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Ce samedi 14 mai à Paris plusieurs milliers de personnes ont défilé lors de la 25e édition de l’ExisTransInter, manifestation annuelle pour la défense des droits des personnes trans et intersexes. Après deux années de pandémie ayant empêché le déroulement de la marche, individus, associations, syndicats et organisations politiques ont pu reprendre la rue sous ce mot d’ordre commun « on vise l’autonomie, pas la survie ».

Dans un contexte général de montée des discours d’extrême droite, incarnés en France par Zemmour, Le Pen et bon nombre de figures fascisantes et réactionnaires, les droits des personnes trans et intersexes sont plus que jamais menacés. La politique du gouvernement Macron a complètement laissé de côté ces combats, en témoigne la loi bioéthique faisant entrave à l’accès à la PMA des personnes trans et n’ayant pas interdit les mutilations sur les enfants intersexes.

L’ExisTransInter est alors un moment qui permet non seulement aux personnes trans et intersexes de réaffirmer leur existence et de visibiliser leurs luttes, mais également de réclamer de nouveaux droits et de montrer qu’elles ne se laisseront pas faire. Contre la transphobie et l’intersexophobie, contre les violences institutionnelles, et contre la précarité, nous réclamons la sensibilisation et la formation de tous les personnels soignants, éducatifs et administratifs pour favoriser l’accueil et l’insertion des personnes trans et intersexes dans toutes les structures, ainsi que la suppression de la mention de sexe à l’état civil. Dans un objectif d’auto-détermination et pour accéder à une véritable autonomie médicale, nous revendiquons le remboursement intégral des parcours de transition ainsi que leur dépsychiatrisation effective : les psychiatres et psychologues doivent être là pour accompagner les personnes en ressentant le besoin, pas pour restreindre l’accès aux traitements sur des critères rétrogrades.

Des droits encore à conquérir

L’autonomie médicale, c’est également le respect des droits sexuels et reproductifs : cela passe par l’arrêt des mutilations des personnes intersexes, et l’accès sans discrimination à la conservation de gamètes et à la PMA.

Enfin il nous semble essentiel de rappeler que les enfants et adolescents ont également le droit à l’auto-détermination, ce qui signifie leur garantir un accès, sur la base du consentement éclairé, aux bloqueurs de puberté, aux traitements hormonaux et aux opérations.

Ce 14 mai, nous avons donc marché avec ces mots d’ordre. La présence de plusieurs syndicats était bienvenue, mais leur faible nombre montre le chemin qu’il reste à parcourir sur ces questions, encore trop marginales dans la plupart des fédérations.

En ce mois de juin, mois des fiertés, nous invitons donc l’ensemble des forces disponibles à se joindre aux cortèges des prides partout en France, pour réaffirmer que les questions LGBTI sont politiques, qu’elles traversent toutes les sphères de la société, et que nos droits ne s’arrachent que par la mobilisation.

Clem (UCL Bordeaux)

et Chloé (UCL Grenoble)




Source: Unioncommunistelibertaire.org