Mai 1, 2022
Par infokiosques
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Voici une sĂ©rie de suggestions pour aider les personnes confrontĂ©es Ă  la psychose Ă  faire face Ă  cette expĂ©rience et, espĂ©rons-le, Ă  Ă©viter l’hospitalisation. Ces conseils portent spĂ©cifiquement sur la pĂ©riode de psychose elle-mĂȘme, dans ses stades prĂ©coces et plus facilement maĂźtrisables, bien que certains conseils soient aussi valables pour le maintien d’une bonne santĂ© mentale en gĂ©nĂ©ral. Il ne s’agit que de suggestions, basĂ©es sur mes propres expĂ©riences de la psychose et des changements de rĂ©alitĂ© qui en rĂ©sultent, mais j’espĂšre que ces conseils auront une utilitĂ© pour l’ensemble du spectre des Ă©tats mentaux altĂ©rĂ©s. L’objectif est d’arriver Ă  un plus grand degrĂ© de conscience de soi, de maĂźtrise de soi et d’autodĂ©termination. ContrĂŽlez vos expĂ©riences, ne les laissez pas vous contrĂŽler !

Comme le suggĂšre le titre, j’estime qu’étant donnĂ© l’état actuel des services de santĂ© mentale, il est gĂ©nĂ©ralement prĂ©fĂ©rable d’éviter l’hospitalisation. Bien sĂ»r, il peut arriver un moment oĂč l’hospitalisation est la seule possibilitĂ© restante, auquel cas, je vous souhaite bonne chance et j’espĂšre que vous vous en sortirez sans trop d’encombres. Mais ce guide a pour but la prĂ©vention d’une telle situation. Il a Ă©tĂ© conçu comme un guide pratique de gestion de l’état de conscience altĂ©rĂ© que l’on appelle psychose, prĂ©vu pour vous aider Ă  garder la tĂȘte froide, Ă  ne pas partir trop loin et Ă  maĂźtriser les choses Ă  votre façon.

Accepter et reconnaĂźtre la situation


L’une des choses les plus difficiles lorsqu’il s’agit d’affronter un problĂšme de santĂ© mentale est de commencer par accepter qu’on en ait un. C’est particuliĂšrement difficile quand vos expĂ©riences sont si intenses et vivifiantes et que les moments Ă©prouvants peuvent ĂȘtre compensĂ©s par des phĂ©nomĂšnes et des rencontres Ă©blouissantes. Je crois que la psychose est en quelque sorte un Ă©tat spirituel ; potentiellement une pĂ©riode de changements profonds et bĂ©nĂ©fiques, oĂč certains modes de fonctionnement et de comportements dĂ©passĂ©s et malsains peuvent ĂȘtre dĂ©truits et abandonnĂ©s et oĂč de nombreuses connaissances sur des aspects du monde jusque-lĂ  insoupçonnĂ©s peuvent ĂȘtre acquises.

Cependant, cette expĂ©rience peut s’avĂ©rer tellement excessive qu’elle a tendance Ă  conduire Ă  la perte de sommeil, ce qui entraĂźne un manque de contrĂŽle et de recul et, trĂšs souvent, des expĂ©riences nĂ©gatives. Certes, lorsque les premiers moments sont vĂ©cus de façon si heureuse et excitante, se couper de cette expĂ©rience en prenant des mĂ©dicaments qui donnent la sensation de s’éloigner de toute cette splendeur peut ĂȘtre horriblement mal vĂ©cu. Toutefois, il est nĂ©cessaire de pouvoir maĂźtriser au mieux cette expĂ©rience, or trop souvent, cela n’est envisagĂ© que par l’hospitalisation. L’état d’équilibre est un phĂ©nomĂšne tout aussi naturel que l’état d’extase et c’est Ă  nous de dĂ©cider si nous voulons avoir un maximum de responsabilitĂ©s et d’auto-dĂ©termination possibles face Ă  nos expĂ©riences, ou si nous laissons les autres dĂ©cider pour nous sans pouvoir garder le contrĂŽle des Ă©vĂ©nements.

Anticiper

RĂ©digez un plan d’urgence/de crise. Pendant une crise, on perd souvent ses moyens et il peut s’avĂ©rer trĂšs utile et rassurant d’avoir le moins d’effort possible Ă  faire pour se remĂ©morer les gestes d’urgences. Un plan de crise est gĂ©nĂ©ralement destinĂ© Ă  faciliter la coordination entre vous et vos soutiens. Il s’agit de profiter d’un moment oĂč vous vous sentez bien pour prĂ©ciser les formes d’aides auxquelles vous consentez ou non en cas d’urgence. Il peut aussi n’ĂȘtre destinĂ© qu’à vous-mĂȘme, pour vous guider au mieux Ă  travers la tempĂȘte. Il peut contenir toutes informations que vous estimerez utiles : les mĂ©dicaments Ă  utiliser, Ă  quelles doses et dans quels cas, les professionnel·les Ă  contacter ou non et les numĂ©ros de vos soutiens possibles (ex : une personne qui accepterait de passer vous voir, ou de vous tĂ©lĂ©phoner, vous faire Ă  manger, des courses, ou n’importe quoi d’autre). Il peut aussi inclure le(s) lieu(x) oĂč vous refuseriez d’aller et ceux oĂč vous accepteriez d’aller en dernier recourt, au cas oĂč l’hospitalisation n’aurait pu ĂȘtre Ă©vitĂ©e, car malheureusement ça n’est pas toujours en notre pouvoir. MĂȘme en cas d’hospitalisation sous contrainte, vous avez le droit de choisir l’établissement en question, ou d’en changer si nĂ©cessaire.

