DĂ©cembre 13, 2020
Par Union Communiste Libertaire (UCL)
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Les mesures de reconfinement et de restriction des libertĂ©s – hors celles d’aller continuer Ă  s’exposer au taf’ – rĂ©pondent Ă  une urgence absolue, celle de sauver ce qui peut encore l’ĂȘtre de ce systĂšme. L’urgence sociale aujourd’hui se fait encore plus pressante que jamais : hĂŽpitaux, Ă©coles, services publics sont au bord de la rupture. Pendant ce temps les grands groupes profitent de la crise actuelle pour accĂ©lĂ©rer leurs plans de « rĂ©duction des effectifs Â». Mais partout des rĂ©sistances s’organisent, il faut encore et partout amplifier la vague


Ennemis de l’intĂ©rieur

Le 2 octobre dernier et alors que le niveau des contaminations augmentait de façon inquiĂ©tante Macron, d’un ton martial, dĂ©cidait de s’attaquer
 aux sĂ©paratistes islamistes ! Nous avons, avec d’autres, dĂ©noncĂ© cette nouvelle sortie raciste et alertĂ© sur les consĂ©quences funestes qui pouvaient en dĂ©couler. Le 20 octobre c’était la prĂ©sentation de la loi de sĂ©curitĂ© globale Ă  l’AssemblĂ©e nationale, fiĂšrement portĂ©e par Darmanin, qui prĂ©voit de renforcer le pouvoir des forces de l’ordre et rendre quasiment impossible la diffusion lĂ©gale de leurs exactions. Ce mercredi 9 dĂ©cembre, le projet de loi « confortant les principes de la RĂ©publique Â», adoptĂ© en Conseil des ministres, vise Ă  criminaliser les contestations de la RĂ©publique, dont on peut craindre qu’elles dĂ©passent les seuls intĂ©gristes islamistes et concernent Ă©galement les miltant·es sincĂšres qui cherchent Ă  renverser ce systĂšme et mettre fin Ă  l’exploitation. Les mesures et lois liberticides se multiplient avec l’accroissement de la prĂ©caritĂ© et la montĂ©e des contestations sociales. Elles sont le signe de la fĂ©brilitĂ© de ce systĂšme Ă  bout de souffle.

Sauver le soldat CAC40

Cette sĂ©quence de contre-feu visant Ă  l’union sacrĂ©e ne nous fera pas oublier la gestion calamiteuse de la crise ni la politique Ă©conomique du gouvernement. Des milliards pour les entreprises qui en profitent pour annoncer des plans de licenciement massifs opportunĂ©ment attribuĂ©s Ă  la crise actuelle mais sont en fait la continuitĂ© de mesures structurelles. Depuis dĂ©but mars on compte 338 plans sociaux reprĂ©sentant 30 510 licenciements et 700 « plans de sauvegarde de l’emploi Â» (PSE) ont Ă©tĂ© initiĂ©s prĂ©voyant 76 100 ruptures de contrats de travail. DerriĂšre cette novlangue libĂ©rale ce sont des centaines de milliers de travailleuses et travailleurs qui sont jetĂ©es dehors. À Auchan, 1500 emplois seront supprimĂ©s : les caissiĂšres, ces hĂ©roĂŻnes du printemps, celles de « seconde ligne Â», seront les premiĂšres sacrifiĂ©es. À BĂ©thune la fermeture de Brigestone mettra 863 personnes sur le carreau. À Airbus et chez ses sous-traitants ce sont plusieurs milliers d’emplois qui sont menacĂ©s – 5.000 d’abord annoncĂ©s, gracieusement ramenĂ©s Ă  4300 –, la direction parle elle de dĂ©parts volontaires. Et encore ces chiffres ne prennent pas en compte les rĂ©percussion pour les sous-traitants.

Tract bi-mensuel n°2
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Ces invisibles promis à la précarité

En effets ces licenciements massifs ne sont que la partie immergĂ©e de l’iceberg. À l’heure oĂč la pauvretĂ© explose en France (plus de 10 millions de personnes vivant en dessous du seuil de pauvretĂ©) et oĂč des dĂ©putĂ©s de la majoritĂ©s (alliĂ©s Ă  ceux d’LR) se dĂ©cident Ă  faire la guerre Ă  la trĂȘve hivernale, ce ne sont pas les 150€ de prime exceptionnelle pour faire face Ă  la crise allouĂ©e par la CAF pour les plus prĂ©caires qui changeront la donne. Demain que deviendront les travailleur·euses les plus pauvres, les intermitent·es, les saisonnier·Úres, les intĂ©rimaires et celles et ceux qui ne verront pas leurs contrats prĂ©caires renouvelĂ©s et qui devaient dĂ©jĂ  choisir entre payer le loyer ou manger tout les jours ? À cĂŽtĂ©s des milliards distribuĂ©s sans contrepartie aux capitalistes que valent ces miettes chichement distribuĂ©es ?

Confiné·e·s mais toujours mobilisé·e·s

MalgrĂ© le confinement partout sur le territoire des salarié·es luttent. Ces derniĂšres semaines des mobilisations se sont construites dans les secteurs de la santĂ©, de l’éducation, du travail social, sans compter les multiples manifestations dans tous le pays contre la loi de sĂ©curitĂ© globale. Bien Ă©videmment ces mobilisations doivent encore s’amplifier avant de prendre la forme de manifestations de rue massives et dures. Il est donc vital pendant les prochaines semaines que se construisent des solidaritĂ©s de classes et intersectorielles. Il faut partout construire les conditions de la rĂ©ussite des dates d’ores et dĂ©jĂ  annoncĂ©es Ă  la rentrĂ©e. Il est temps de s’organiser pour Ă©radiquer partout ce virus qu’est le capitalisme.

Bien Ă©videmment ces mobilisations doivent encore s’amplifier avant de prendre la forme de manifestations de rue massives et dures. Mais il est aussi primordial qu’elles gagnent le terrain des entreprises, et que des travailleurs et des travailleuses dĂ©cident de se mettre en grĂšve pour augmenter significativement le rapport de force.

Union communiste libertaire, le 11 dĂ©cembre 2020




Source: Unioncommunistelibertaire.org