Décembre 30, 2022
Par Marseille Infos Autonomes
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La SOLEAM a choisi la veille de Noël pour expulser sans préavis le squat du 49 rue Curiol 13001. Les habitant.e.s, privé.e.s de toutes leurs affaires, vont passer les fêtes à la rue. Un nouvel exploit d’indignité au profit de la gentrification du quartier de la Plaine.

La veille de Noël, le 23 décembre 2022, le squat du 49 rue Curiol 13001 a été expulsé. Cette maison abritait plus de 17 personnes depuis près d’un an. Parmi elles, une famille avec trois enfants de moins de 4 ans (dont l’un doit bientôt être opéré), des jeunes en précarité et des personnes en situation irrégulière.

Dès 6 h 30, vingt-cinq policiers (sans travailleur.euses sociaux) sont venus chasser les habitant.es, sans leur laisser le temps de prendre leurs affaires. En quelques heures, les expulsé.es ont vu tous leurs biens emportés par plusieurs camions : meubles, matelas, couettes, radiateurs, outils, vêtements, couches, jouets, livres, vaisselle, nourriture, … Démuni.es et jeté.es à la rue en plein hiver, iels se retrouvent sans aucune proposition de relogement. La promesse de mettre au moins la famille à l’abri le jour même s’est avérée mensongère : après une heure d’attente au point de rendez-vous donné par la police, les espoirs de la famille ont volé en éclats.

Depuis plusieurs jours, les habitant.es, qui redoutaient une expulsion pendant la trêve hivernale, appelaient les services publics à l’aide, cherchant à obtenir des informations sur la procédure en cours. Aucune réponse, ni de la Préfecture, ni de la Ville de Marseille, ne leur a permis de s’organiser pour quitter les lieux et essayer de trouver d’autres refuges.

C’est donc finalement sans témoin, dans la violence et sans même la lettre de prévention réglementaire de l’huissier.e de justice qu’au petit jour, tous.tes ont perdu non seulement leur foyer mais aussi l’ensemble de leurs affaires. Les habitant.es sont sorti.es dans le calme, malgré l’irrespect et les menaces des policiers, malgré l’illégalité des contrôles d’identités et des palpations inutiles réalisées par les “gardiens de la paix”.

Quelle urgence y avait-il pour la SOLEAM (Société Locale d’Equipements et d’Aménagements de l’Aire Métropolitaine), propriétaire du bâtiment, à procéder à une telle expulsion la veille de Noël ? Sans attendre, la société a fait murer l’immeuble et y a installé un gardien jours et nuits… Le bâtiment reste donc inutilisé (comme si des travaux allaient démarrer le 24 décembre !).

Une fois de plus, les pouvoirs publics délaissent leur devoir de “protection des personnes” et bafouent le droit au logement de plusieurs administrés au profit d’une politique de gentrification dénoncée par un maximum d’observateurs. La SOLEAM, acteur majeur et critiqué du projet “grand centre-ville” de la Ville de Marseille, a en effet jeté à la rue les occupant.e.s du 49 en vue d’une hypothétique opération de réhabilitation censée transformer l’immeuble… en appartements.

Rappelons que la société d’aménagement dispose d’un budget de 235 millions d’euros pour, avant tout, implanter ses fantasmes pour touristes au détriment de la cité et de la vie des Marseillais.es. Dans la continuité de la rénovation de la Plaine, elle prévoit ainsi un plan de “lutte contre l’insalubrité”. Celui-ci n’inspire confiance qu’à celles et ceux qui ont oublié que la rénovation des deux immeubles effondrés rue d’Aubagne le 5 novembre 2018 étaient justement à sa charge. Tous les aménagements prévus dans le quartier de Noailles depuis 2011 lui ont également été confiés, sans que diminue le nombre de mises en périls et d’habitats insalubres.

Comme d’habitude, le mépris des acteurs publics s’exerce à l’encontre des plus démunis. Et ce sont les plus précaires qui doivent eux-mêmes trouver les ressources et se battre pour avoir un toit.

Les membres du collectif du 49 rue Curiol sont aujourd’hui abrités par des personnes solidaires mais d’ici quelques jours cet hébergement d’urgence prendra fin. Le collectif appelle au soutien :

“Si vous avez des camions qui nous aideraient pour aller récupérer quelques affaires, si vous avez des plans de logements pour une famille de cinq personnes, si vous pouvez vous procurer des couches tailles 3 et 5, des lingettes, des matelas, des couettes, des radiateurs, des outils, de la nourriture, des réchauds, des casseroles, … Nous sommes preneur.euses, contactez-nous ! Merci pour votre soutien. “

La Khaïma-




Source: Mars-infos.org