Août 29, 2021
Par Paris Luttes
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Vous connaissez la stratégie du choc ? Encore une fois le gouvernement Macron fait voter une loi d’exception en urgence, énième avatar des lois sécuritaires de ces dernières années, et plus particulièrement de cette dernière année de crise sanitaire. Les prises de décisions opaques se font dans les salons feutrés du conseil de défense sanitaire, souvent contre l’avis du conseil scientifique, faisant passer les logiques économiques ultra-libérales avant la santé collective. Les discours politiques et médiatiques sont porteurs d’injonctions contradictoires. Les positions s’exacerbent, la ligne de fracture se place entre les « pro » et les « anti »-vaccins, les argumentaires sont confus, voire complotistes, et puisent dans des comparaisons historiques abjectes.

Nous, Brigade de Solidarité Populaire, continuerons à nous positionner pour une prise en compte globale des questions sanitaires.

Le vaccin ne peut pas être l’unique réponse, même s’il nous apparaît à ce stade indispensable en termes de santé publique. A condition qu’il soit accessible à toustes y compris dans les pays du sud.

Nous ne pouvons ignorer la destruction actuelle de notre système de santé et les importantes inégalités territoriales qu’elle génère.

On ne peut pas prétendre lutter contre l’épidémie et dans le même temps dérembourser les tests PCR, ce qui va reléguer toujours plus à la marge les précaires et habitant.e.s des quartiers les moins dotés en équipements de santé et en centres de vaccination. Le fait que les zones urbaines les plus pauvres soient les moins vaccinées ne doit d’ailleurs rien au hasard. Par ailleurs les plus précaires sont déjà les plus touché.e.s par cette maladie car déjà sujets à de nombreuses pathologies, causes de co-morbidité.

Nous ne pouvons pas ignorer non plus que la détresse psychique de nombreuses personnes se voit aggravée par le morcellement de la vie sociale renforcé par la gestion calamiteuse de cette crise sanitaire.

Nous pensons aussi aux soignant.e.s débordé.e.s, au bord de la crise de nerfs, qui continuent leur travail malgré le manque de moyens et le mépris du gouvernement.

Nous, Brigade de Solidarité Populaire, continuerons à nous battre contre ces lois ultra-sécuritaires, que ce soit la loi de sécurité globale, la loi SILT ou cette dernière loi instaurant le passe sanitaire, qui étendent la surveillance de masse, et la diffusent jusque dans la société civile. Mettre la délation au cœur de notre vie sociale ne saurait être une réponse à la lutte contre la pandémie.

Nous ne sommes pas dupes, cette surveillance aura toujours les mêmes visées : celle de la domination des populations pauvres et racisées. Les « contrôles aléatoires » du passe sanitaire cibleront évidemment toujours les mêmes, s’inscrivant dans la perpétuation d’un délit de faciès déjà trop banalisé.

Nous, Brigade de Solidarité Populaire, continuerons à nous opposer à cette société du tout numérique où le QR code devient le sésame pour pouvoir se déplacer librement, alors même qu’une grande partie de la population ne maîtrise pas les outils numériques.

Cette numérisation des données de santé donne par ailleurs tout pouvoir au secteur privé qui en est aujourd’hui le dépositaire et autorise un accès facilité à leur exploitation, notamment en ce qui concerne les assurances et les employeurs, sonnant le glas du secret médical déjà malmené par le tout numérique.

Nous, Brigade de Solidarité Populaire, continuerons à manifester notre solidarité internationale. Auprès des exilé.e.s enfermé.e.s en CRA qui risquent la prison pour refus de test PCR. Contre la fermeture des frontières entraînée par l’épidémie. Pour la levée des brevets qui permette aux pays du sud global d’avoir accès au vaccin. Et pour un partage des doses existantes à égalité sur tous les territoires.

Nous défendons un monde où le soin passe par l’attention aux besoins de chacun.e et du collectif, où les personnes existent dans leur globalité et leurs relations et non comme des chiffres dans des tableaux statistiques. Nous nous plaçons délibérément du côté des plus précaires, des personnes racisées, des colonisé.e.s, qui subissent comme toujours de plein fouet les inégalités.

Iels veulent nous imposer une société de contrôle dans laquelle chaque parcelle de nos vies sera sous surveillance, nous infantilisant et nous brutalisant. Montrons-leur que nous sommes capables de répondre aux défis posés par la pandémie par le bas, par la solidarité et l’auto-organisation.

La solidarité est notre arme.

Autodéfense sanitaire !

Seul le peuple sauve le peuple !

Brigade de Solidarité Populaire Aubervilliers-Pantin




Source: Paris-luttes.info