Ce n’est ni en chassant sur les terres nationalistes du RN, comme la France insoumise, ni en se contentant de discours vaguement réformistes, comme le PCF, Génération.s ou EELV que l’on réussira à faire reculer libéraux et extrême-droite ensemble.

Les résultats des élections européennes en France sont tombés le 26 mai 2019. Sans surprise, le Rassemblement national arrive en tête à plus de 20%, devant le parti gouvernemental de la République en Marche. Parmi les sociaux démocrates, c’est EELV qui s’en tire le mieux, devant la France Insoumise, la Parti socialiste, Génération.s et le PCF. Mais globalement, la gauche réformiste réalise un score très bas, à peine au-dessus des 30%. L’abstention est en baisse mais reste extrêmement élevée à 48%.

Ce qui ressort de cette élection, c’est que l’opposition majoritaire qui va continuer à nous être servie partout, c’est celle entre les libéraux et l’extrême-droite. Les capitalistes auront tout intérêt à continuer à faire croire que nous n’avons le choix qu’entre deux faces du capitalisme : le libéralisme de Macron, qui n’est qu’un pantin et sera remplacé comme François Hollande quand il ne conviendra plus, ou l’extrême-droite raciste et réactionnaire de Le Pen. Dans les deux cas, la situation s’aggrave : les migrant-es sont traité-es de manière inhumaine, les droits des femmes reculent tout comme les droits des travailleuses et des travailleurs, les riches accumulent toujours plus de richesse et la pauvreté augmente.

Et ce n’est ni en chassant sur les terres nationalistes du RN, ni en se contentant de discours vaguement réformistes que l’on réussira à faire reculer libéraux et extrême-droite ensemble.

Devant ces nuages noirs qui s’amoncellent au-dessus de l’Europe, face au racisme, à l’islamophobie grandissante, à la haine des migrant-es, à la casse de nos droits sociaux, c’est une véritable alternative révolutionnaire qu’il faut proposer. Il est de la responsabilité des anticapitalistes, des libertaires, de toutes celles et ceux qui veulent lutter pour construire une autre société de proposer un projet ambitieux de partage des richesse et de justice sociale, assorti d’une stratégie réaliste de contre-pouvoirs. C’est en construisant ces contre-pouvoirs, avec les syndicats de lutte, avec les associations et les organisations politiques progressistes, que nous pourrons faire naître un troisième possible : celui de la révolution sociale et libertaire.

Alternative libertaire , le 27 mai 2019


Article publié le 27 Mai 2019 sur Alternativelibertaire.org