Avril 18, 2022
Par Lundi matin
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Errance Ă  Kiyv

Le texte qui suit a Ă©tĂ© rĂ©digĂ© Ă  partir de notes prises entre fin mars et dĂ©but avril, aprĂšs une livraison de matĂ©riel Ă  Kiyv (voir l’article). À ce moment-lĂ , les troupes russes Ă©taient aux abords de la capitale ukrainienne sans parvenir Ă  y pĂ©nĂ©trer. Elles se sont repliĂ©es depuis pour se concentrer dans le Donbass.

Le lendemain de la livraison de l’ambulance, Liet et moi-mĂȘme dĂ©cidons de ne pas repartir directement dans les Carpates. SergueĂŻ y retourne dans une semaine et en attendant nous dĂ©couvrirons avec lui comment, depuis ses activitĂ©s d’avant guerre, il met en place un rĂ©seau de solidaritĂ© (voir, ci-dessous, l’entretien rĂ©alisĂ© avec SergueĂŻ). Ces quelques jours d’immersion nous permettront de mieux comprendre comment la vie fraie son chemin dans une ville Ă  moitiĂ© assiĂ©gĂ©e.

Nous avons donc Ă©grenĂ©s les kilomĂštres pendant cinq jours en voiture entre la maison de SergueĂŻ dans le petit village de Rozhivka et l’immensitĂ© de Kiyv.

1) Un jour, entre samedi 26 au soir et mardi 29 mars. Une vingtaine de kilomĂštres au nord de Kiyv, chez SergueĂŻ, Ă  Rozhivska. PremiĂšres impressions.

Au pied des derniers buildings commencent des plaines vides, fin de la capitale. 

BallotĂ©, j’écris dans mon carnet en lettres minuscules.

Villages fantÎmes, lumiÚres éteintes, maisons cloßtrées,

L’armĂ©e russe n’est pas loin.

Le bruit de roulement trahit le silence, l’auto glisse dans la nuit.

On se déplace avec des frontales dans la maison.

On n’entend pas la guerre (pour l’instant), contrairement à Kiyv, mais le vent qui agite les pins sylvestres.

Le sol est sableux, on se croirait dans les Landes.

DrĂŽle d’ambiance dans cette maison neuve parachutĂ©e lĂ  comme un parpaing sur une plage dĂ©serte.


MalgrĂ© moi, mes sens cherchent en vain l’ocĂ©an.


Stop ! Mines

À trois kilomĂštres Ă  l’est se trouve le village de Skybyn au nord de Brovary, qui est au nord de Kiyv. AprĂšs ce village se trouve le no man’s land qui prĂ©cĂšde les positions de l’armĂ©e russe.

C’est ici qu’une colonne de plusieurs dizaines de tanks se sont fait mettre en dĂ©route par une embuscade ukrainienne dĂšs le dĂ©but de l’invasion.

Un petit oligarque de Brovary, ami de SergueĂŻ, possĂšde une importante production de tomates et de concombres hors-sol, ses 38 hectares de serres sont Ă  l’arrĂȘt depuis le dĂ©but de la guerre.

Les millions de plants de tomates abandonnés à leur sort se dessÚchent lentement.

Les bombardements sont trop proches, impossible d’assurer la sĂ©curitĂ© des 600 employĂ©s.





Les quartiers autour sont presque déserts, la majorité des habitants ayant décidé de quitter la zone.

Notre petit oligarque reste ici avec deux amis à lui dans cette villa esthétiquement digne de celle de Tony Montana, en bien plus modeste. Il vend des tomates et des concombres, pas de la cocaïne.

Les femmes et les enfants des trois hommes sont partis se réfugier ailleurs, alors ils dorment dans des lits de camps dans la cave sous la cuisine, entre potes.

Mines patibulaires, jogging noir, gros bidons, bagouses et chaĂźnes en or. Leur look de mafieux tout droit sorti d’un film de Scorsese contraste bien avec leur bonhommie enfantine et leur goĂ»t pour les papouilles avec le chat de la maison.

Dans le jardin, flotte fiĂšrement un gros drapeau ukrainien, comme un avertissement donnĂ© aux Ă©ventuels militaires russes qui oseraient s’aventurer dans le coin.

Une bible est exposée sur un meuble pompeux au milieu des icÎnes orthodoxes, la protection de Dieu semble insuffisante pour se défendre.

