C’était en janvier, février, début mars. C’était cet hiver. Des manifestations battaient le pavé. Des choses se disaient déjà de l’effondrement, des démantèlements.

Ce sont des images de la rue filmées par Mohamed Ouzine, du monde d’avant (car je pense vraiment que plus rien ne sera comme avant, de quelle manière, je n’en sais rien).

À présent, confinement. Ce n’est pas pour autant que nous restons sans voix. Au contraire, nos inquiétudes ne cessent de croître. Et pas seulement face à l’urgence sanitaire.

Ce monde qui trinque depuis des décennies en a assez. Beaucoup n’ont pas osé le dire en rejoignant les manifestations mais une grande majorité silencieuse continue de couler sous les injustices que la rue dénonçait depuis plus d’un an. Quelle que soit la méthode, peu importe. Il est plus que temps que tout cela cesse. Que nous puissions vivre enfin comme des hommes responsables et non comme des bêtes.

Cette infirmière que vous voyez vibrer à voix nue se bat aujourd’hui pour sauver des vies. Elle était déjà épuisée cet hiver.

Où en sommes-nous, tous, aujourd’hui ? Qu’allons-nous faire de ce monde ?

Texte rédigé par Laëtitia Testard

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ELLE EST À NOUS from Cent Soleils on Vimeo.

Ce film a été produit par l’association orléanaise Cent Soleils qui mène un travail régulier de découverte et de diffusion du documentaire de création, genre cinématographique peu présent dans les salles de cinéma et moins encore sur les écrans des chaînes de télévision « grand public ». L’association propose, par ailleurs, des ateliers de pratique audiovisuelle qui offrent aux participants l’occasion de réfléchir, à travers la réalisation de films courts, aux langages de l’image et aux manipulations qu’ils engendrent. Créée en 2001 par trois réalisateurs, Cent Soleils réunit aujourd’hui réalisateurs et cinéphiles autour d’un projet qui articule diffusion de films documentaires, sensibilisation et éducation aux images, accompagnement de projets de film et production de films. Il faut rappeler que le nom de l’association fait référence au film « Sans soleil » de Chris Marker, l’un des initiateurs des ciné-tratcs, ces films courts militants réalisés dans le sillage des évènements de mai 68, et qui étaient souvent diffusés hors du circuit commercial. Rien de surprenant à ce que l’association ai voulu s’emparer de son outil, le cinéma, pour évoquer le mouvement social.

Mohamed Ouzine


Article publié le 07 Avr 2020 sur Larotative.info