PrĂ©parez-vous une trousse de soins de secours. Il s’agit de rassembler dans un endroit facilement accessible tous vos outils de gestion de crise. Cette boĂźte, tiroir, ou autre, peut donc contenir votre plan d’urgence, mais aussi n’importe quelle chose que vous jugerez utile : mĂ©dicaments d’urgence, huiles essentielles, infusions, cartes mĂ©mos avec des phrases qui vous aident (par ex : « Si tu es en train d’imaginer un scĂ©nario trĂšs inquiĂ©tant, n’oublie pas que c’est juste ton angoisse qui se monte un film et que ça va passer Â»), objets calmants (couverture lestĂ©e, objets rassurants, anti-stress, etc.), matĂ©riels d’expression (journal, matĂ©riel de dessin), souvenirs encourageants (mots de soutien des proches, photos, lettre Ă  soi-mĂȘme), liste d’activitĂ©s de gestion d’angoisse (exercices dĂ©taillĂ©s de respiration, relaxation, Ă©tirements, massages, mĂ©ditation), outils de distractions (jeux vidĂ©os, mots croisĂ©s, puzzle, lectures, musiques), nourriture rassurante, etc…

Signes avant-coureurs


Comment reconnaĂźtre l’apparition d’un dĂ©sĂ©quilibre et prendre des mesures pour le maĂźtriser tant que ça reste possible ? J’espĂšre que les points suivants vous seront utiles, que vous ayez connu ou non la psychose :

Devenir hyper-Ă©motif·ve. Il arrive que l’on se sente soudainement presque dĂ©bordé·e d’émotions et de façon inhabituelle. Ça n’est pas forcĂ©ment une mauvaise chose, mais ça peut aussi ĂȘtre le moment de demander de l’aide, ou du moins de faire preuve de vigilance.

Ne pas dormir. Parfois, surtout si on a tendance Ă  boire, on se rĂ©veille tĂŽt aprĂšs quelques heures de sommeil seulement ou aprĂšs un sommeil trĂšs agitĂ©. Si cela se produit, envisagez de consulter un mĂ©decin ou de prendre des herbes mĂ©dicinales ou encore des somnifĂšres. Il nous arrive Ă  tous et toutes de passer une nuit sans dormir, mais la plupart des gens ressentent le besoin de se rattraper le lendemain et prennent des mesures en ce sens. Si ce n’est pas votre cas, mĂ©fiez-vous… la perte totale de l’envie de dormir est le premier grand pas qui mĂšne Ă  un vĂ©ritable Ă©tat psychotique.

Oublier de manger. Cela va de pair avec le fait de ne pas dormir et c’est un signe classique prĂ©sageant l’apparition de problĂšmes sĂ©rieux. Et moins vous dormez et mangez, plus la pente devient glissante.

Oublier des choses que vous pensiez avoir mĂ©morisĂ©es, comme le trajet vers la maison d’un·e ami·e, ou des numĂ©ros de tĂ©lĂ©phone importants.

Avoir conscience de phĂ©nomĂšnes que d’habitude vous ne remarquez pas. Tels que des atmosphĂšres, des Ă©nergies et des dynamiques sous-jacentes. Cela peut ĂȘtre une bonne ou une mauvaise chose, mais c’est souvent troublant et trĂšs difficile Ă  dĂ©crire Ă  celles et ceux qui vous entourent sans subir leur incrĂ©dulitĂ© ou leur inquiĂ©tude envahissante. Cet Ă©veil de la conscience n’est pas nĂ©cessairement mauvais en soi, mais lorsqu’il survient brusquement et qu’il est dĂ©stabilisant, faites preuve de prudence.

Un sentiment d’immensitĂ©, de grandeur, de dĂ©tenir une puissance ou une Ă©nergie auxquelles vous n’ĂȘtes pas habitué·e.

Chaque expĂ©rience est diffĂ©rente et peut-ĂȘtre que ce n’est qu’à travers nos propres expĂ©riences que nous parviendrons Ă  reconnaĂźtre les moments oĂč nous entrons dans des eaux dangereuses. Il serait probablement prĂ©fĂ©rable de dresser votre propre liste de choses Ă  surveiller.

Refuge


Une fois vous ĂȘtre rendu·e compte que vous traversiez des difficultĂ©s, il est particuliĂšrement important de trouver un lieu pour pouvoir vous ressaisir. IdĂ©alement, le meilleur endroit pour ça serait votre propre maison, mais il se peut que vous ayez des colocataires ou des membres de famille qui manquent de comprĂ©hension ou de sensibilisation sur ces questions. Vous avez peut-ĂȘtre des ami·es qui pourraient vous offrir un espace et un environnement paisible pendant un petit moment ? Ça vaut la peine de chercher Ă  l’avance un refuge convenable, pendant que vous ĂȘtes encore dans un Ă©tat d’esprit lucide, histoire que vous sachiez exactement oĂč aller quand le moment sera venu.

Voici quelques objectifs possibles :

Minimisation des intrusions extérieures (bruits de voisinage dérangeants, etc.)