De chaque cĂŽtĂ© du front, on prie pour sa protection, on pourrait ĂȘtre tentĂ© d’y voir un certain paradoxe.

On nous montre une collection de sabres et un mossine, fusil soviétique emblématique de la Seconde Guerre mondiale.

Ça ne suffira pas non plus.

Leur assurance et les sous-entendus nous font comprendre qu’ils ont ce qu’il faut.


Ils sont prĂȘts Ă  mourir ici en hĂ©ros.

Puis ils décident de nous emmener aux derniÚres positions de la Défense territoriale, trÚs proches de la ligne de front.

En quelques minutes on est au bout d’une voie express parsemĂ©e de hĂ©rissons tchĂšques en fer [1], de longrines en bĂ©ton et de dĂ©bris divers.


C’est un axe stratĂ©gique car il permet d’aller tout droit dans le centre de Kiyv en venant du nord-est.


Hommage Ă  la « Centurie cĂ©leste Â», la centaine de militants morts dans les combats Ă  MaĂŻdan

Nous arrivons au pied d’une voie ferrĂ©e surĂ©levĂ©e, oĂč nous sommes accueillis par quelques membres d’un bataillon. L’adrĂ©naline et la tension sont palpables.

Ils nous distribuent des chocolats avant de nous emmener dans un van noir vers les postes avancés.

Nous finissons Ă  pied, zigzaguant entre les mines anti-chars.

Au loin nous apparaissent les tanks russes, immobiles devant une usine coca-cola.

Deux nuances de rouge.

Les empires se cĂŽtoient.

Chargé de sable, le vent, encore lui, ponce nos visages et balaie la route.

Sec et froid, dans la dramaturgie il joue son rĂŽle Ă  merveille.

Il souffle oĂč il veut et chaque soldat est un condamnĂ© Ă  mort.

Un jeune russe gĂźt lĂ  dans son uniforme.

Débris humain parmi les débris de tanks et de maisons explosées.

ÉpargnĂ©es par les missiles Ă  sous munitions, certaines sont encore habitĂ©es.





Un horizon plein de promesses

2) Un autre jour. Mes notes en vrac zigzaguent entre les arrĂȘts nombreux, les checkpoints et les nids de poules.

De retour dans les rues de Kiyv, je mets plus de temps Ă  diffĂ©rencier le dĂ©labrement ordinaire des stigmates de la guerre qu’à distinguer le bruit de l’explosion d’un missile russe d’un tir de missile de dĂ©fense anti-aĂ©rien.





Comment c’est possible que d’aussi loin ça fasse trembler toute la ville ?

Le regard aussi s’affine, dans les nombreux checkpoints on distinguera ceux tenus par l’armĂ©e rĂ©guliĂšre de ceux des bataillons de volontaires.

Des subtilités dans les équipements, les attitudes et les comportements.

D’un certain point de vue, le front n’est qu’un petit bout de la guerre, une sorte de mirage oĂč ça tire en rafales.

Un jeu entre présence et absence.

Absence de ses enfants et de sa femme dans la maison de SergueĂŻ, de toute la famille dans les appartements de ses amis, oĂč tout montre qu’ils ont Ă©tĂ© quittĂ©s Ă  la hĂąte.

Brovary, Skybin, Butcha, Marioupol, Kharkiv, Kramatorsk


Le nom des villes m’apparaissent à mesure qu’elles se font bombarder.

Entretien avec SergueĂŻ

SergeĂŻ fait partie de la diversitĂ© de gens que l’on peut rencontrer Ă  Zeleni haĂŻ, dans l’une ou l’autre des deux maisons de la coopĂ©rative de Longo MaĂŻ [2] en Ukraine. L’entretien est un bricolage fait Ă  partir des discussions que nous avons eues durant deux voyages rĂ©alisĂ©s ensemble. D’abord la livraison d’une ambulance Ă  un bataillon de paramĂ©dics Ă  Kiyv (voir le rĂ©cit de ce voyage, Ă©galement publiĂ© sur Lundimatin par ici et ensuite la livraison de matĂ©riel et de nourriture Ă  Zaporijia.

