Mai 25, 2021
Par Partage Noir
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En Argentine, Malatesta avait rencontrĂ© des Italiens et des Espagnols, communistes comme lui-mĂȘme, ainsi que des collectivistes ; il rentra en Europe en 1889 et fit immĂ©diatement preuve d’une grande activitĂ© ; il exposa ses plans dans les plus beaux documents anarchistes de l’époque, dans l’Appel de Nice (IX, 1889, en italien et en espagnol), dans le programme de son Associazione journal de Nice et de Londres (10. X. 89 Ă  23. I. 90) ; il essaya de reconstituer l’Internationale sous forme d’un parti international socialo-anarchisto-rĂ©volutionnaire, effort que les anti-organisateurs rĂ©ussirent Ă  frustrer comme ils avaient dĂ©jĂ  rendu impossible l’Internationale qui devait sortir du CongrĂšs de Londres en 1881. De mĂȘme, son effort de former un parti d’action en Italie (CongrĂšs de Capolago, I. 91 ; mouvement du 1er mai 90 Ă  Paris) fut rendu stĂ©rile. A cette derniĂšre date, il Ă©tait prĂȘt Ă  se battre ; puis de Paris, il se rendit en Italie qu’il parcourut pour coordonner de nouvelles forces, il passa ensuite en Espagne (XI. 91 Ă  L 92) pour prĂ©parer un 1er mai de grĂšve gĂ©nĂ©rale et de combat pour 92 (la rĂ©volte agraire et locale de Jerez de la Frontera dĂ©rangea ces plans et le refoula en Angleterre) ; il observait les occasions qui pourraient aboutir Ă  une grĂšve gĂ©nĂ©rale politique en Belgique en 93 ; il se tenait prĂȘt en Italie quand la rĂ©volte, partant de la Sicile, fut sur le point d’éclater durant l’hiver 1893-94 ; mais toutes ces tentatives furent vaines. Partout, oĂč il mettait la main Ă  la pĂąte, les anti-organisateurs poussaient des hauts cris, se prĂ©tendaient violentĂ©s et Ă©taient fiers comme des triomphateurs quand ils avaient fait Ă©chouer un nouveau projet de Malatesta pour coordonner les Ă©lĂ©ments anarchistes et rĂ©volutionnaires. Il proposa de nouveau une Federazione internazionale fra socialisti anarchici-revoluzionari en II. 95, et je ne pense pas que ç’ait Ă©tĂ© lĂ  son dernier effort de ce genre.

Ne rencontrant pas de vrais Ă©lĂ©ments prĂȘts Ă  l’action collective, il ne nĂ©gligea ni de stimuler l’action syndicaliste caractĂ©risĂ©e — tĂ©moin son effort avec Fernand Pelloutier, A. Hamon, Cornelissen et des camarades espagnols (j’ai pu tout rĂ©cemment consulter des documents qui se rapportent Ă  ce mouvement) — pour organiser l’opposition anti-parlementaire et syndicaliste aux Marxistes du CongrĂšs socialiste international de Londres en 96, pour faire Ă  nouveau une large propagande anarchiste en Italie. Il se fixa Ă  AncĂŽne, d’abord secrĂštement, et rĂ©digea L’Agitazione, hebdomadaire (14-III-97 au 17-I-98, jour oĂč il fut arrĂȘtĂ©). CondamnĂ© en avril, il fut dĂ©portĂ© Ă  Ustica, puis Ă  Lampedusa, mais, durant une tempĂȘte, il s’évada avec quatre camarades, et nous le retrouvons Ă  Londres en mai 99, d’oĂč il se rendit bientĂŽt aux États-Unis.

De cette Ă©poque date sa brochure clandestine : Contro la Monarchia. A partir de septembre, il rĂ©dige La Questione sociale de Paterson, New-Jersey, et parcourt le pays en faisant des confĂ©rences dans tous les milieux italiens (un camarade d’opinion diffĂ©rente exprima son dĂ©saccord en tirant sur lui un coup de feu). Je crois que les pĂ©riodiques italiens de Londres, Cause ed Effetti (IX, 1900, un numĂ©ro), L’Internazionale (12-I-01 au 5 V, 4 n°), La Revoluzione sociale (4-X-02, 9 n°) correspondent Ă  son point de vue. De mĂȘme il rĂ©suma alors ses idĂ©es dans II nostro programma, d’abord publiĂ© Ă  Paterson en 03 (31 pages, in-16°). Il est Ă  peine utile de rappeler ses fameuses brochures : Entre Paysans et autres, dont la premiĂšre parut en IX 84. Elles furent traduites dans toutes les langues et corrigĂ©es et augmentĂ©es Ă  diffĂ©rentes reprises, de sorte que les multiples versions ne prĂ©sentent que rarement un type vraiment dĂ©finitif. Rappelons encore les brochures de 1890-91 (Londres) : La politica partementare nel movimento socialista, In tempo di elezioni, L’Anarchia, III 91, et Un peu de thĂ©orie, tirĂ© de l’En-dehors, numĂ©ro du 21- VIII-92 ; une polĂ©mique avec Émile Henry, Bruxelles, 1899.

Nous retrouvons Malatesta en pleine vigueur au CongrĂšs anarchiste international tenu Ă  Amsterdam en 1907. Il y eut une explication avec les adhĂ©rents du Syndicalisme se suffisant Ă  lui-mĂȘme, contre lesquels il dĂ©fendait l’organisation ouvriĂšre inspirĂ©e de l’idĂ©e et de la volontĂ© libertaires et rĂ©volutionnaires. Ce CongrĂšs fonda une nouvelle Internationale que Malatesta salua avec beaucoup d’espoir et dans le bureau de laquelle il fut un des plus actifs, comme il avait Ă©tĂ© l’ñme du bureau de 1881-82. Mais placĂ© entre les anti-organisateurs et les syndicalistes purs, cette Internationale anarchiste n’eut qu’une existence nominale, et la guerre empĂȘcha tout effort de la ressusciter par un nouveau CongrĂšs qui aurait dĂ» avoir lieu Ă  Londres. D’Amsterdam, Malatesta se rendit Ă  Anvers oĂč les ouvriers du port Ă©taient en grĂšve violente. Il prit ensuite part Ă  une rĂ©union anti-militariste tenue Ă  Amsterdam.




Source: Partage-noir.fr