Le National Nurses United (NNU) a qualifié aujourd’hui le projet de la Cour suprême des États-Unis annulant l’arrêt Roe v. Wade [qui a ouvert le droit à l’avortement aux États-Unis en 1973], communiqué tard hier soir, de « menace déraisonnable pour la santé et la sécurité des femmes, en particulier les femmes à faible revenu et toutes les personnes en âge de procréer qui ont moins d’options pour exercer leurs droits reproductifs ».

« Les infirmières se joindront aux femmes et aux partisans de la justice de genre dans tout le pays pour s’opposer aux restrictions politiques, juridiques et patronales imposées aux services de santé des femmes, y compris le droit aux services relatif à la reproduction et autres services de planification familiale », a déclaré la présidente du NNU, Jean Ross.

« Le projet de décision de la Cour suprême dans l’affaire Dobbs v. Jackson Women’s Health Organization [en instance devant la Cour suprême des États-Unis concernant la constitutionnalité d’une loi de l’État du Mississippi de 2018 qui interdit les opérations d’avortement après les 15 premières semaines de grossesse], qui a fuité, ferait reculer un demi-siècle de droits acquis et serait particulièrement discriminatoire à l’égard des femmes de couleur à faible revenu », explique Jean Ross. « Nos patientes de couleur sont déjà confrontées à de profondes barrières systémiques pour accéder aux soins de santé, et elles subiraient maintenant les impacts les plus néfastes de cette interdiction, y compris les conséquences potentiellement mortelles d’une naissance forcée.

« Les infirmières connaissent parfaitement les conséquences des limitations de l’accès aux services de santé familiale, qui comprennent les dangers pour la santé liés aux grossesses non désirées ou à haut risque, à l’accès à la contraception et la calamité économique qui peut être imposée aux femmes et aux familles qui luttent déjà dans un pays où les disparités de revenus et de richesses sont massives » a déclaré Jean Ross.

« Un trop grand nombre d’entre elles sont également victimes de discrimination économique de la part de leurs employeurs pour avoir exercé ce qui devrait être un droit fondamental concernant leur santé, leur famille et leur avenir. L’interdiction des soins génésiques accélérerait également le scandale national que constituent les taux de mortalité maternelle et infantile scandaleusement élevés, en particulier pour les femmes de couleur, qui sont parmi les pires du monde développé.

« Cette possible décision, si elle est finalisée, intensifiera des décennies de terrorisme intérieur contre l’autodétermination des femmes concernant leur famille, ainsi que les fournisseurs et les praticiens de services de santé essentiels pour les femmes », a déclaré Jean Ross.

En outre, la décision en suspens « doit être considérée comme faisant partie de l’attaque plus importante de l’extrême droite contre les droits à la santé et à l’affirmation du genre dans ce pays, y compris les lois visant les jeunes trans et leurs familles, les attaques contre les personnes LBGTQ et l’interdiction homophobe du mot « gay » dans l’éducation », a déclaré Jean Ross.

« Dans les jours à venir, tous les défenseurs de la justice sexuelle, raciale et sociale doivent demander des comptes à nos dirigeants politiques et à nos employeurs pour cette attaque honteuse contre nos droits fondamentaux, et les infirmières seront à vos côtés », a conclu Jean Ross.

3 mai 2022

Le National Nurses United est le syndicat d’infirmières et d’infirmiers le plus important et celui qui connaît la croissance la plus rapide aux États-Unis, avec plus de 175 000 membres dans tout le pays.

Traduction Patrick Le Tréhondat




Source: Laboursolidarity.org