Étant donnĂ© le large manque de maĂźtrise de l’anglais qui fĂ»t, en dehors de la communication non verbale et des silences qui en disent long, notre seul moyen de communiquer, il se peut que tout ce qui est Ă©crit-lĂ  soit totalement faux et que l’amitiĂ© qui est nĂ©e de ces moments partagĂ©s soit un pur malentendu. Bonne lecture.


Comment est-tu arrivĂ© Ă  Zeleni haĂŻ (ferme de Longo MaĂŻ en ukraine) ?
Je connais Vladimir [3] qui possĂšde un HĂŽtel dans le parc de Svydovets depuis longtemps et il connait Longo MaĂŻ par le biais de la lutte Free Svydovets [4].

Je suis arrivĂ© pour la premiĂšre fois Ă  Zeleni haĂŻ 7 jours aprĂšs le dĂ©but de l’invasion Russe, c’était pour faire passer la frontiĂšre Ă  ma famille. Ensuite on m’a demandĂ© si je pouvais aider nottament pour les transferts de rĂ©fugiĂ©s.

OĂč sont les autres membres de ta famille ?
À Dortmund en Allemagne. Ma femme voulait partir avant le dĂ©but de l’attaque car elle Ă©tait sĂ»re que ça craignait mais je n’y croyais pas [comme la plupart des ukrainiens rencontrĂ© NDLR]. Quand l’invasion a commencĂ©e nous avons dĂ©cidĂ© de ne pas partir dans la panique en mĂȘme temps que des millions de personnes.
Donc ma femme, nos deux enfants, LĂ©a et Lukas, sont chez des amis lĂ -bas [Ă  Dortmund] maintenant.
Quand est-ce que vous imaginez un retour ?
Pour l’instant, je pense que la guerre va continuer et ça m’étonnerait qu’il soit possible qu’ils reviennent avant l’annĂ©e prochaine, dĂ©but 2023.
Qu’est-ce que tu avais comme activitĂ© avant la guerre ?
En temps normal, j’ai plusieurs activitĂ©s. Je suis consultant dans la promotion immobiliĂšre, j’organise des sĂ©jours sportifs et je dirige une petite boulangerie industrielle solidaire d’une vingtaine d’employĂ©s, un cafĂ© social et j’étais en cours d’ouverture de mon propre bar.

La boulangerie et le cafĂ© social sont des projets sociaux Ă  la base, mon ami et ex-collĂšgue qui dirige Zeelandia [5] (je ne travaille plus lĂ -bas) a un fils trisomique et il a dĂ©cidĂ© de crĂ©er une dynamique qui permet leur intĂ©gration. Dans la boulangerie comme dans le cafĂ© social l’idĂ©e est de leur donner l’occasion d’ĂȘtre confrontĂ©s Ă  la vie en sociĂ©tĂ© pour Ă©ventuellemnt pouvoir devenir autonomes par la suite.

La boulangerie s’appelle 21.3, 21 pour la trisomie vingt et un et 3 comme les trois Ă©tapes pour une intĂ©gration sociale : 1) dĂ©couverte/immersion/familliarisation dans un milieu mixte, 2) intĂ©gration au travail et 3) autonomie.


Zeelandia

Que deviennent toutes ces activitĂ©s depuis que l’invasion a commencĂ© ?
Mes activitĂ©s de consulting et d’organisation de sĂ©jours sportifs sont Ă  l’arrĂȘt complet. Le cafĂ© n’a pas eu le temps d’ouvrir mais j’ai dĂ©cidĂ© de le transformer, d’ici quelques jours, en point de distribution de denrĂ©es alimentaires et autres si besoin, de plats chauds gratuits et de lieu de partage et d’échange.

Pour la boulangerie, tous les travailleurs sont des volontaires bĂ©nĂ©voles Ă  part une cheffe dont la production dĂ©pend. Au debut de la guerre il n’y avait que 2/3 volontaires au lieu de 16 employĂ©s en temps normal et maintenant il y en a une dizaine. Beaucoup de gens veulent aider d’une maniĂšre ou d’une autre. Mon ami de Zeelandia essaie de trouver des fonds pour essayer de payer tout le monde au moins partiellement.


La boulangerie vue e l’extĂ©rieur

Actuellement nous produisons 1300 pains de 400g deux fois par jour et des gĂąteaux.

