Cette nouvelle chronique se veut un espace créatif libre et anarchiste. Il peut donc accueillir tout ce qui touche l’art, que ce soit des poèmes, des textes longs, des dessins, des peintures, etc. Nous avons choisi de ne pas imposer de date de tombée puisque nous voulons notre art le plus libre possible. Donc sentez vous libre de soumettre vos créations au collectif par email ou par facebook et ce, lorsque vous aurez quelque chose à soumettre. Les créations à thématiques militantes seront ensuite publiées dans les plus bref délais. Créons ensemble de nouvelles possibilités et de nouvelles façon de voir notre monde. Love and rage !

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Ce texte a été présenté lors de l’ouverture de l’ESL (Espace Social Libre)

La danse des mouches à fruit

Te souviens tu de ces moments où nos corps tombaient dans l’inertie
Ensevelis sous nos paupières qui ne laissait filtrer le jour
Ton odeur emplissait l’espace de ces instants si précieux
C’était 2015

Je sais ce que tu goûtes, mais je ne sais même pas où tu vis
Qu’est-ce que tu mets sur tes toast ?
Est-ce que tu aimes ca, toi aussi, quand la pluie tombe sur la tôle ?
Quelles sont tes aspirations secrètes, tes souhaits inavoués ?
Pratiques-tu un sport ?
Où te vois tu, dans 10 ans ?

Le temps passe trop vite
J’ai même pas eu le temps de faire le bilan
que 2016 rentrait sans avertissement, avec ses grosses bottes sales
Bonjour ? Non mais le minimum, c’est de se présenter
De savoir c’est quoi le nom de l’autre

Au final, 2016 ressemblait déjà pas mal à 2016
Même éclairage de néon d’école, celui qui pique quand tu le fixes trop longtemps
Même odeur, la tienne, qui flottait de façon peu subtile dans l’air
J’en avais marre. De nos vas et vient qui manquaient de rythme
De la pression que nos épaules ne pouvaient plus supporter
J’avais envie de mieux
De quelque chose qui ne réduirait pas mes larmes en sable
Comment contempler ce futur qui ne menait qu’à toi ?
J’avais envie d’arracher la tapisserie rose fleurie du bout des doigts

J’avais beau essayer de t’éviter, tu revenais toujours
Comme une petite criss de mouche à fruit qui te passe sous le nez
et que tu n’arrives pas à freiner
J’étais ton néon, tu te frappais à moi de petits coups vifs, bien calculés
J’avais beau essayer de t’écraser de mes deux paumes
tu continuais ta danse comme si je n’existais pas

Maintenant, ces moments seront les nôtres
Nous prendrons le temps de les caresser et de s’étendre auprès d’eux
Nous les gonflerons de plaisir en espérant qu’ils n’éclatent pas trop fort, le matin venu
Ils seront nos souvenirs en devenir
C’est 2016