Avril 25, 2022
Par Expansive
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Réarmons le syndicalisme ! Durcissons les luttes de classe !

Le 1er mai approche. Nous sommes nombreux-ses à avoir en tête le dernier, inquiétant sur l’état de décomposition de certaines franges du mouvement social. D’autres se souviennent des multiples attaques fascistes en France ou en Italie contre des permanences, locaux et militant-es syndicaux. Le syndicalisme français ressort de plusieurs dizaines d’années dures, qui l’ont affaibli et avec lui les capacités de mobilisation, d’unité et d’action du mouvement social en général. La trahison de la (ex) gauche (ex) social-démocrate et la disqualification du syndicalisme d’accompagnement dans ses capacités à mener le rapport de force face aux offensives de la bourgeoisie sont toutes deux des occasions d’enterrer les illusions réformistes et de s’engager dans la construction d’un syndicalisme combatif, fort et autogestionnaire ; future colonne vertébrale du pouvoir populaire.

▶️L’offensive fasciste

Nous assistons à une multiplication des agressions menées par les groupuscules fascistes : envers les locaux syndicaux et politiques, les militant-es progressistes, nos conférences, meetings et parfois directement contre des manifestation (8 mars à Paris, marches antifascistes, pour les droits des sans-papiers, 1er mai…).

En plus de ces intimidations et agressions ce sont 3 projets d’attentats fascistes qui ont été judiciarisés. Les militant-es fascistes, chauffés à blanc par les discours de la bourgeoisie réactionnaire s’entraînent à la guerre civile et s’arment. Nombreux sont les fascistes européens a être partis faire du tourisme en Ukraine où ils ont pu être formés et armés par des bataillons néo-nazis, qui ont eux même pu être entraînés et équipé par l’OTAN ainsi que l’état ukrainien.

▶️La débandade électorale

Face à ça l’illusion démocratique, l’état de droit et les libertés politiques se volatilisent. La bourgeoisie française a de moins en moins besoin de « faire le jeu » républicain. Elle assume comme c’est le cas dans l’empire de Bolloré sa dictature sur les médias dominants, elle réhabilite le pétainisme, trie les candidats et propulse ceux qui la confortent. Elle est aujourd’hui représentée dans toutes ses facettes par un bloc ultra-réactionnaire à la fois libéral, nationaliste et pétainiste.

Ce bloc est organisé et prêt à marcher sur la grande majorité de la population : droit du travail, droit des femmes et minorités de genre, population issue de l’immigration et des quartiers populaires…

Face à ce bloc la gauche politique se trouve pour l’instant à nu : désorganisée, minoritaire et défaite.

▶️Face aux impasses

La gauche se retrouve alors apparemment bien amaigrie.. Du moins formellement ! En réalité les masses populaires sont majoritairement acquises et attachées à bien des conquêtes qu’elles ont faites. Dans la rue et sur les lieux de travail elle reste massive : nous avons la chance d’avoir une tradition syndicale importante, et un syndicalisme combatif large.

Au sein de notre camp social, les voies empruntées par des dirigeants sociaux-démocrates ainsi que par une partie des militant.es autonomes, apparaissent comme des impasses et des freins. Que ce soit par purisme ou par dirigisme, par l’anti-syndicalisme ou la dépossession des luttes, la déconnexion et la passivité, ces voies ont une conséquence directe : elles ne permettent pas l’auto-organisation des luttes et des travailleurs et travailleuses, et par là de construire les rapports de force nécessaire pour abattre les systèmes de domination et d’oppressions. Le syndicalisme en particulier et de manière générale des contre-pouvoirs de lutte, de masse et démocratique, eux, le permettent.

Mais non : il n’y a pas de raccourci, pas de secret à la construction du pouvoir populaire. Il n’y a jamais eu de bastion ouvrier naturel. Les syndicats n’ont jamais attendu les cortèges de centaines de travailleurs pleuvoir entre leurs mains aux sorties des usines. Et seul le patient travail militant paie, et rien ne nous permettera de faire l’impasse dessus.

Pour ne pas être entraînés dans la décomposition de notre camp social, pour avancer, cumuler les expériences, accroître le niveau de conscience de notre classe et nous défendre collectivement ; il faut impérativement renouer avec les fondamentaux du mouvement ouvrier ; c’est à dire s’organiser, lutter et gagner !

Nous appelons en conséquence et à notre modeste échelle à :

  • Nous organiser politiquement afin de porter efficacement des revendications claires, de faire face à la répression qui risque de s’intensifier contre les masses populaires et les organisations progressistes ; et encore plus impérativement de porter un projet de société alternatif et révolutionnaire seul à même de nous sauver de la barbarie capitaliste. Nous invitons tous-tes les syndicalistes libertaires et autogestionnaires à une rencontre nationale les 14 et 15 mai 2022 à Montreuil, salle AEIR, 57, rue Etienne-Marcel, métro Robespierre.

https://www.facebook.com/events/653677382629710

  • Rejoindre les contre-pouvoirs déjà existants. Réinvestir les syndicats de lutte et notamment y faire vivre l’échelon interprofessionnel, nécessaire pour en assurer l’autonomie et le développement. Poser dans les discussions le projet d’une unification syndicale.
  • Assurer les moyens de l’autodéfense populaire face aux attaques contre le mouvement social, contre les dominé.e.s et les exploité.e.s, et leurs organisations. Investir et s’emparer collectivement des services d’ordre comme outils de l’autodéfense de notre classe.

    Union communiste libertaire Rennes



Source: Expansive.info