Fatiguée des assemblées,

De refaire le monde

Avec les mĂȘmes mots,

Les mĂȘmes questions,

Les mĂȘmes chefs mĂȘme s’ils ne se disent pas chefs,

1968, les forums sociaux, ATTAC, Nuit debout, les Gilets jaunes



Et aprĂšs ?

Et le souvenir de mon pùre me disant que si on n’achetait pas, les choses changeraient


FatiguĂ©e d’ĂȘtre assaillie par un monde qui n’a pas de sens,

Des éditorialistes frÎlant la débilité,

Des vagues de discours

Volontairement

Sans queue ni tĂȘte,

Tandis que ceux et celles qui réenchantent la vie,

Sont censurés

Il faut bien du courage et de la persévérance pour pouvoir les entendre.

Fatiguée de lutter contre un monstre à multiples tentacules,

Celle du Linky et de la 5 G

Celle des pesticides, du nuclĂ©aire, des Ă©oliennes, des sans-papiers, des vaccins obligatoires, de l’école dĂ©voyĂ©e, d’Amazon
..

FatiguĂ©e d’envoyer quelques flĂ©chettes qui l’égratignent

Le maintenant debout, toujours plus hargneux.

Faudra-t-il plus de fléchettes pour vider le monstre de son sang

Ou viser le cƓur pour l’anĂ©antir dĂ©finitivement ?

Car pendant ce temps, au niveau international

Le monstre déroule et multiplie la puissance de ses tentacules.

FatiguĂ©e d’observer que la dĂ©mocratie reprĂ©sentative est Ă  bout de souffle

Avec ses partis en décomposition

Avec la discipline de parti,

Avec l’intĂ©rĂȘt supĂ©rieur du parti,

Avec la guerre des egos,

Avec la folie du Â« pouvoir sur Â».

Et une opposition factice gauche–droite

Pour mieux nous tromper et nous manipuler.

Ils se trompent eux-mĂȘmes,

Devenus des organes virtuels coupés de la réalité populaire.

RĂ©alitĂ© populaire qui s’exprime, elle,

Dans les associations, les collectifs et comités,

Les ZAD et les jardins potagers

Dans une archipellisation des luttes,

Sapant les bases du « pouvoir sur Â»

PrĂŽnant le « pouvoir avec Â»

Et le bonheur.

Unissant le peuple autour d’une volontĂ© politique :

En finir avec un systĂšme qui au nom du profit commet des crimes contre l’humanitĂ© et la nature.

FatiguĂ©e de voir mes camarades syndiquĂ©.es s’engluer dans des stratĂ©gies mortifĂšres,

SubjuguĂ©.es par le chantage Ă  l’emploi,

DĂ©fendant les intĂ©rĂȘts du grand patronat

En croyant défendre leur outil de travail.

AnesthĂ©siĂ©.es au point de ne pas imaginer possible de s’emparer de leur usine.

AmnĂ©siques au point d’avoir oubliĂ© que la terre comme l’usine est Ă  celleux qui y travaillent.

Embrigadé.es

Au point de ne pouvoir affronter le questionnement du « qui produit ? quoi produire ? comment produire ? Â» pour protĂ©ger sa santĂ© et l’environnement.

Au point de refuser les alternatives et expertises citoyennes.

Le beau documentaire « Les sentinelles Â» ainsi que les analyses de Bernard Friot et Daniel Tanuro m’ont aidĂ©e Ă  formuler ce que j’avais du mal Ă  exprimer sur la frilositĂ© des directions syndicales. C’est maintenant chose faite.

Jeanne Wachtel

22 juillet 2020

Note : j’emploie l’orthographe inclusive (point, barre oblique, contraction)


Article publié le 02 AoĂ»t 2020 sur Labogue.info