Ce matin, le 22 janvier, à 6h30, les forces de l’ordre sont intervenues pour nous déloger, nous, occupants de la fac des Tanneurs. Un dispositif impressionnant d’au moins seize fourgons de CRS s’est déployé depuis les portes de la Loire jusqu’au parvis de Thélème, alors même que nous n’étions que 25 au maximum à l’intérieur des locaux. Certains agents étaient armés de fusil d’assaut. Au moins une personne sans domicile fixe a été interpellée mais la plupart d’entre nous ont pu évacuer les locaux très rapidement.

Ainsi, la présidence a opté ce matin pour une politique sécuritaire. Celle-ci est couteuse en termes d’image mais aussi de budget. En effet, une trentaine d’agent.e.s de sécurité ont été engagé.es, ce qui est particulièrement onéreux pour l’université. La gestion de la mobilisation par la présidence a été catastrophique. Celle-ci nous a traitée avec la plus grande violence. Elle nous a présenté comme des barbares agressifs et dangereux. Elle nous a refusé toute communication avec les étudiant.e.s. Elle n’a jamais accepté de négocier contrairement à ce qu’elle prétend et n’est venue que pour nous intimer l’ordre de partir. On nous accuse d’imposer de manière autoritaire nos actions. Or des assemblées générales se sont tenues depuis le début de la lutte, dont une chaque semaine qui définissent et décident les modalités de poursuite du blocage de la faculté.

La dernière AG qui a eue lieu vendredi 17 janvier a acté de manière démocratique la poursuite du blocage. Cependant, le président de l’université, Philippe Vendrix, n’a visiblement pas considéré ce vote. M. Vendrix a décrété ne pas avoir le choix de faire intervenir les forces de l’ordre à la suite du refus des bloqueur.euse.s d’un vote électronique. Ce vote électronique ne nous semblait pas viable vis-à-vis des propos tenus précédemment contre les occupant.e.s. De plus, nous avons tenté d’initier l’échange avec le président mais nous n’avons pas réussi à entretenir un véritable dialogue. Pour se faire entendre, nous avons maintes fois invité les étudiant.e.s à se rendre aux AG pour débattre et échanger.

Concernant les dégradations de la faculté, les bloqueur.euse.s s’étaient engagé.es à remettre en état les dommages de la fac. À la suite de l’intervention des forces de l’ordre, cet engagement nous a été enlevé. Nous réaffirmons notre opposition à la réforme des retraites qui s’inscrit dans la politique de destitution des solidarités : hier l’assurance chômage, aujourd’hui les retraites. Nous refusons d’attendre la prochaine attaque pour réagir. De plus, l’université n’est pas épargnée avec la LPPR [1] qui précarise le statut des maîtres de conférences et aggrave la sélection des étudiant.e.s. Antoine Petit, PDG du CNRS revendique d’ailleurs cyniquement l’aspect inégalitaire afin d’alimenter encore plus la concurrence entre les universités.

La présidence a réussi ce que l’extrême droite avait tenté de faire il y une semaine seulement. Cette violence à l’encontre de la contestation sociale est aujourd’hui la marque politique d’un état de plus en plus autoritaire. En rupture avec le dialogue promu par le modèle démocratique, le pouvoir de la présidence de l’université comme de la République, ne sait répondre aux divergences d’opinions que par l’emploi de la force.

Malgré la répression de l’État nous continuerons de lutter. Nous nous organiserons pour que les conférences et débats prévus aient bien lieu. Nous vous informerons via nos réseaux sociaux, de nos prochains rendez-vous et des lieux où se dérouleront les prochains événements.

Étudiant.e.s en lutte de Tours


Article publié le 23 Jan 2020 sur Larotative.info