Novembre 26, 2020
Par ACTA
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Ce soir, la coordination féministe antifasciste nationale s’est mobilisée dans différentes villes de France à l’occasion de la journée internationale des violences faites aux femmes et aux genres minorisées. Nous retranscrivons ici le tract qui a été distribué à cette occasion.

Aujourd’hui, comme tous les 25 novembre, nous nous mobilisons pour la journée internationale contre toutes les violences faites aux femmes et aux genres minorisés. Mais la mobilisation d’aujourd’hui est particulière, car elle s’inscrit dans un contexte de reconfinement et de crise sanitaire globale, rendant plus visible l’ampleur des violences sexistes quotidiennes et de la précarité croissante. À l’heure où les mobilisations féministes en France et à l’international sont massives et permettent de visibiliser et donner de la voix à toutes les femmes violées, agressées, humiliées et tuées, aucune réponse efficace n’a été donné par l’État. L’annonce du reconfinement et plus généralement la gestion de l’épidémie, et donc la crise sanitaire et économique qui en découle, témoignent de son inaction et de son rôle dans le renforcement des violences et de la précarisation que nous subissons.

En effet, nous devons faire face à une inaccessibilité des soins, à des suivis médicaux interrompus et des violences obstétricales et gynécologiques exacerbées. Les associations et structures d’aide et d’assistance sont majoritairement fermées, dans un contexte de difficultés liées au chômage et au manque d’hébergements d’urgence et pérennes, favorisant les violences conjugales. Nous exigeons la réouverture de toutes les structures sociales d’aides et des moyens alloués à hauteur de la situation.

Les secteurs de travail où on retrouve le plus de femmes, des métiers de la santé à ceux de caissières ou encore femmes de ménages, sont en première ligne face à cette crise sanitaire, sans parler du travail domestique qui n’est même pas reconnu. Des métiers dévalorisés, sous-payés et pénibles dans lesquels nous devons en plus faire face aux inégalités salariales, aux discriminations à l’embauche, aux contrats précaires, au harcèlement moral et/ou sexuel et à une vulnérabilité. Les travailleur.euses du sexe sont de leur côté encore plus oublié.e.s, isolé.e.s et marginalisé.e.s en période de confinement, où leur situation est davantage précarisée par l’interdiction de circuler et de se déplacer. Nous exigeons une revalorisation immédiate de tous les métiers précaires à hauteur de leur utilité au bon fonctionnement de la société, de leur pénibilité et de leur qualification, ainsi que la reconnaissance des droits des travailleur.euses du sexe et le retrait de la loi de pénalisation des clients.

Certains secteurs embauchent, ne déclarent pas, et sous-payent des personnes en situation irrégulière, qui doivent se soumettre à ces conditions au péril de leur vie. Les personnes exilées et sans papiers font face aux conséquences des politiques racistes et répressives de l’État français au travers de méthodes déshumanisantes et fascistes d’expulsion et de chasse. Un État qui perpétue une politique néo-coloniale et impérialiste et qui n’est pas capable d’assumer une politique migratoire à la hauteur. Nous exigeons que cessent les ingérences de la France en Afrique et au Moyen-Orient, ainsi que des politiques migratoires crédibles, soit une libre circulation de tous et toutes et des conditions d’accueil dignes, avec une prise en charge des besoins spécifiques des femmes et des personnes LGBTQIA+.

Nous nous revendiquons d’un féminisme antiraciste et en cela, nous dénonçons l’instrumentalisation du féminisme à des fins islamophobes, contre les femmes voilées. Nos choix de vies ne doivent pas être un prétexte à produire de la violence et de la stigmatisation de la part du gouvernement qui en fait un problème public. Il est nécessaire de condamner les politiques qui derrière la question du voile et de la « défense des femmes » cachent des velléités racistes et nationalistes. Nous exigeons l’abandon immédiat du projet de loi sur les séparatismes religieux qui n’est autre qu’un épouvantail pour mieux stigmatiser les personnes de confessions musulmanes.

Face à une police coloniale et raciste qui agit avec l’aval et le soutien de l’État, il est essentiel de soutenir celles et ceux qui dans les quartiers populaires et ailleurs doivent faire face à leurs violences. Nous ne voulons plus de cette police qui frappe, tue et viole en toute impunité. De plus, nous revendiquons un féminisme anticarcéral, qui refuse l’instrumentalisation sécuritaire et raciste des violences patriarcales. Nous prônons une société débarrassée d’un système carcéral qui n’est rien d’autre que le vecteur institutionnel du racisme structurel et colonial de l’État français. Nous exigeons le retrait et l’abandon immédiat du projet de loi de sécurité globale, dont le seul but est d’institutionnaliser l’impunité et l’immunité policière.

Coordination féministe antifasciste

FACE AU RACISME ET AU SEXISME D'ÉTAT : RIPOSTE FÉMINISTE ANTIFASCISTE



Source: Acta.zone