Mars 28, 2021
Par Le Poing
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Des militants de « Jeunesse Saint-Roch » à Montpellier en compagnie de fascistes lyonnais.

Le Poing rappelait récemment le déroulé précis du commando de la faculté de droit de Montpellier ayant causé un scandale national trois ans auparavant. L’opération mettait en lumière les complicités des notables de l’université avec l’extrême-droite organisée. Les assaillants sont maintenant bien connus : des militants du Rassemblement national et de la Ligue du Midi, Génération identitaire s’étant contenté de soutenir après-coup l’opération. Mais qu’en est-il de la génération suivante n’évoluant pas dans ces sphères ?

La dissolution récente de Génération identitaire fait suite à celle, en 2019, d’une autre organisation d’extrême-droite moins médiatisée : le Bastion social. Cette structure ouvertement fasciste tentait de s’implanter autour de locaux ouverts dans différentes villes, en copiant le modèle des néofascistes italiens du mouvement Casapound. Sa dissolution l’a obligé à se rabattre sur ses antennes locales sans lien apparent avec le Bastion social. Officiellement, il y n’a a jamais eu de section montpelliéraine. Et pourtant…

Quelques étudiants montpelliérains participent aux manifestants du Bastion social à Paris ou à Bordeaux. Ils en adoptent les codes, dont la rhétorique guerrière et le look « casual ». Jusqu’à monter en mai 2020 leur propre groupe, nommé « Jeunesse Saint-Roch » en référence au saint-patron de Montpellier, dont l’existence est par ailleurs fortement remise en question. Ce groupe se présente comme « une communauté militante » implantée à Montpellier « visant à aider et protéger son peuple ainsi que sa culture et ses traditions ». Vaste programme.

Les enfants de bonnes familles se donnent des frissons

Qui se trouve derrière ce projet ? Plusieurs individus arrivés sur le tard, typiques de profils politisés via internet, venant de milieux privilégiés et ayant tournés autour de la Ligue de Midi, des royalistes de l’Action française et autres groupuscules nazillons. Le groupe est composé de deux jeunes de Castelnau-le-Lez, étudiant à l’université Paul-Valéry, Ongwé « Louis » L. G. et Clément « Nodric » N., ainsi que d’un ex-skin néonazi « Efflam », d’un étudiant en pharmacie catholique, traditionnaliste et fils d’un responsable de la FNSEA, Florian L., de la copine de ce-dernier et d’une étudiante en droit, Athénais N. d’A, issue de la haute-bourgeoisie biterroise.

Les références des membres de la « Jeunesse Saint-Roch » témoignent d’un affligeant mélange de référence au nazisme et au royalisme, d’une pseudo-spiritualité « catho tradi » et païenne, de postures hooligans antisystèmes et de discours pro-police. La petite bande reste limitée, se contentant essentiellement de publier sur les réseaux sociaux des photos de leur collage de nuit. Sans vergogne, ils ont collé dans les rues de Montpellier, trois jours après le meurtre de Samuel Paty, des messages accusant les professeurs d’être complices de l’islamisme…

Plusieurs noms, un même milieu

Pour signer ses actions, le groupe utilise un label inspiré des bandes de hooligans d’extrême-droite actives en France : « the south face ». Celui-ci est aussi employé par des militants fascistes de Nîmes, d’Avignon et de la région, tel que François D. dit « Neuski », récemment condamné à de la prison pour une agression commise sur un mineur. Le jeu entre une étiquette « politique » et une étiquette « bagarre » permet de revendiquer des faits de violences et de dégradations. L’existence du label « south face » offre aussi une street crédibilité aux jeunes fascistes montpelliérains qui leur manque cruellement. Leurs tentatives d’intimidations contre des gilets jaunes (la bande a tourné autour de manifestants avec des gants coqués avant de prendre la fuite) ou d’implantation dans des bars du centre-ville tels que le Blitz se sont soldées par de pénibles échecs. La plupart des violences avérées ont été commises en présence de personnes issues d’autres villes, rameutées pour l’occasion – notamment des individus issus des milieux nationalistes lyonnais et nîmois.

Faits et méfaits

Tenter d’exister en « tenant la rue » implique cependant de pouvoir assumer une certaine escalade. Le site identitaire « Lengadoc-info », affilié à la Ligue du Midi, a publié un article intitulé « Jeunesse Saint-Roch attaquée par des antifas » daté d’octobre 2020 : le lecteur y apprend que les militants fascistes, après une altercation avec « une jeune femme se revendiquant comme antifasciste » et arrachant leurs affiches, ont été menacés et frappés par « un groupe d’assaillant très menaçant ». « Un seul des membres du groupe aurait été frappé et gazé, les autres membres du groupe ayant fui ».

Depuis, l’activité locale du groupe semble très calme. Ce n’est pas le cas partout en France : les récentes mobilisations des réseaux de la Manif pour tous contre la PMA ont servi de prétexte à divers groupes fascistes pour mobiliser leurs troupes et en découdre, si possible en s’attaquant à des cibles faciles. L’attaque d’une librairie libertaire à Lyon le 20 mars dernier par une cinquantaine d’individus de la même mouvance que « Jeunesse Saint-Roch » est significative. L’arrêt de ces violences passe par la neutralisation, effective et non juridique, de ces bandes fascistes et de leurs soutiens.




Source: Lepoing.net