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Devenue incontournable, l’élection d’un représentant n’est pas synonyme de bonne santé démocratique. Les libertaires refusent d’utiliser cet outil qui dépolitise et laisse le champs libre aux politicards. Plutôt que par les urnes, la politique doit se faire dans l’action collective, directement, sans représentant.

Il est actuellement devenu commun, même au sein des luttes des organisations d’extrême gauche voire parmi les libertaires, d’employer l’expression « démocratie représentative » pour décrire le système politique de la Ve République. C’est regrettable. Tout comme nous refusons de parler de « charges » sociales ou préférons le terme de « conquis » sociaux, il me semble que nous devrions dénoncer l’emploi abusif du mot démocratie.

En ces temps électoraux où les espoirs d’une grande partie de notre camp social se sont portés sur l’arrivée au pouvoir d’un candidat de gauche et ont été déçus, il est peut-être important de questionner le caractère démocratique de l’élection, sans même mentionner celui de notre système électoral.

L’élection, c’est choisir l’élu·e, le ou la meilleure d’entre nous afin de lui confier plus ou moins aveuglément la responsabilité de décider au nom du groupe. Cette personne serait dotée de compétences – innées ou acquises selon les croyances – qui lui permettraient de connaître mieux que le collectif ou les personnes concernées les décisions à prendre et à (faire) suivre.

À l’inverse, la démocratie c’est l’égalité politique, quand le pouvoir est réparti le plus justement possible au lieu d’être concentré dans les mains d’une classe dirigeante sous quelque prétexte que ce soit. L’élection est donc par essence anti-démocratie.

Tout comme nous contestons la nécessité d’une avant-garde révolutionnaire, nous devons refuser d’appeler démocratie un système représentatif. Si nous ne pouvons émanciper les autres à leur place, il n’est pas non plus possible que des individus, des collectifs exercent leur pouvoir politique en le confiant à d’autres.

Être un sujet politique

Non démocratique, le vote électoral est aussi dépolitisant. S’il peut être un outil employé dans une stratégie politique collective, nous ne pouvons sous-estimer les dangers d’y mettre nos espoirs. Que cherche quelqu’un qui règle sa décision dans l’isoloir sur les derniers sondages  ? Que veulent ceux qui formulent et relayent des consignes de vote  ? Retrouver un sens collectif dans un acte qui est purement individuel et isolé. Placer un papier dans une enveloppe puis la glisser dans l’urne n’est pas un acte politique ou si peu.

Un cortège, une occupation, une grève, un rassemblement sur un rond-point le sont bien plus. Si par les luttes il est possible de redevenir des sujets politiques, l’élection porte en elle une passivité et un attentisme qui détournent les forces contestataires. Il faut se méfier de la tentation d’offrir déjà comme prochaine perspective les législatives plutôt que le 1er mai.

Faire reculer la croyance électorale, peu importe que l’on vote ou non, voilà l’enjeu de la contre-campagne de l’UCL. Nous savons qu’il est urgent de rediriger les investissements et les espoirs vers d’autres voies. L’élection ne sera porteuse que si nous parvenons à mobiliser dans les rues celles et ceux qui se sont rendu·es – ou non – aux urnes pour exprimer leur désir de changement. Et pour cela, rappeler sans cesse que l’essentiel de la politique se tient en dehors des institutions bourgeoises souhaitant se faire passer pour démocratiques.

Mélissa (UCL Orléans)




Source: Unioncommunistelibertaire.org