Vous avez passé une bonne soirée ? PAS NOUS

En venant à la soirée de soutien à Bure le 19 octobre, la poubelle qui était la plus visible n’était pas celle de Cigéo dans la Meuse mais celle de Mix’arts, remplie de déchets mascu.

Masculinité toxique, mascu qui prend toute la place, mascu qui fait des remarques de merde, mascu qui veut te toucher les seins, mascu qui veut te toucher tout court, mascu qui croit qu’on en a quelque chose à carrer de son existence. Mascu qui se sent concerné par tout.

Et crois pas que t’es pas visé par ce texte gaucho militant ou pas pseudo-déconstruit, t’as peut-être pas fait partie de ces hordes d’agresseurs mais ta passivité fait de toi une sous-merde, un complice du patriarcat. Et si tu ne remarques même pas ce qu’il se passe, c’est que ça te dérange pas.

Pour toi, tout va bien, tu t’amuses, tu danses, tu bois pendant que d’autres fuient le concert parce que trop de mecs cis les harcèlent de regards libidineux et autres mains « baladeuses », agresseuses. Et quand tout ça est pointé du doigt, BIZARREMENT, parmi les personnes qui se vener et réagissent, on te voit pas trop, toi et tes potes « pro-fem ». Quelle différence entre l’inaction et l’indifférence ?

Si dans ces soirées le patriarcat n’est pas combattu, c’est qu’il est toléré. Derrière l’esthétique de la lutte et les infokiosques, zéro conflictualité. Comme si lutter c’était faire des manifs, des jolies affiches et gagner ses étiquettes anti-oppressives en s’illustrant dans des débats. Le combat contre l’autorité il est pas loitain et théorique, il est quotidien, omniprésent.

Sous le vernis d’une soirée estampillée militante, ya des personnes qui ont occupé tout l’espace alors que le monde entier n’est adapté qu’à eux, yen a qui ont cru bon de nous expliquer la vie, de nous infantiliser, ou de nous faire part de leur avis sur nos corps (que ce soit par le langage ou par les gestes), de nous exclure (des conversations, de l’espace). Ya eu un nombre incalculable d’aggressions.

Le pire c’est que c’était prévisible mais que rien n’a été pensé en amont pour combattre de ça. A la fois on a envie de dire à l’orga que ça aurait été malin de mettre un espace safer pour les personnes qui ont besoin ne serait-ce que d’un peu de calme ; et en même temps on a pas envie de leur jeter la pierre.

Parce que le problème c’est l’existence même des agresseurs, et leur présence rendue possible par la passivité de tous les autres.

CREVE LE PATRIARCAT !

Ils apprendront le consentement à coup de batte s’il faut.

C’est clair qu’il n’y a pas eu que des oppressions de genre. Ce texte a été écrit par des personnes blanches, certaines cis et d’autres non. On s’est surtout vener contre le patriarcat parce que c’est ce qui a été le plus visible pour nous. Aussi on a beaucoup genré le texte au masculin parce qu’on a les morts contre les mecs cis mascu de merde mais on ignore pas que les rapports de domination sont diffus et on peut tous.tes les véhiculer. la passivité aussi nous concerne tous.tes, mais pas de la même manière. On se pose pas en victime. Et pour les mecs cis on a pas besoin de sauveurs héroïques et virils, on veut juste détruire la solidarité masculine qui est un des ciments du patriarcat. Et plus généralement on veut détruire la passivité qui permet à l’autorité d’exister.

MORT A L’INDUSTRIE ET A LA FAMILLE NUCLEAIRE !

FEU A TOUTES LES DOMINATIONS !


Article publié le 22 Oct 2019 sur Iaata.info