La guerre a de nombreuses facettes, elle n’est pas seulement militaire. Regardons la guerre écologique que l’État turc mène depuis plusieurs années déjà, brûlant les forêts, coupant les rivières et polluant les sols. Ils ont essayé de rendre la vie impossible à cette révolution, mais ils ont échoué, et aujourd’hui le Rojava commence à prospérer et résiste comme jamais auparavant. Ils ont donc décidé de poursuivre la guerre par des moyens plus directs. La guerre qui commence aujourd’hui est la continuation de ce que le fascisme turc a commencé à faire il y a longtemps. Ils cherchent à contrôler et à dominer la société et la nature, et ils feront beaucoup d’efforts pour détruire ce qu’ils ne peuvent dominer. Ils s’attaqueront à la population et à la nature qui accueille cette population. Maintenant, ils attaquent avec des avions de guerre, des drones, des chars et tout l’arsenal d’une armée de l’OTAN. Cela nous rappelle que l’industrie de la guerre est un exemple clair de la maladie du système dans lequel nous vivons, une maladie capable de déplacer d’énormes quantités de ressources pour produire et engendrer ces machines qui tuent, une maladie capable de créer un marché massif à partir de la volonté de tuer.

La révolution du Rojava a commencé il y a plus de 7 ans, et malgré les difficultés et les contradictions, malgré la guerre physique et médiatique, le peuple du Rojava (ensemble avec l’Administration Autonome du Nord-Est de la Syrie) continue à écrire l’histoire. Une histoire de démocratie, de libération des femmes et d’écologie sociale ; une histoire de révolution et d’internationalisme ; une histoire d’alternatives à la mentalité capitaliste actuelle et au système de l’État-nation. Afin de construire ces alternatives, nous explorons des moyens révolutionnaires de nous développer en tant que société. Les projets d’éducation et de santé sont réalisés et ouverts à tous. Des coopératives et des projets d’économie communautaire basés sur l’agriculture et l’élevage sont en cours de développement, dans lesquels les gens peuvent travailler leur terre collectivement et de manière durable. Des centaines de projets de reboisement, avec des arbres fruitiers et des oliviers, aideront à l’avenir à contrer les effets du changement climatique et de la désertification qui progresse impitoyablement.

Faire face à la guerre au nord de la Syrie, une déclaration de Make Rojava Green Again

La lutte la plus importante de cette révolution est contre le patriarcat et pour la libération des femmes, en défiant la plus ancienne oppression dont souffre l’humanité et sur laquelle toutes les autres sont fondées. Mais la mentalité patriarcale n’est pas seulement la domination des hommes sur les femmes ou des hommes sur les autres hommes, elle est aussi la domination et l’exploitation des hommes sur la nature.

Cette révolution est un processus long et profond, qui va vraiment à la racine des problèmes, situé au fond de notre esprit. Le Rojava nous enseigne que, pour changer le monde, nous devons changer notre regard sur la nature et la société. Les  » changements  » qui cherchent à perpétuer le capitalisme en l’habillant d’un nouveau masque de  » capitalisme vert « , resteront toujours à un niveau superficiel, et la seule chose qu’ils feront sera de pérenniser ce système de domination et d’exploitation.

La guerre tue des gens et détruit la nature, mais la guerre devra faire face à la résistance. La résistance peut créer de belles choses, comme la communauté, l’organisation, l’entraide et la solidarité. Ces valeurs sont la base d’une société révolutionnaire, une société politique et éthique capable de se défendre. Même 1000 bombes ne pourront détruire une société révolutionnaire prête à se défendre !

Depuis le Rojava, le comité de Make Rojava Green Again à nouveau appelle à la solidarité, à la résistance active et au soutien public. Nous savons que des mouvements écologistes radicaux se battent déjà, et nous envoyons également nos salutations et notre solidarité à ceux qui résistent. Nous pouvons voir beaucoup d’actions motivées par la même volonté, les mêmes rêves, qui nous ont amenés au Rojava pour commencer notre travail écologique et social ici. Pour cela, nous appelons à continuer et à déployer la résistance dans toutes les différentes luttes, car en fin de compte toutes les luttes ne sont qu’une.

Notre lutte est la lutte contre l’oppression et l’exploitation, la lutte contre le capitalisme, contre l’État-nation et contre le patriarcat. Maintenant plus que jamais, nous continuerons la lutte pour un Rojava libre et vert. La Terre doit être défendue à tout prix, ou il n’y aura pas de place pour la révolution.

Make Rojava Green Again


Article publié le 17 Oct 2019 sur Renverse.co