Novembre 23, 2021
Par Union Syndicale Solidaires
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Avec le mouvement #MeToo, la question des luttes contre les violences sexistes et sexuelles dont sont victimes les femmes partout dans la sphĂšre publique comme dans la sphĂšre privĂ©e a fait irruption dans le dĂ©bat public. Ce mouvement a obligĂ© la sociĂ©tĂ© Ă  entendre davantage la parole des femmes et Ă  moins tolĂ©rer ces violences, mĂȘme si les mesures gouvernementales restent largement insuffisantes. 

Nous, organisations syndicales et politiques, sans avoir attendu ce moment, menons dans nos structures ce mĂȘme combat afin que nos relations militantes soient des relations sans oppression ni domination, car vouloir changer la sociĂ©tĂ© passe aussi par une transformation profonde et par la mise en place d’un environnement militant sans violence sexiste ni sexuelle.

Des cellules de veille, commissions ou collectifs existent dans nos structures afin de protĂ©ger les victimes, d’écarter et de sanctionner les agresseurs et faire vivre nos valeurs d’égalitĂ©. Car, pour permettre l’égalitĂ© entre les femmes et les hommes, nous devons faire cesser les violences Ă  l’encontre des femmes. C’est une condition sine qua non.

Nous avons donc dĂ©cidĂ© de nous rencontrer, de nous parler, et pour la premiĂšre fois de travailler ensemble afin de nous rendre plus fort·e·s notamment face Ă  trois enjeux majeurs dans notre lutte Ă  l’intĂ©rieur de nos organisations : 

  • La prise en charge des victimes et sa temporalitĂ© (syndrome post-traumatique) est un sujet incontournable. L’impact de ces violences sur les femmes est dĂ©lĂ©tĂšre, que ce soit sur leur santĂ© physique ou psychologique ou sur leur place dans nos organisations. L’accĂšs aux soins et Ă  la justice devrait ĂȘtre garanti car trop souvent la difficultĂ© de prise en charge se rĂ©vĂšle ĂȘtre un frein rĂ©el pour les femmes.
  • La mise en place d’actions de prĂ©vention et de formation contre les violences sexistes et sexuelles pour Ă©tablir une culture commune non sexiste dans nos organisations. Dans ce processus, nous avons dĂ©veloppĂ© des partenariats avec des associations reconnues de lutte contre les violences faites aux femmes. L’Etat doit soutenir et subventionner les associations fĂ©ministes engagĂ©es dans les luttes contre ces violences.
  • L’itinĂ©rance des agresseurs : qu’elle soit en interne ou bien d’une organisation Ă  une autre, cette stratĂ©gie des agresseurs leur assure Ă  la fois un nouveau « terrain de prĂ©dation », d’échapper Ă  la sanction et une continuitĂ© de leur impunitĂ© ; cette question est donc fondamentale. Nous nous engageons Ă  la rĂ©soudre pour parvenir Ă  Ă©tablir de fait un environnement global sans impunitĂ©, de la sĂ©curitĂ© et de la confiance pour nos militant·e·s. Être volontariste sur cette problĂ©matique nous permettra aussi de visibiliser le problĂšme des « Ă  cĂŽtĂ© », comme la prĂ©sence des agresseurs en manifestations, meetings, universitĂ©s d’étĂ©…

Nous, organisations syndicales et politiques, affirmons qu’aujourd’hui comme hier les violences sexistes et sexuelles ne doivent pas trouver de place dans nos structures : Stop Ă  l’impunitĂ© !

Nos aspirations rejoignent celles qui vont s’exprimer dans la rue Ă  l’occasion de la journĂ©e internationale de lutte contre les violences faites aux femmes : nous voulons vivre dans une sociĂ©tĂ© oĂč chacun·e puisse s’Ă©panouir quels que soient son genre ou sa sexualitĂ©.

Pour cela, nous sommes prĂȘt·e·s Ă  changer ce monde sexiste et patriarcal ! 

Signataires :

  • Philippe Martinez, SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la CGT et Raphaelle ManiĂšre, pilote de la cellule de veille contre les violences sexistes et sexuelles, 
  • Julien Bayou, SecrĂ©taire national d’Europe Ecologie Les Verts et Eva Sas, Porte-Parole et PrĂ©sidente d’honneur de l’ECVF (association d’Ă©lu.es contre les violences faites aux femmes), 
  • Alice Carret et RĂ©my SĂ©bille, des Jeunes Écologistes, mandataires de la Team Bienveillance du mouvement et signataire au nom du bureau exĂ©cutif, 
  • Myriam Martin et Jean-François Pellissier, co-porte-parole d’Ensemble !,
  • Sophie TaillĂ©-Polian, SĂ©natrice du Val-de-Marne, Coordinatrice nationale de gĂ©nĂ©ration.s et Benjamin Lucas, Conseiller rĂ©gional des Hauts-de-France, Coordinateur national,
  • Fabien Roussel, secrĂ©taire national du Parti Communiste Français et HĂ©lĂšne Bidard, responsable nationale de la commission Ă©galitĂ© femmes hommes/Droit des femmes,
  • LĂ©on Deffontaines secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Mouvement des Jeunes Communistes de France et Jeanne PĂ©chon SecrĂ©taire nationale de l’Union des Etudiants Communistes,
  • HĂ©lĂšne Lecacheux, co-coordinatrice du Parti de Gauche et Jean-Christophe Sellin, co-coordinateur du Parti de Gauche,
  • Olivier Faure, Premier SecrĂ©taire du Parti Socialiste et CĂ©cilia Gondard, SecrĂ©taire Nationale Ă  l’Ă©galitĂ© entre les femmes et les hommes,
  • Emma Rafowicz, SecrĂ©taire Nationale des Jeunes Socialistes et Lyes Bouhdida-Laserre, responsable de la lutte contre les violences sexiste et sexuelles au sein des JS,
  • Adrien Quatennens, coordinateur du mouvement La France Insoumise et Mathilde Panot, prĂ©sidente du groupe parlementaire,
  • Philippe Poutou, Porte-parole national du Nouveau Parti Anticapitaliste, Alice Pelletier Commission national fĂ©ministe et Conseil politique nationale,
  • Sophie VĂ©nĂ©titay, secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale du SNES – FSU et Emmanuel SĂ©chet, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral adjoint,
  • Lucie Wyrm et Pablo Rauzy de l’Union Communiste Libertaire,
  • MĂ©lanie Luce, prĂ©sidente de l’Union Nationale des Etudiants de France et Quentin Bourgeon, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral,
  • Murielle Guilbert, Co-dĂ©lĂ©guĂ©e de l’Union syndicale Solidaires et Simon Duteil, Co-dĂ©lĂ©guĂ© de l’Union syndicale Solidaires.



Source: Solidaires.org