La distribution se fait essentiellement au cafĂ© social avec de la soupe, 270 par jours, mais aussi aux checkpoints dans une clinique de Brovary. À la boulangerie, les riverains peuvent venir se servir Ă  heures fixes.







Préparation et distribution de pain

Tout est distribué gratuitement.

Il y a d’autres points de distribution dans la ville comme Ă  Druzy Christa, une Ă©glise Ă©vangeliste oĂč nous sommes allĂ©s ensemble mais je pense qu’il faut multiplier les points de distribution pour que ça soit accessible pour les gens qui ne peuvent pas forcĂ©ment se dĂ©placer facilement. Surtout avec les checkpoints, le maintient partiel et alĂ©atoire des transports en commun ainsi que les couvres-feux.

On ne sait pas de quoi sera fait demain mais pour l’instant c’est calme Ă  Kiyv mĂȘme si ça bombarde au loin. Par contre, autour de Marioupol et du Donbass beaucoup de gens sont dans le besoin et avec la possibilitĂ© de corridor d’évacuation, ça va augmenter. Avec l’aide de Longo je pense que ça serait intĂ©ressant de faire quelque chose lĂ -bas sur le mĂȘme modĂšle qu’ici mais il faut aller voir d’abord.

Ok je vois bien l’idĂ©e de l’aide et la solidaritĂ© mais concrĂštement ça coĂ»te des sous tout ça, comment tu fais pour faire face aux charges alors que tout est distribuĂ© gratuitement ?

DĂ©ja il faut savoir que pour moi, c’est impossible d’imaginer faire de l’argent pendant la guerre. Les gens sont dans le besoin et la question c’est : comment aider quand on peut ? Et pas “comment faire du profit” ?

L’entreprenariat ça pourra reprendre aprùs, en temps voulu.

Pour la boulangerie, je m’occupe de trouver de l’argent pour payer les charges de l’atelier mais mon ami qui est PDG de Zeelandia Ă  Brovary fournit tous les ingrĂ©dients gratuitement, il se dĂ©brouille pour avoir des dons pour financer les pertes mais je ne m’occupe pas de ça donc je ne sais pas exactement comment ils fonctionnent. Pour le reste, les travailleurs sont bĂ©nĂ©voles comme je l’ai dĂ©ja dit. Le cafĂ© social est aussi subventionnĂ©, des personnes s’occupent de trouver des fonds.

Pour mon cafĂ© j’utilise mes fonds personnels et quand je fais les aller-retours dans les Carpates et que j’emmĂšne du monde aussi. Je fais jouer mes relations aussi pour avoir des dons en matĂ©riel et du soutien technique.

En fait, le gros secteur de dĂ©pense pour moi c’est l’essence et la voiture, le reste c’est presque rien, surtout que je suis toujours invitĂ© Ă  manger ailleurs que chez moi.

Je peux citer mon ami Andrii aussi, il est traiteur et actuellement il fournit 300 Ă  1000 repas par jours gratuitement pour la police et la dĂ©fense territoriale qui sont sur les checkpoints : les autoritĂ©s locales lui fournissent les ingrĂ©dients et lui il travaille gratuitement.

Mais j’imagine qu’il a un contrat qui lui permettra par la suite de conserver cette clientĂšle-la non ?
Non, il n’a qu’un contrat ponctuel, quand une situation normale reviendra, il y aura des appels d’offre pour ces marchĂ©s.
Et ça ne vous inquiĂšte pas que par la suite, des entreprises qui participent peu, voire pas du tout Ă  l’effort de guerre comme vous le faites, rĂ©cupĂšrent les marchĂ©s ? Parce qu’on voit qu’il y a un gros effort de votre part et ça pourrait ĂȘtre normal qu’il y ait une forme de reconnaissance en temps voulu non ?
Tu sais, c’est pas la premiĂšre fois que le pays est en crise et on est habituĂ©s Ă  l’idĂ©e qu’il faut parfois repartir de zĂ©ro ou presque.

Peut-ĂȘtre qu’aprĂšs la guerre il y aura un genre de “plan Marshall”, peut-ĂȘtre pas, peut-ĂȘtre qu’on en profitera un peu ou peut-ĂȘtre que ce sont des grosses multinationales qui empocheront les aides et les marchĂ©s…

Ceux qui profitent de la guerre, c’est leur affaire ; nous, on n’attend pas de reconnaissance, on sait pourquoi on le fait.