Un endroit oĂč vous vous sentirez libre de faire aussi peu de choses que vous le souhaitez. Une personne disponible pour vous prĂ©parer Ă  manger serait un Ă©norme plus. Si lĂ  oĂč vous ĂȘtes c’est impossible et que vous ĂȘtes mal Ă  l’aise avec certaines personnes prĂ©sentes, essayez de rĂ©duire vos dĂ©placements Ă  l’extĂ©rieur de votre chambre au strict nĂ©cessaire. Faites ce que vous avez Ă  faire, puis retournez dans votre lieu sĂ»r jusqu’à ce que vous vous sentiez plus fort·e.

De quoi vous changer les idĂ©es. Voir le chapitre “TranquilitĂ©” plus bas. Essayez d’avoir ce dont vous avez besoin Ă  portĂ©e de main, par ex. de la musique, des lectures distrayantes et/ou du matĂ©riel d’art et de travaux manuels.

Il y a beaucoup d’avantages Ă  ĂȘtre en territoire familier, mais l’important, oĂč que vous soyez, c’est d’avoir une piĂšce qui puisse ĂȘtre la vĂŽtre, qui vous soit accessible dĂšs que vous en avez besoin. L’encens et les huiles essentielles peuvent aider Ă  Ă©tablir un sentiment de tranquillitĂ© et de sĂ©curitĂ© et favoriser les rĂȘves agrĂ©ables (voir chapitre plus bas). Une lumiĂšre douce peut induire une sensation de calme et nous aider Ă  nous laisser aller vers le sommeil.

Le plus important est peut-ĂȘtre de tirer le meilleur parti possible de l’endroit oĂč l’on se trouve. Si vous sentez qu’un autre endroit vous conviendrait mieux, envisagez de vous y rendre, si vous vous sentez capable de faire le voyage ou si quelqu’un·e peut vous y conduire. Souvenez-vous cependant qu’il est imprudent de continuer Ă  courir dans tous les sens et que plus tĂŽt vous pourrez vous arrĂȘter et vous poser, mieux c’est. Ayez confiance en vous et en votre force et ne vous laissez pas submerger par vos peurs. Lorsque vous vous sentirez bien installé·e, vous pourrez tenter de visualiser vos peurs et de les jauger avec plus de recul.

Tranquillité


Instaurer une tranquillitĂ© d’esprit est vital pour permettre de se sentir mieux et en sĂ©curitĂ©. Donc, si vous pensez que vous pouvez ĂȘtre facilement perturbé·e par les infos, les films d’horreur, la tĂ©lĂ©vision, ou certains sites sur internet, ne serait-il pas prĂ©fĂ©rable de mettre tout cela de cĂŽtĂ© pendant un temps ?

La tĂ©lĂ©vision et internet reprĂ©sentent une sorte de fenĂȘtre sur le monde extĂ©rieur, mais nous ne savons jamais vraiment ce qui nous attend. La psychose peut ĂȘtre une pĂ©riode d’intuitions fabuleuses, alors autant Ă©viter l’influence des gros titres tapageurs. Essayez d’orienter votre esprit vers une direction agrĂ©able. Visualisez de belles choses. Si une pensĂ©e ou une image difficile vous perturbe particuliĂšrement, essayez “de vous en Ă©loigner” – visualisez-la en train de s’éloigner de vous, d’ĂȘtre avalĂ©e par des nappes d’épais brouillard, ou de lui fermer porte aprĂšs porte jusqu’à ce qu’elle ne semble plus menaçante ou proche. En gĂ©nĂ©ral, la musique peut beaucoup aider, mais il arrive aussi que pour certaines personnes elle reprĂ©sente au contraire une stimulation excessive Ă  Ă©viter. À vous devoir quel est votre cas. Si vous pensez pouvoir utiliser la musique pour vous calmer, tenter de sĂ©lectionner vos morceaux prĂ©fĂ©rĂ©s pendant que vous avez les idĂ©es claires. Mieux vaut se fier Ă  ce que vous avez dĂ©jĂ  testĂ© et apprĂ©ciĂ© plutĂŽt que de laisser faire le hasard. La musique sans paroles est aussi un choix relativement sĂ»r. Essayez d’écrire, d’avoir une activitĂ© artistique ou manuelle pour vous aider Ă  vous exprimer ou simplement pour vous libĂ©rer l’esprit. MĂȘme l’expression de choses nĂ©gatives peut ĂȘtre bĂ©nĂ©fique, car ça peut aider Ă  les sortir de votre esprit.

Si les personnes qui vous entourent ne prennent aucune prĂ©caution dans leurs propos, essayez de leur dire que vous vous sentez facilement perturbé·e et que vous aimeriez que la conversation reste positive. Il peut ĂȘtre prĂ©fĂ©rable d’éviter la compagnie de certaines personnes, dans la mesure du possible. Rappelez-vous, ce n’est pas parce qu’il s’agit de “mauvaises” personnes. Simplement, la psychose conduit Ă  vivre des choses d’une façon que beaucoup d’autres ne connaissent pas.

Sommeil


Comme cela a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© mentionnĂ©, la perte complĂšte de l’envie de dormir est souvent le premier pas vers un Ă©tat psychotique. Tenter de rĂ©tablir une solide routine de sommeil est donc une part essentielle du chemin permettant de retrouver la santĂ©. Essayez de vous dĂ©tendre quelques heures avant de dormir : musique relaxante, lumiĂšre douce, pas d’activitĂ© physique particuliĂšrement intense. TĂąchez d’éviter tout ce qui pourrait surmener votre cerveau, comme lire quelque chose d’exaltant ou de suivre un fil de pensĂ©es beaucoup trop stimulantes.

