur fondamentale lorsqu’on circonscrit l’anarchisme aux affirmations de ses premiers théoriciens.

Les anarchistes espagnols – je parle d’eux parce que ce sont eux que je connais les mieux – ont été constamment habités par l’idée de faire une révolution transformant la société actuelle et instaurant une nouvelle société, tout en tenant compte du progrés scientifique et technologique et des réalités économiques.

A plusieurs reprises, dans tous les Congrés celébrés en Espagne, en dehors d’Espagne et dans le derniers Congrès anarchiste de Carrara, en 1968, nous avons eu soin de toujours apporter des projects d’organisation d’une nouvelle société, justement parce que nous avions pris conscience des réalités actuelle : pas des rêves et autre chose que des théories. Je vieux insister sur ceci, parce que je sais que l’on admet généralement que cet anarchisme ‟ romantique ” et ‟ généreux ”, réduit à une affirmation de liberté, a plus ou moins inspiré différents mouvements internationaux, mais qu’il reste une pure aspiration, un mouvement de la pensée, coupé de l’évolution sociale, politique, scientifique, économique, du monde d’aujourd’hui.

Je tiens à dire que la révolution espagnole de 1936, dans un pays qui n’est pas évidemment le plus avancé de l’Europe, la Catalogne, mais dans une contrée qui est la plus évoluée de l’Espagne, la Catalogne, a demontré par les faits que les anarchistes ne rêvent pas et qu’ils sont capables d’organiser la gestion de la prodution et la distribution et de prendre de main, en somme, l’organisation de la société.

Il y a une constante, il est vrai, dans l’idéologie anarchiste : c’est la destruction de l’Etat, non par une position philosophique, mais parce que nous sommes arrivés à la conclusion que l’Etat, tant qu’il existera, sera toujours l’origine et la cause de l’autorité et de tous les privilegés, injustices et inégalités que cette autorité impliqué.

Nous avons vécu l’expérience de la révolution russe. L’Etat a pris le nom de socialiste, de communiste, de révolutionnaire, mais il a été tout aussi opprssif que l’Etat du passé et il a crée à nouveaux les organes et les besoins inhérents à tout Etat. Nous fondons notre idéologie sur la destruction de l’Etat, mais la destruction de l’Etat signifie ni chaos ni ‟ anarchie ”, dans le sens péjoratif du mot, non dans le sens éthymologique du terme. Nous voulons détruire l’Etat parce que nous croyons qu’il est à l’origine de tous les maux de l’humanité, et nous voulons le substituer par l’administration des choses, de l’homme jusqu’à la Commune et à la Confédération des Communes ; du producteur jusqu’au syndicat at à la Confédération des syndicats, puor parvenir enfin à la Confédération des peuples. C’est à dire, que nous avons cherché, et peutêtre trouvé, un moyen d’utiliser les mêmes organismes que les travailleurs en révolte contre le capitalisme ont crée dans cette société, pour organiser la première période de la révolution, en substituant l’Etat et ses organismes par des Conseils élus directement par les producteurs et représentant toute la gamme des ctivités économiques et sociales, Conseils qui n’auront aucue faculté directive et qui seront constamment révocables et renouvablés.

Plusieurs théoriciens, écrivains, militants syndicalistes, anarcho-syndicalistes, l’ont défini : on l’oublie et on ne lit probablement pas les théoriciens comme Malatesta ou Besnard qui dégagèrent des idées trés rèalistes sur l’organisation de la société nouvelle. Ou oublie tout ce que l’anarchisme a apporté de constructif, devenant chaque jour plus actuel, pour évoquer uniquement le vieil anarchisme ‟ romantique ” et ‟ généreux ” de tous les premiers théoriciens.


Article publié le 01 Août 2019 sur Fr.theanarchistlibrary.org