Dans la nuit du 6 au 7 février, vers 3h30, Tamimou, un jeune togolais, est mort d’hypothermie sur la route nationale 94 à Val-des-Prés entre Montgenèvre et Briançon : c’est la frontière qui l’a tué.

Cette nuit-là, un groupe de personnes a tenté de franchir la frontière franco-italienne à travers les montagnes. Le groupe a marché pendant des heures, s’enfonçant rapidement dans la neige. Tamimou a perdu ses bottes, a continué en chaussettes et s’est très vite retrouvé en hypothermie. Le groupe a porté Tamimou et rejoint la route pour appeler au secours. Postés au milieu de la chaussée pour tenter d’arrêter les voitures, celles-ci les ont contournés, personne ne s’est arrêté. Les secours appelés plusieurs fois sont finalement arrivés deux heures après le premier appel. Durant ce temps, Tamimou est mort au bord de la route.

Depuis juin 2015, la France ferme et militarise ses frontières avec l’Italie. Briançon est la première ville refuge de ce côté-ci de la frontière pour beaucoup de personnes qui franchissent cette frontière. Nous ne voulons plus de personnes mises en danger dans nos montagnes, déclarent les associations solidaires, les bénévoles qui tentent de porter secours. Le renforcement et la militarisation des frontières européennes a tué des milliers de personnes. Le Sahara, la Méditerranée et maintenant nos montagnes sont des murs qui exposent les personnes à des dangers mortels pourtant évitables. L’augmentation de contrôles pousse les personnes à se mettre toujours plus en danger. Ces morts ne sont pas des accidents. Nous ne pouvons les ignorer et laisser les montagnes se transformer en cimetière.

La violence ne s’arrête pas à la frontière physique. Quand un mur est franchi, d’autres se dressent. Face à une bureaucratie labyrinthique, l’inaccessibilité des logements, la répression policière et la criminalisation des réfugié.es, il est difficile d’avancer. Nous devons tisser des solidarités par-delà les murs, pour pouvoir les abattre. À Lyon, l’année 2018 a connu une forte mobilisation sur la question migratoire et a permis des connections entre soutiens solidaires et les premiers.ères concerné.es. Les droits des étranger.ères a été défendu par de multiples actions. Nous pouvons citer l’ occupation d’un amphithéâtre à l’université de Lyon 2, l’occupation d’ écoles primaires ainsi que des réquisitions de logements vides (Maison Mandela, La Trappe,l’ Amphi Z) qui sont maintenant des lieux de vie et d’organisation passibles d’expulsion. L’année dernière a été rythmée par des manifestations contre les procédures Dublin, dénonçant la non prise en charge des sans-papiers et les procédures de criminalisation des mineurs isolés … S’ajoutent à cela l’engagement de collectifs et d’associations qui mettent en place des maraudes, des cours de français, des permanences psychologiques ou juridiques etc…

La chaîne des solidarités est longue et doit s’élargir sans cesse et au-delà des frontières.

La politique migratoire répressive mise en oeuvre par le gouvernement, au défi des droits fondamentaux des personnes, tue.

Informons-nous et mobilisons-nous !

Rassemblements prévus :

Encore un mort dans les montagnes du Briançonnais ! Cessons de nous taire ! Mardi 12 février 2019, 15h : Rassemblement pour Kélé devant le tribunal administratif

Encore un mort dans les montagnes du Briançonnais ! Cessons de nous taire ! Lundi 18 février 2019, 9h : Rassemblement devant le tribunal d’instance de Villeurbanne contre l’expulsion

Se tenir informer sur les mouvements de solidarités à Lyon :

Migrations – sans-papiers

Facebook : Amphi C, Amphi Z – Solidaires et jamaissanstoit69

et ailleurs :

https://bulletin.espivblogs.net

Facebook : tousmigrants

Pour plus d’info :

Jeudi 7 février vers 3h du matin, Taminou, un jeune togolais de 28 ans est retrouvé mort au bord de la route qui relie le col de Montgenèvre à la ville de Briançon. Cette mort n’est pas la première à la frontière franco-italienne briançonnaise, qui à déjà vu disparaître 4 personnes depuis 2018, dont la mort tragique de Blessing retrouvée noyée dans la Durance après avoir été poursuivie par la police. Pendant ce temps des mineurs se présentent à la frontière et se voient refuser l’accès à leurs droits, sur libre arbitre de la police aux frontières ou du Préfet.

Ceci n’est que la partie visible, que les médias nous présentent trop souvent comme « des personnes se mettant elles-même en danger, en essayant de traverser illégalement la frontière ». Mais peu de médias parlent de ce par quoi ces personnes sont passées, et les entraves que fabrique l’Europe pour clôturer ses frontières. Tout en sachant que les entreprises européennes continuent le pillage des ressources en Afrique, déstabilisent les gouvernements à leurs propres avantages et se moquent des répercutions sur les populations.

En février 2017, l’accord de Malte est signé entre l’Union européenne et la Libye ; dans cet accord l’Europe s’engage à financer les gardes-côtes et gardes-frontières ainsi qu’à soutenir les camps où les migrants seront retenus, tout ça dans un pays où les différentes milices issues de la révolution continuent de s’arroger un pouvoir de fait et que le pays reste en proie à la violence. On ne peut que s’imaginer la considération des droits de l’Homme qu’ont les milices qui cherchent à tirer leurs propres épingles « financière » du jeu. Et l’Europe subventionne ces organisations !

http://ricochets.cc/Taminou-retrouve-mort-a-Val-des-Pres-une-fois-de-plus-

https://blogs.mediapart.fr/270664/blog/100219/encore-un-mort-en-montagne-la-frontiere-franco-i

https://www.infomigrants.net/fr/post/15055/un-jeune-togolais-retrouve-mort-dans-les-alpes-a-l

Ce texte a été écrit à partir du tract de « tous migrant » et du communiqué écrit en collaboration entre le collectif Tous migrants, Amnesty international, la Cimade, Médecins du Monde, Médecins sans frontières, le Secours catholiques et l’Anafé.