Efforcez-vous de vous imposer une heure pour aller dormir (extinction des feux Ă  minuit, par ex.) De plus, essayez de vous vider l’esprit, ou de voir la nuit de sommeil qui vous attend comme un Ă©pais nuage rĂ©confortant dans lequel vous allez vous blottir. Pensez aux rĂȘves agrĂ©ables dont vous vous souvenez ; cela aidera votre cerveau Ă  sortir de l’état de conscience Ă©veillĂ©e et facilitera la transition vers le monde des rĂȘves.

Si le sommeil demeure difficile, envisagez de prendre un somnifĂšre ou un tranquillisant. Les herbes mĂ©dicinales peuvent Ă©galement aider et de bons somnifĂšres Ă  base de plantes sont maintenant disponibles (voir plus loin le chapitre sur les thĂ©rapies alternatives). Une bonne nuit de sommeil est l’un des meilleurs remĂšdes qui soient. MĂȘme si vous n’arrivez pas Ă  dormir ou si vous vous rĂ©veillez tĂŽt, rester allongé·e dans le noir constitue tout de mĂȘme une forme de repos pour le corps et le cerveau. C’est certainement une bien meilleure idĂ©e que de se lever et de s’agiter dans tous les sens, en alarmant peut-ĂȘtre votre entourage.

Garder les pieds sur terre


La psychose est un Ă©tat de perception altĂ©rĂ© – qui diffĂšre de ce qui est considĂ©rĂ© comme normal. Gardez en tĂȘte cette diffĂ©rence et, si possible, essayez de fonctionner sur les deux niveaux en mĂȘme temps : le “normal” et celui qui est considĂ©rĂ© comme anormal. Il peut se passer beaucoup de choses Ă©tranges et impressionnantes en nous, malheureusement, on ne gagne pas grand-chose Ă  essayer de les dĂ©crire aux gens la plupart du temps. Il sera peut-ĂȘtre davantage bĂ©nĂ©fique de vous rĂ©fĂ©rer Ă  vos expĂ©riences de façon assez vague, avec des phrases toutes faites du type : “c’est trĂšs compliquĂ©” ou “c’est une longue histoire”, lorsqu’il s’agit d’expĂ©riences trĂšs inhabituelles ou difficiles Ă  imaginer pour les autres. Cependant, avoir quelqu’un·e en qui vous avez confiance Ă  qui parler peut ĂȘtre d’une trĂšs grande aide ; iel peut vous aider Ă  orienter vos idĂ©es de maniĂšre positive et Ă  calmer vos inquiĂ©tudes infondĂ©es.

Le monde est Ă©trange, c’est sĂ»r, mais ne sous-estimez jamais la capacitĂ© des gens Ă  ne mĂȘme pas remarquer ce qui peut vous sembler complĂštement Ă©vident. Tentez de garder Ă  tout moment un pied dans la rĂ©alitĂ© partagĂ©e par les autres, dans le “monde normal”. Cela vous permettra d’agir normalement Ă  leurs yeux et vous aidera aussi Ă  tempĂ©rer votre conception de ce qui se passe ; parfois nos tentatives e rationaliser ce que nous vivons peuvent s’égarer dans le domaine des croyances. Garder un Ɠil sur la rĂ©alitĂ© commune nous aide Ă  garder les pieds sur terre lorsque l’on navigue dans des eaux troubles.

Souvent, dans la psychose, nous avons un sentiment de grandeur, d’ĂȘtre Ă  l’étroit dans la vie quotidienne, que notre ĂȘtre dĂ©passe largement ses limites habituelles. Dans ces moments-lĂ , nous avons tendance Ă  nous identifier Ă  de grandes figures de nos cultures : le roi Arthur ou Buffy contre les vampires. Nous pouvons nous sentir si plein·es d’énergie vitale que nous assimiler Ă  de telles figures est la seule chose qui fasse sens pour nous. Essayez de garder un maximum de recul ; il existe un grand nombre d’archĂ©types diffĂ©rents auxquels nous pouvons nous identifier, notre personnalitĂ© est un peu comme les nombreuses facettes d’un diamant, une facette diffĂ©rente apparaĂźt au moment opportun, comme un·e comĂ©dien·ne entrant en scĂšne. Identifiez-vous Ă  une figure particuliĂšre aussi longtemps que vous trouverez cela utile ; cela peut ĂȘtre une grande source de force… Cependant, tĂąchez de prendre cela comme un jeu et n’oubliez pas qu’au fond vous restez simplement vous-mĂȘme.

Voix


Si vous entendez des voix, un bon moyen d’affronter cela est d’entrer dans une forme de dialogue ; traitez les voix de la mĂȘme façon que vous traiteriez quiconque vous parlerait dans la rue ; si elles sont grossiĂšres, dites-leur de partir. Si elles vous suggĂšrent de faire quelque chose, rappelez-vous que c’est juste une suggestion. Ne jamais considĂ©rer qu’une voix sait mieux que vous parce qu’elle a l’air de tomber du ciel. MĂȘme une voix apparemment utile peut ĂȘtre source de confusion si vous lui accordez trop d’attention ; gardez toujours Ă  l’esprit votre libertĂ© essentielle Ă  prendre vos propres dĂ©cisions.

