Après sa visite des établissements scolaires, Blanquer a accepté de recevoir une délégation syndicale pour répondre aux questions diverses liées au statut des enseignants, au manque de moyens et à la réforme des retraites. Il a envoyé un émissaire, bien trop occupé lui-même à vendre sa marchandise. Les représentants sont ressortis indignés de la rencontre, et encore plus déterminés à partir en grève à partir du 5 décembre.

La profession doit arrêter d’être dans une « démarche d’autoflagellation, de défaitisme et de lamentation ».

Les représentants syndicaux ont présenté la situation scolaire du département. Ils ont dénoncé la questions des effectifs, l’abandon des zones rurales, l’absence d’accompagnement des élèves en situation de handicap sur tout leur temps de présence en classe, la précarité des collègues AESH [1] avec un salaire de moins de 700 euros, les 200 élèves en attente d’une place en instituts spécialisés, la disparition des 2/3 des collègues de RASED [2], les écoles en quartier « politique de la ville » qui attendent un classement en REP [3], les inégalités de financement entre communes, la souffrance au travail… Il a été répondu qu’il fallait cesser de se plaindre et qu’il fallait transformer la pression que les enseignant-es pouvaient ressentir en stimulation.

Les réponses ministérielles résident dans des méthodes scientifiques (n’ayant pas forcément fait leurs preuves). Il existe des méthodes qui, avec les évaluations, permettront de donner les meilleurs résultats avec des outils de plus en plus performants. Les enseignant-es doivent prendre exemple sur les évolutions de la médecine qui, selon les dires du directeur de cabinet, « auparavant tâtonnait et qui maintenant connait les processus à mettre en œuvre pour soigner ».

Concernant les salaires et les retraites, tout va bien dans le meilleur des mondes

Le ministre a par écrit indiqué une évolution des salaires pour compenser la baisse des pensions. À quelques jours de la grève du 5 décembre, ces paroles n’engagent que ceux qui les croient.

Le sentiment général est celui de deux écoles qui s’affrontent. Celle du ministre et de ses conseillers pour lesquels tout ira bien dans la meilleure des écoles, du moment que chacun et chacune suit aveuglément les directives. Une école qui pense pour les enseignant-es, où on sait ce qui est bon pour les élèves et où les enseignant-es doivent faire preuve d’un bonheur béat.

Si les syndicats n’attendaient pas grand chose de cette réunion, ils ont surtout mesuré le décrochage colossal entre ce ministre et la réalité du terrain. En conclusion, l’enseignant-e du XXIe siècle doit marcher au pas, arrêter de pleurnicher et être heureux, en serinant inexorablement les deux maitres-mots de ce nouveau monde : réussite et confiance.

Cette analyse est tirée d’un compte-rendu rédigé par les représentants de la FSU.


Article publié le 03 Déc 2019 sur Larotative.info