Mercredi soir, Doona, une étudiante trans, a mis fin à ses jours à la gare Saint-Roch à Montpellier. Cette jeune femme avait déjà lancé plusieurs appels à l’aide sur les réseaux sociaux. Ses problèmes étaient connus du service médical de l’Université Paul Valéry (médecin de la médecine préventive), et de l’hôpital Lapeyronie. Elle avait, en effet déjà fait plusieurs tentatives de suicide chez elle à la Cité Universitaire Vert-Bois, dont les équipes étaient au courant.

Lors de ses prises en charge à l’hôpital, elle a subi une maltraitance médicale importante due à la transphobie portée par le personnel soignant, ce qui l’a poussée à s’enfuir avant d’avoir reçu tous les soins adaptés. Nous tenons à rappeler que la transphobie institutionnelle pousse nombre de personnes trans à ne plus aller consulter, que ce soit médecin généraliste ou urgences, ce qui nuit considérablement à leur santé ! Ça a été le cas de Doona, qui depuis ces épisodes traumatiques à l’hôpital n’a plus jamais voulu retourner aux urgences, alors que sa santé mentale se dégradait de plus en plus.

Suite à ces hospitalisations fréquentes, le CROUS lui a explicitement dit que si elle retentait de se suicider, ils lui retireraient son logement et enlèveraient ses bourses. Le jour même, elle mettait fin à ses jours. Encore une fois, l’État, à travers le CROUS, précarise les étudiant-e-s, dégrade leur santé mentale, parfois jusqu’au suicide. Nous demandons la justice pour Doona, comme nous l’avions déjà exigé pour notre camarade lyonnais, lorsqu’il s’était immolé par le feu devant le CROUS en raison de son extrême précarité et de l’inaction du CROUS.

Pour dénoncer cette précarité, Solidaires étudiant-e-s appelle nationalement à des rassemblements sur nos lieux d’études, d’institutions gouvernementales de l’ESR, des Crous… le lundi 28 septembre.

À Tours, nous vous invitons à 20h, au 5 rue du Docteur Bretonneau, résidence CROUS et Restaurant Universitaire des Tanneurs, pour alerter sur le caractère mortel de la précarité étudiante et la transphobie, pour nous retrouver ensemble, rester soudés, et créer des solidarités et pour lutter contre ces conditions matérielles d’existence déplorables.

Cela se fera donc à la suite du rassemblement pour l’IVG prévu à 18h place Jean Jaurès, répondre à cet appel national et montrer notre soutien dans cette situation nous semblant primordial.

Toutes organisations qui luttent contre la précarisation de la vie étudiante et la transphobie, et contre ce gouvernement et sa politique néo-libérale qui ont amené à l’injonction à la rentabilité du CROUS, sont les bienvenues.

Vous pouvez retrouver ici le communiqué de nos camarades de Montpellier sur la question.


Article publié le 26 Sep 2020 sur Larotative.info