Il vous semblera peut-ĂȘtre plus facile d’ignorer complĂštement vos voix ; il se peut que moins vous leur accordiez d’attention, moins les voix aient d’emprise sur vous. Toutefois, si vos voix sont trop fortes pour que cela soit possible, une forme de dialogue reste probablement la meilleure solution. DĂ©fendez-vous si vos voix sont nĂ©gatives. Rappelez-vous que de nombreuses personnes n’ayant jamais eu de problĂšmes de santĂ© mentale entendent des voix en permanence. Il est possible d’entrer dans une relation bĂ©nĂ©fique et harmonieuse avec vos voix ; demandez aux voix nĂ©gatives de dĂ©barrasser le plancher et des voix positives auront tendance Ă  apparaĂźtre.

Ça n’est pas la peine de leur parler Ă  voix haute ; il est plus prudent de faire en sorte que le dialogue reste intĂ©rieur. Vous aurez plus de chances d’éviter les ennuis de cette façon. Si vous ne pouvez pas vous empĂȘcher de leur parler Ă  voix haute et que vous n’ĂȘtes pas seul·e, une technique efficace consiste Ă  se munir d’un tĂ©lĂ©phone portable, vous attirerez moins l’attention si vous avez l’air de passer un coup de fil.

Retour aux habitudes

Si vous voulez Ă©viter l’hĂŽpital sur le long terme, il viendra forcĂ©ment un moment ou il sera nĂ©cessaire de reprendre le cours de votre vie et d’affronter le monde extĂ©rieur. Il est mĂȘme possible que vous n’ayez jamais eut la possibilitĂ© de vous en extraire, si vous ne disposez pas d’un refuge adĂ©quat ou si vous avez des obligations extĂ©rieures dont vous ne pouvez pas vraiment vous dĂ©faire. Cependant, que vous ayez Ă©tĂ© contraint·e d’aller Ă  l’hĂŽpital ou que vous ayez pu bĂ©nĂ©ficier d’une situation plus favorable, le chemin du rĂ©tablissement passe en grande partie par le fait de reprendre du pouvoir sur sa vie. Donnez-vous du temps, soyez doux·ce avec vous-mĂȘme, mais faire un simple petit trajet chaque jour, pour se rendre d’un point dĂ©fini Ă  un autre et revenir, sans se sentir perdu·e, peut dĂ©jĂ  merveilleusement contribuer Ă  vous renforcer mentalement.


Tenez compte de vos limites, mais n’ayez pas peur de vous lancer dans une plus longue marche, ou dans une virĂ©e shopping ou autre, quand vous serez prĂȘt·e. Vous vous sentirez peut-ĂȘtre plus en sĂ©curitĂ© en ayant sur vous de quoi Ă©couter de la musique, pour vous aider Ă  tempĂ©rer les Ă©ventuelles nuisances, au cas oĂč vous vous sentiriez encore vulnĂ©rable. Au bout d’un certain temps, cela ne sera probablement plus nĂ©cessaire, Ă  mesure que vous reprendrez de l’aplomb et parviendrez Ă  nouveau Ă  supporter certains commentaires non sollicitĂ©s ou les conversations entendues par hasard.

Ce principe, qui consiste Ă  rĂ©tablir progressivement nos capacitĂ©s, s’applique Ă  n’importe quelle activitĂ© et peut nous aider Ă  solidifier notre Ă©quilibre. Notre esprit peut ĂȘtre profondĂ©ment apaisĂ© par le fait de pouvoir s’ancrer Ă  certaines routines rassurantes.

Substances psychoactives


Les drogues rĂ©crĂ©atives qui altĂšrent la conscience existent depuis la nuit des temps, bien que les anciennes mĂ©thodes ritualisĂ©es de consommation soient aux antipodes des habitudes modernes. Quel que soit votre point de vue sur ces drogues, il est indĂ©niable que des gens en prennent, parfois de façon bĂ©nĂ©fique, bien que cela puisse fragiliser leur corps et leur esprit. Certaines personnes en prennent toute leur vie en ayant apparemment peu d’effets nĂ©fastes. D’autres peuvent finir hospitalisĂ©es aprĂšs avoir fumĂ© une petite quantitĂ© de cannabis. MĂȘme si vous n’avez jamais pris de drogues qui altĂšrent la conscience, vous devriez prendre connaissance des risques. Certaines personnes gagneraient Ă  Ă©viter toutes drogues – si vous avez des problĂšmes de santĂ© mentale, c’est probablement votre cas. Cependant, nous sommes tou·tes diffĂ©rent·es et certaines personnes considĂšrent au contraire que certaines substances les aident Ă  gĂ©rer leurs Ă©tats extrĂȘmes ou leur besoin de sommeil. Quoi qu’il en soit, notre santĂ© est notre responsabilitĂ© et ça vaut la peine d’évaluer avec prĂ©caution les effets de tout ce que nous dĂ©cidons de prendre ou non. Et si vous dĂ©cidez d’arrĂȘter totalement les drogues rĂ©crĂ©atives, rappelez-vous qu’une vie pleinement vĂ©cue peut ĂȘtre en soi euphorisante, c’est mĂȘme un potentiel dont la psychose nous aide Ă  prendre conscience.

