En 1891, Élisée Reclus, savant de réputation internationale et anarchiste, est optimiste et plein d’espoir (vingt ans après l’écrasement de la Commune, le mouvement ouvrier est en plein renouveau) : l’heure de la révolution sociale se rapproche.

Fort de son expérience (il est né en 1830), il nous dit ses conceptions du monde et de l’histoire, ses raisons d’espérer mais également parce qu’il n’est pas naïf, il nous montre tous les dangers (nationalisme, religion, réformisme, autoritarisme…) qui planent sur la voie de l’émancipation.

La première guerre mondiale mettra un terme à ces espérances et justifiera pleinement ses mises en garde, en assurant d’une part, en Europe, le triomphe des nationalismes et du capitalisme et d’autre part, en Russie, la naissance d’une dictature étatique, aux antipodes du projet anarchiste. Plus de 125 ans après sa publication, ce texte conserve par bien des aspects tout son intérêt : les ennemis du projet émancipateur sont toujours les mêmes.


Article publié le 22 Juil 2020 sur Cntaittoulouse.lautre.net