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Ludivine Bantigny, historienne, et Ugo Palheta, sociologue, ont Ă©crit ce livre il y a un an, et par bien des aspects, il aide Ă  comprendre les rapports de force politiques dans la France d’aujourd’hui, au lendemain de la sĂ©quence Ă©lectorale de ce printemps.

Tout d’abord, mĂȘme s’il Ă©voque par moments diffĂ©rentes formes de fascismes historiques ou contemporains, son objet n’est pas de dĂ©finir le fascisme et de dire quel(s) parti(s) actuels le reprĂ©sentent. Il repose d’abord sur la description de l’exercice du pouvoir par ceux qui l’occupent aujourd’hui (et leurs prĂ©dĂ©cesseurs) ; un pouvoir de plus en plus autoritaire dans sa dĂ©fense du capitalisme : rĂ©pression des travailleurs, brutalitĂ© des contre-rĂ©formes, insĂ©curitĂ© sociale, criminalisation des mouvements contestataires, Ă©tat d’exception


Ce petit livre nous amĂšne Ă  rĂ©flĂ©chir sur les conditions d’émergence d’un fascisme d’aujourd’hui. Evidemment, le macronisme n’est pas un fascisme, mais il est prĂȘt Ă  user de violence pour imposer les rĂ©formes stratĂ©giques capitalistes. Les auteurs rappellent d’oĂč viennent le prĂ©sident et ses soutiens : ils sont les tenants d’un libĂ©ralisme extrĂȘme qui fait tout pour dĂ©manteler l’état social.

Ensuite les auteurs dĂ©crivent le processus de fascisation en cours : comment ses deux aspects principaux progressent : l’autoritarisme de l’Etat et la montĂ©e du racisme et de la xĂ©nophobie. Sur ce dernier plan, il est manifeste que la politique Ă  l’égard des populations de banlieue issues de l’immigration et la politique anti-migrants se durcissent depuis des annĂ©es. Et parallĂšlement, les discours racistes et xĂ©nophobes imprĂšgnent de plus en plus la classe politique de l’extrĂȘme-droite jusqu’à une bonne partie de la gauche. Sur le premier point, l’autoritarisme de l’Etat face aux mouvements de contestation est de plus en plus fort
 ça crĂšve les yeux !

L’intĂ©rĂȘt de leur analyse du processus de fascisation est de reconnaĂźtre que le processus est complexe, chaotique et que son avancĂ©e dĂ©pend des rapports de forces dans la sociĂ©tĂ©. C’est pour cela que pour les auteurs, ce n’est pas la dĂ©fense incantatoire de la dĂ©mocratie qui peut combattre le fascisme, mais le dĂ©veloppement de mouvements sociaux rĂ©volutionnaires et anticapitalistes associant Ă  la lutte de classe les autres combats Ă©mancipateurs : fĂ©minisme, antiracisme…

Certains des concepts Ă©voquĂ©s trop rapidement dans ce petit livre mĂ©riteraient d’ĂȘtre mis en dĂ©bat, comme par exemple celui de « dĂ©mocratie rĂ©elle Â» ou celui de « politique d’émancipation Â». Pour moi, c’est un livre qui mĂ©rite d’ĂȘtre lu et discutĂ©.

Alain




Source: Oclibertaire.lautre.net