Juillet 17, 2021
Par Rebellyon
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Lundi, les annonces son tombées : obligation vaccinale pour les soignants, troisième dose pour les vaccinés du début d’année, campagnes de vaccinations pour les collégiens et lycéens, couvre-feu en Martinique et en Réunion, tests PCR payants et, cerise sur le gâteau, vérification du « statut vaccinal » pour accéder à la plupart des lieux de vie publics. Dans les prochains mois, on risque de basculer bon gré mal gré dans le monde d’après, pass sanitaire à l’appui.

Ça va ressembler à un témoignage à la première personne, un genre un peu embarrassant, mais c’est bien le propre de ce genre d’opérations politiques : parachèvement historique de la société du contrôle, du monde cybernétique et de la smart city, qui nous assigne à notre misérable condition individuelle.

Nous y voilà rendu : pas d’obligation vaccinale mais il faudra être muni de notre précieux pass sanitaire pour aller dépenser nos maigres économies au supermarché, nous brancher sur les flux culturels au cinoche ou dans une salle de concert officielle, travailler dans le secteur médical, se transporter en avion, en TGV ou en car, entretenir la machine au club de sport. « On ne vous oblige à rien, vous faites bien comme vous voulez, mais si vous faites le mauvais choix, la vie va être beaucoup plus désagréable ».

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On rejoint enfin cet « apartheid » soft qui voit les smart people accéder de plein droit à la société et les loosers (sans téléphone intelligent, suspecté d’être des arriérés, des tarés complotistes, des réactionnaires irresponsables, des empoisonneurs de puits ou de fontaines) glisser irrémédiablement dans les marges. Question politique cruciale : comment les peupler ?

J’ai eu le covid, coup de bol sans grand dommage. Je n’avais rien contre le principe de la vaccination, je ne crois pas qu’on va mêler mon ADN à celui du reptilien Bill Gates à chaque injection. Mais je refuserai cette déportation forcée dans le monde d’après. Parce que le virus, comme particule mortelle et vivante saccagera toujours moins de vie que la grande machine capitaliste qu’on nous force à soutenir en finançant de manière pléthorique ses secteurs les plus dynamiques (industrie pharmaceutique, secteurs du contrôle, des nouvelles technologies du tracking, et autres petits gadgets forcément plus malins que nous). Parce que j’aime pas accourir quand Macron me siffle à la télé. Parce que j’aime pas remplir des attestations.

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J’espère que tous les gens jetés à côté de ce monde-là donneront corps à des géographies rebelles, dans tous les interstices, juste à côté des passages obligés ; hors des centres commerciaux, dans des espaces hors cadre, etc. Maigre espoir : que vont faire les camarades des lieux amis ayant pignon sur rue et qui auront en face un nouvel arsenal pour imposer la fermeture administrative de tout endroit qui dérange, avec en plus la marque infamante des empoisonneurs ? Maigre espoir : la catastrophe psychique qu’implique ce verrouillage ou cette sécurisation massive de l’existence (je badge au lycée, je badge à la piscine, je badge au concert, je badge pour prendre mon train, je dois potentiellement pouvoir justifier de mon identité partout) va pouvoir générer sont lot de « loups solitaires » comme on dit ; tous ces gens que la certitude de ne pas appartenir à ce monde là pourra aisément entraîner vers des pétages de plomb plus ou moins visibles ou des califats apocalyptiques, et vers la déflagration des passages à l’acte. Pièces humaines de plus jetées pour relancer les mécaniques antiterroristes : donc un peu plus de caméras intelligentes, un peu plus de tracking, un peu plus de moyens pour les forces de l’ordre, un peu plus de président à la télé.

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Le monde se referme un peu plus. « Muni de ton pass sanitaire, toi qui entre ici abandonne tout espoir ». Sauf peut-être celui de la sécession, puisqu’ils nous y jettent de fait. Alors on se retrouve en bas, dans le demi-monde.

Curtis le gilet jaune




Source: Rebellyon.info