Mai 26, 2020
Par Le Pressoir
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Chers amis, chers camarades,

Le 25 mars 2020, Nicole Belloubet, ministre de la Justice, annonçait que décision était prise avec le gouvernement, au vu de la crise sanitaire engendrée par la pandémie, de libérer de façon anticipée plusieurs milliers de détenus en fin de peine.

Depuis lors, nombreuses sont les voix qui s’élèvent pour exiger une fois de plus la libération de Georges Abdallah : on ne compte plus les lettres adressées, en ce sens, à la Garde des Sceaux par les collectifs et les organisations de soutien sur le plan national et international mais aussi les interpellations formulées par des députés de plus en plus acteurs et actifs dans ce combat.

Et pour autant, force est de constater aujourd’hui cette fois encore, et ce malgré le contexte très exceptionnel de la menace grandissante et de l’urgence d’agir, qu’une fin de non-recevoir est là encore exprimée à travers le silence assourdissant et criminel de ce pouvoir politique et judiciaire pleinement responsable et coupable d’exposer Georges Abdallah au risque du coronavirus.

Cette fois encore, semble-t-il, pas question de libérer Abdallah ! Pas question de libérer Georges Abdallah, dont, depuis maintenant plus de 21 ans, « la demande de libération n’est pas recevable ! ».

Pas question de libérer Abdallah ! Alors que Georges Abdallah a vu sa peine de sûreté accomplie en 1999 et qu’il est libérable depuis plus de 20 ans.

Pas question de libérer Abdallah ! Alors qu’en 2012, le tribunal d’application des peines a donné un avis favorable à sa libération et que, depuis lors, le Liban, son pays, a réaffirmé à maintes reprises son accord pour son retour.

Pas question de libérer Abdallah ! Alors que Georges Abdallah, âgé de 69 ans, est aujourd’hui l’un des plus anciens prisonniers politiques en Europe après 36 ans de captivité.

Et pour autant, s’il est bien un état d’urgence qu’il faut décréter aujourd’hui, c’est bien celui de libérer Georges Abdallah !

Face à ce déni encore réitéré par le pouvoir en place de la légitime libération de Georges Abdallah, nous, signataires de ce texte, exigeons une fois de plus la libération de ce résistant et appelons à accentuer la pression pour imposer le rapport de force qui seul fera plier ces donneurs d’ordre – comme le signalait déjà en toute clairvoyance Georges Abdallah quand, en octobre 2019, il déclarait déjà : « il ne suffit pas que l’État du Liban “demande” ma libération, encore faut-il établir un rapport de force réellement existant pour faire comprendre aux représentants de l’impérialisme français que mon incarcération commence à peser plus lourd que les possibles menaces inhérentes à ma libération ! ».

Faisons entendre le plus largement possible, chaque jour et de partout, le cri de Georges Abdallah et avec lui de tous les prisonniers politiques et multiplions toutes les initiatives, dans la diversité de nos expressions, pour exiger sa libération immédiate, ici et maintenant !

Que mille initiatives fleurissent !

C’est ensemble et seulement ensemble que nous vaincrons !

Paris, 03 mai 2020




Source: Lepressoir-info.org