Produits pharmaceutiques. Les mĂ©dicaments peuvent aussi bien ĂȘtre une bouĂ©e de sauvetage qu’un vĂ©ritable flĂ©au, selon votre situation, la façon dont ils vous sont prescrits ainsi que leurs effets sur vous. Il est cependant indĂ©niable qu’ils peuvent ĂȘtre utiles, voire totalement indispensables dans certains cas. Plus les pĂ©riodes de psychose sont extrĂȘmes et frĂ©quentes, plus le chemin vers le rĂ©tablissement est long. C’est pourquoi il peut ĂȘtre nĂ©cessaire d’envisager une dose relativement forte dans les premiĂšres Ă©tapes d’un Ă©pisode, afin d’éloigner vos problĂšmes avant qu’ils ne prennent trop d’ampleur et ainsi Ă©viter l’hospitalisation. Et si l’idĂ©e de devoir prendre des comprimĂ©es pendant quelques annĂ©es est difficilement supportable, sachez que certaines personnes fonctionnent en les prenant uniquement pendant une pĂ©riode critique et en les arrĂȘtant progressivement dĂšs qu’elles retrouvent une meilleure stabilitĂ© mentale. Certaines personnes considĂšrent que prendre des mĂ©dicaments pendant quelques mois, voire annĂ©es, leur a permis de prĂ©venir des problĂšmes qui autrement se seraient reproduits indĂ©finiment. D’autres estiment qu’ils ne sont que des bĂ©quilles Ă  utiliser en dernier recourt, pendant la plus courte durĂ©e possible. Quoi qu’il en soit, ne vous contentez pas de gĂ©nĂ©ralitĂ©s et essayez de vous renseigner le plus possible sur le fonctionnement et les effets des mĂ©dicaments que vous envisagez de prendre.

En fin de compte, tout le monde rĂ©agit diffĂ©remment selon le type et la puissance des substances psychotropes ainsi que la durĂ©e de leur usage. Sachez que certaines pratiques de soins alternatifs peuvent ĂȘtre des complĂ©ments utiles pour contribuer Ă  rĂ©tablir et maintenir une bonne santĂ© mentale et peuvent aussi aider Ă  crĂ©er les conditions pour que les mĂ©dicaments ne soient plus nĂ©cessaires.

Il est important d’essayer de trouver un·e mĂ©decin en qui vous avez confiance pour vous conseiller et vous prescrire les mĂ©dicaments appropriĂ©s, au moins le temps de trouver un mĂ©dicament ou une combinaison de mĂ©dicaments qui vous conviennent.

Résumé


Ça fait beaucoup d’informations ? Laissez-moi reprendre.

Accepter et reconnaĂźtre la situation. La psychose peut parfois ĂȘtre un Ă©tat extraordinaire, mais il est nĂ©cessaire de pouvoir garder un certain degrĂ© de mesure et d’équilibre. Anticipez les choses en rĂ©digeant un plan d’urgence et en prĂ©parant une trousse de soin de secours. Dressez une liste des signes avant-coureurs qui vous avertissent lorsque les choses deviennent incontrĂŽlables.

Refuge. Disposer d’un endroit sĂ»r est ce qui vous donnera le plus de chance de rĂ©ussir Ă  garder la tĂȘte froide. Trouvez un endroit paisible avec des personnes comprĂ©hensives et le minimum d’obligations, ou bien profitez au mieux de l’endroit oĂč vous vous trouvez en vous amĂ©nageant un espace cocon.

TranquillitĂ©. Essayez de cultiver une plus grande tranquillitĂ© d’esprit, Ă©vitez la tĂ©lĂ©vision et internet, concentrez-vous sur des choses agrĂ©ables. La musique peut-ĂȘtre d’une grande aide ou bien une stimulation Ă  Ă©viter, selon ses effets sur vous. Dites aux gens autour de vous que vous vous sentez trop sensible au cas oĂč iels ne prendraient

21pas assez de précautions dans leurs propos.

Dormir. Essayez d’établir un rythme de sommeil rĂ©gulier. DĂ©tendez-vous le soir ; de la musique calme et un Ă©clairage doux peuvent vous y aider. Envisagez de prendre une dose plus forte de mĂ©dicaments, des herbes mĂ©dicinales ou des somnifĂšres si le sommeil demeure difficile.

Garder les pieds sur terre. MalgrĂ© ce que vous traversez, essayez de garder un pied dans la « rĂ©alitĂ© sociale Â». TĂąchez de garder du recul sur les choses et de ne pas accorder trop d’importance Ă  une idĂ©e ou Ă  un symbole particulier.

Voix. Essayez d’entamer un dialogue interne avec vos voix quelles qu’elles soient. N’oubliez pas que vous avez le droit de prendre vos propres dĂ©cisions, mĂȘme face Ă  une voix qui semble bienveillante. Demandez aux voix nĂ©gatives de dĂ©barrasser le plancher et des voix positives auront tendance Ă  apparaĂźtre. Faites en sorte si possible que ce dialogue reste interne, sinon, munissez-vous d’un tĂ©lĂ©phone portable pour Ă©viter d’attirer l’attention si vous ĂȘtes en public.

Retour aux habitudes. Quand vous vous sentirez prĂȘt·e, commencez Ă  rĂ©tablir vos activitĂ©s extĂ©rieures, en commençant peut-ĂȘtre par une courte promenade quotidienne.

Substances psychoactives. Les drogues “rĂ©crĂ©atives” affectent les gens diffĂ©remment – si vous avez des problĂšmes de santĂ© mentale, il est gĂ©nĂ©ralement prĂ©fĂ©rable de ne jamais en consommer. Cependant, certaines personnes les considĂšrent comme un outil de gestion bĂ©nĂ©fique. Dans tous les cas, il est nĂ©cessaire d’évaluer avec honnĂȘtetĂ© leurs risques. Concernant les mĂ©dicaments psychiatriques, considĂ©rez au moins leur utilitĂ© pour sortir de l’état de crise. Les thĂ©rapies alternatives et les autres pratiques peuvent aider Ă  crĂ©er des conditions oĂč les mĂ©dicaments ne seront plus nĂ©cessaires (voir section suivante).