L’intĂ©rieur de la boulangerie

Qu’est-ce que font les autoritĂ©s locales ou l’État pour aider la population ?
Comme tu as pu le voir, dans les Ă©glises Ă©vangĂ©listes oĂč nous sommes passĂ© (Ă  KhmelnytskyĂŻ et Kiyv) il y a beaucoup d’accueil de familles, de stockage et de distribution de nourriture et produits de base. T’as vu aussi que tout le monde se moque bien de porter des masques et les normes ne sont Ă©videmment pas respectĂ©es. On peut alors considĂ©rer que le fait que les autoritĂ©s ne nous entravent pas c’est dĂ©ja une forme de soutien.

À Brovary, des bĂ©nĂ©voles ont organisĂ© un lieu de stockage et de distribution dans la salle de sport. Et puis un jour, le maire a dĂ©cidĂ© de reprendre ça sous la direction de la mairie en communiquant sur le fait que c’était une de leur initiative…

Il faut savoir que pour certains Ă©lus, c’est une opportunitĂ© facile pour demander des budgets additionnels.

Dans un des villages oĂč nous sommes allĂ©s ensemble par exemple, 80% des denrĂ©es gĂ©rĂ©es par la commune, personne ne sait oĂč elles vont.

Je prĂ©fĂšre participer et organiser des rĂ©seaux depuis des connaisssances dĂ©ja Ă©tablies ou qui s’établissent de proche en proche, de personne de confiance en personne de confiance.

Et puis ces rĂ©seaux-lĂ , en cas de nouvelle crise, de nouveau problĂšme, on peut se dire qu’ils seront de nouveau mobilisables.

Mais Ă  Kiyv le maire est plus progressiste et les rĂ©seaux de volontaires sont assez consĂ©quents, ça Ă  l’air de se passer diffĂ©rement.

Tu penses que c’est quoi la proportion d’aide qui est assumĂ©e par les citoyens et celle assumĂ©e par les autoritĂ©s locales ?
Je peux parler uniquement pour le district de Brovary mais je dirais que l’aide et la solidaritĂ© sont assurĂ©es Ă  85% par les citoyens.

Le maire a mis beaucoup de temps Ă  se rĂ©veiller, entre 10 et 12 jours avant de faire quoi que ce soit : tout le monde se demandait oĂč il se cachait. Alors que les volontaires ont rĂ©agit trĂšs rapidement.

Pour ce qui est de l’État, je trouve que la rĂ©action militaire Ă  Ă©tĂ© plus qu’à la hauteur et que lĂ -dessus Zelensky a Ă©tĂ© efficace.

Pour ce qui est de l’aide et la solidaritĂ©, c’est le peuple qui Ă  Ă©tĂ© trĂšs fort.

Est-ce que tu as pensĂ© Ă  t’engager dans l’armĂ©e, ou les dĂ©fenses territoriales ?
J’y ai pensĂ© mais je suis convaincu que je suis plus compĂ©tent Ă  l’arriĂšre qu’au combat, domaine dans lequel je n’ai aucune expĂ©rience. La boulangerie, le cafĂ©, le cafĂ© social sont utiles, d’ailleurs c’est officiellement considĂ©rĂ© comme d’utilitĂ© publique dans le cadre de la guerre. GrĂące Ă  ça, j’ai une dispense de mobilisation. Cependant, j’ai quand mĂȘme pris conscience aprĂšs l’annexion de la CrimĂ©e et le dĂ©but de la guerre dans le Donbass qu’il fallait prendre les choses au sĂ©rieux, j’ai donc dĂ©cidĂ© de faire une formation succinte autour des savoirs-faire paramĂ©dicaux dans le bataillon Asap Rescue [6] et j’ai aussi fait une formation au maniement des armes Ă  feu pendant six mois (un Ă  deux jours par semaine) dans un organisme privĂ©. Bref, prendre les armes, je suis prĂȘt Ă  le faire mais ça voudrait dire que la guerre est gĂ©nĂ©ralisĂ©e et mĂȘme si je m’engage, je ferai en sorte d’ĂȘtre ambulancier.

Ce qui est certain par contre c’est que si le pays est annexĂ© Ă  la Russie je prĂ©fĂšre l’exil.


Quelque part dans Brovary




Source: Lundi.am