Notre nouveau ministre de l’Intérieur, accusé de viol, est actuellement cloué au pilori de l’opprobre, version réseaux « sociaux ». Et c’est un véritable déchaînement d’appels au lynchage. Beurk !
Face à la meute, on note, cependant, une levée de boucliers politico-médiatiques dont les larmoiements pathétiques ne le disputent qu’à une grandiloquence hypocrite à propos de la présomption d’innocence. Car ces grandes âmes se gardent bien de s’en prévaloir dans d’autres cas de figure largement plus nombreux ne concernant, c’est vrai que les manants. Et car les mêmes, c’est bêta, oublient d’en analyser le mécanisme d’une logique propre à la « justice » bourgeoise.
Combien, en effet, de présumés innocents, généralement des petits délinquants, tâtent-ils de la paille humide du cachot avant d’être jugés et parfois même innocentés ? Et quel silence tonitruant de ces grands humanistes à ce propos comme à celui des innombrables garde à vue préventives que subissent tant de manifestants lambda ?
Alors, la présomption d’innocence, bien sûr. Mais pour tout le monde. Et dans le cadre d’une vraie Justice où la décision de l’opportunité ou non des poursuites ne serait pas l’apanage de cette « magistrature » couchée où pullulent des procureurs serviles aux ordres du pouvoir du moment.
En attendant que cela soit, seuls s’étonneront du phénomène réseaux « sociaux » et de ses outrances ceux qui s’étonneront toujours de tout pour ne s’être jamais étonnés d’eux même.

Jean-Marc Raynaud


Article publié le 19 Juil 2020 sur Monde-libertaire.fr