Voici quelques suggestions supplĂ©mentaires :

  • N’oubliez pas de bien manger ; la digestion d’un bon repas aide Ă  rĂ©duire l’énergie mentale.
  • Évitez les Ă©vĂ©nements importants ou trop excitants pendant un certain temps, comme les grandes fĂȘtes ou les rĂ©unions.
  • Reporter les dĂ©cisions importantes.
  • Si vous risquez de trop dĂ©penser, pensez Ă  confier votre carte bancaire et votre chĂ©quier Ă  un·e proche.
  • Faites des choses qui vous calment ; bouger lentement, parler lentement, penser lentement.
  • Si vous vous sentez trop enthousiaste, souvenez-vous de choses qui ne se sont pas si bien passĂ©es que ça. Essayez d’avoir en tĂȘte des affirmations qui permettent de vous ancrer telles que “Je ne suis qu’une personne parmi tant d’autres”.

Thérapies complémentaires


Le chapitre suivant contient des informations sur quelques thĂ©rapies complĂ©mentaires pouvant ĂȘtre utilisĂ©es pour aider Ă  retrouver un Ă©quilibre mental. Elles fonctionnent toutes davantage en tant que systĂšme d’autorĂ©gulation ; elles aident Ă  Ă©loigner les ennuis ou Ă  ce que la psychose ne rĂ©cidive plus une fois que vous ĂȘtes stabilisé·e. Mais elles peuvent aussi ĂȘtre d’une grande utilitĂ© en pĂ©riode de crise et peuvent nous aider Ă  repousser un Ă©pisode. Elles sont toutes prĂ©sentĂ©es ici Ă  titre de suggestions, il se peut que certaines vous parlent plus que d’autres ; il n’est absolument pas nĂ©cessaire de les essayer toutes. Elles fonctionnent toutes de maniĂšre diffĂ©rente en fonction des personnes, l’important est de trouver quelque chose qui fonctionne pour vous.

Herboristerie


L’utilisation des plantes pour leur valeur mĂ©dicinale est une pratique aussi vieille que l’humanitĂ©. Une grande partie de ces connaissances a survĂ©cu jusqu’à nos jours, ce qui signifie qu’un·e bon·ne herboriste est capable de s’appuyer sur un corpus de connaissances vieux de centaines, voire de milliers d’annĂ©es. Contrairement aux produits pharmaceutiques modernes, conçus pour traiter des maladies spĂ©cifiques, les plantes mĂ©dicinales agiront sur plusieurs domaines Ă  la fois, proposant une voie plus globale vers la santĂ©, travaillant Ă  un niveau plus profond et non en soulageant les symptĂŽmes d’un problĂšme isolĂ©.

Pour celleux qui ont des problĂšmes de santĂ© mentale, les plantes mĂ©dicinales peuvent au moins ĂȘtre un complĂ©ment utile aux mĂ©dicaments, Ă  dĂ©faut de pouvoir les remplacer entiĂšrement. Pour aider Ă  s’endormir, par exemple, les plantes peuvent ĂȘtre d’excellent secours ; elles sont moins susceptibles de crĂ©er une accoutumance et causeront beaucoup moins de dommages, si ce n’est aucun, au foie et aux reins. Elles sont Ă©galement meilleures pour favoriser le sommeil naturel, nous permettant d’atteindre les diffĂ©rents niveaux de sommeil dont nous avons besoin pour ĂȘtre complĂštement requinqué·es. Le sommeil fourni par les somnifĂšres de synthĂšse ne nous permet souvent pas d’atteindre ces niveaux. Les herbes sont Ă©galement trĂšs appropriĂ©es pour la santĂ© mentale car elles agissent Ă  la fois sur le plan physique et Ă©motionnel.

Voici une courte liste d’herbes qui pourraient ĂȘtre utiles. Il est gĂ©nĂ©ralement prĂ©fĂ©rable de consulter d’abord un·e herboriste professionnel·le, bien qu’avec le temps, vous saurez quelles herbes vous conviennent le mieux, ce qui vous permettra ensuite d’en faire la meilleure utilisation possible pour amĂ©liorer votre bien-ĂȘtre. Les herbes peuvent ĂȘtre prises sous forme d’infusion, de teintures et parfois sous forme de comprimĂ©s.

Camomille. Une plante apaisante et tranquillisante bien connue. Une tasse ou trois le soir constitue une bonne habitude pour favoriser le sommeil naturel. Également bonne contre l’agitation associĂ©e Ă  une miction frĂ©quente.

Houblon. Aide les mauvais·e dormeur·ses qui souffrent Ă©galement d’étourdissements, de nausĂ©es et de maux de tĂȘte. Aide en cas de vertiges et de nervositĂ© excessive.

ValĂ©riane. Une autre plante bien connue, trĂšs utile pour favoriser le sommeil et apaiser le systĂšme nerveux. Plus forte que la camomille, il est prĂ©fĂ©rable de suivre les conseils d’un·e herboriste car son interaction avec certains mĂ©dicaments peut s’avĂ©rer dangereuse. Il existe aussi de bons comprimĂ©s Ă  base de valĂ©riane.

Scutellaire. L’une des meilleures plantes pour apaiser la nervositĂ© que l’on connaisse. Conduit Ă  un sommeil calme et doux et utile pour les personnes qui connaissent des peurs irascibles, des rĂ©veils brusques et des terreurs nocturnes.

Lavande. Bon pour apaiser un cerveau hyperactif ; pour un bain de lavande, prendre une poignĂ©e de pointes de jeunes branches, faire bouillir pendant une dizaine de minutes, Ă©goutter et ajouter Ă  l’eau du bain. La mĂȘme dĂ©coction peut aussi ĂȘtre utilisĂ©e pour saupoudrer sur un oreiller avant de dormir.

Avoine. Bon pour le cerveau, aide Ă  lutter contre l’épuisement nerveux et Ă  garder l’esprit concentrĂ© sur un sujet Ă  la fois.

Passiflore. Mieux vaut suivre les conseils d’un·e herboriste. AmĂšne un sommeil rĂ©parateur pour les personnes agitĂ©es, qui dorment peu suite Ă  un Ă©puisement ou qui sont mentalement inquiĂštes et surmenĂ©es. Peut aussi augmenter l’effet d’autres plantes.

Huiles essentielles

Diffuser des huiles essentielles peut avoir un effet positif sur votre humeur et sur l’atmosphĂšre d’un espace donnĂ©. Si vous ne disposez pas de diffuseur, il est possible de dĂ©poser quelques gouttes d’huiles essentielles sur un mouchoir Ă  respirer rĂ©guliĂšrement ou d’utiliser des galets de diffusion trĂšs bon marchĂ©. Cependant, diffuser ou pulvĂ©riser des huiles essentielles n’assainit pas l’air mais peut au contraire le polluer en cas de trop forte concentration, il est donc souhaitable de bien aĂ©rer et d’éviter cette pratique en cas d’asthme ou d’allergies. Les huiles peuvent aussi ĂȘtre utilisĂ©es dans le bain, sur un oreiller, ou comme base de massage. Les informations gĂ©nĂ©rales sur les plantes s’appliquent Ă©galement Ă  l’effet et Ă  la nature des huiles, qui sont simplement des extraits de diverses parties de plantes et d’arbres.

Envisagez les huiles suivantes :

Fenouil. Donne force et courage dans les moments de détresse.

VĂ©tiver. Effet Ă©quilibrant sur le systĂšme nerveux central. PropriĂ©tĂ© apaisante, aide Ă  gĂ©rer l’épuisement mental et physique.

Encens (ou oliban). Une huile puissante qui aide à purifier l’esprit.

Les huiles qui ont un effet sĂ©datif sur le systĂšme nerveux central : Camomille, bergamote, santal, lavande, marjolaine douce, mĂ©lisse, houblon, valĂ©riane, citron.

Les tonifiants pour les nerfs, pour renforcer le systĂšme nerveux : Camomille, sauge sclarĂ©e, genĂ©vrier, lavande, marjolaine, romarin, thym doux, gĂ©ranium.

Les huiles qui sĂ©datent le systĂšme nerveux, mais ravivent l’esprit :

Bergamote, citron, mélisse.

Les huiles fonctionnent diffĂ©remment selon les personnes et les situations. Bien que ça puisse sembler improbable, choisir des huiles dont vous aimez l’odeur est encore ce qui donne les meilleurs rĂ©sultats.

Autres thérapies et pratiques


Peut-ĂȘtre apprĂ©cieriez-vous d’adopter une pratique Ă©quilibrante comme la mĂ©ditation, le Tai Chi ou le Yoga. Le mot ’’yoga’’ peut se traduire par ’’attacher ensemble les fils de l’esprit’’ alors que le Tai Chi aide Ă  dĂ©velopper un Ă©tat mental calme et alerte qui vous aidera Ă  rester concentré·e malgrĂ© les circonstances. La mĂ©diation peut simplement contribuer Ă  vous calmer, mais ses effets peuvent ĂȘtre Ă  la fois surprenants et profonds.

De façon gĂ©nĂ©rale, lorsque l’on ressent un trop-plein d’adrĂ©naline, un bon moyen de s’en dĂ©barrasser est de se dĂ©penser physiquement, en pratiquant l’activitĂ© physique de son choix.

La carence nutritionnelle est connue pour contribuer Ă  l’agitation mentale, en particulier en ce qui concerne les acides gras essentiels omĂ©ga. Il pourrait Ă©galement ĂȘtre judicieux d’arrĂȘter ou bien de rĂ©duire la consommation de stimulants comme la cafĂ©ine et l’alcool.


En fin de compte, la meilleure thĂ©rapie consiste Ă  bĂ©nĂ©ficier d’un environnement bienveillant et soutenant, que ce soit par l’intermĂ©diaire de la famille, des relations amicales ou amoureuses et nous devrions tou·tes tenter de favoriser une telle situation, pour nous-mĂȘmes et pour toutes les personnes qui nous entourent.

CONTACTS

REV – RĂ©seau français sur l’entente de voix : www.revfrance.org

NEPTUNE – Information, recherche, action et entraide sur les “maladies” psychiques : www.forumpsy.net

CRPA – Cercle de RĂ©flexion et de Propositions d’Actions sur la psychiatrie : www.psychiatrie.crpa.asso.fr

GIA – Groupe Information Asiles : groupeinfoasiles.org

LE PROJET ICARUS – rĂ©seau de soutien par et pour les personnes dont les maniĂšres d’expĂ©rimenter le monde sont souvent diagnostiquĂ©es comme des maladies mentales : www.icarus.poivron.org

ZINZIN ZINE – BoĂźte Ă  outils pour la lutte des psychiatrisĂ©Es :

www.zinzinzine.net




Source: Infokiosques.net