Colonialisme et résistance, les rythmes de l’histoire large : introduction à l’histoire sociale Bolivienne

Le premier Espagnol qui a marché sur nos terres n’est pas venu pour travailler comme un « âne », mais pour s’enrichir illégalement, au prix du sang, des souffrances de l’Indien. L’Indien né pour souffrir doit travailler gratuitement, en échange d’un morceau de terre inutilisable ou de quelques pièces immondes. L’ethnie coloniale, héritière directe des Espagnols, ne veut pas travailler dans les emplois les plus difficiles et les plus sacrifiés.

De la sanglante invasion espagnole de 1532 du Qollasuyu, les deux républiques se sont battues à mort : la République des Indiens et la République des Espagnols. À la suite de ces luttes sanglantes, le 6 août 1825, la République colonia de Simón Bolívar est née, avec deux Bolivie , bien juxtaposée sans pour autant se confondre : celle l’ethnie coloniale et la Bolivie des indiens et Cholos (métisse) de l’ancien Qullasuyu.

Dans toute la vie républicaine, les Indiens n’ont jamais gouverné par eux meme. Au contraire, cette très petite minorité coloniale a fait de nous des esclaves pour plusieurs générations et même aujourd’hui.

La Bolivie clandestine du quollasuy qui porte ces noms est le fer de lance des manifestations des travailleurs qui bloquent les routes, des marches de protestation et insurections qui en 1781, revolte de tupak katari contre l’imposition du féodalisme, en 1901 contre la privatisation des terres communales, en 1952 pour la fin du féodalisme et la reforme agraire, en 1979 contre la dictature et enfin en 2000 contre l’ordre neo liberal ont fait trembler l’ordre colonial

De Qollasuyu ingouvernable des années 2000 au retour à l’ordre Bolivien : le rôle pervers du Mouvement Au Socialisme, le MAS

Pendant preque plus de 14 ans, « le socialisme du XXIe siècle » s’est approprié les luttes sociales et les mouvements d’autonomies populaires qui au tournant des années 2000 avaient fait entrer en crise le système néolibéral dans cette partie périphérique du capitalisme mondialisé. Le fait est qu’en « Bolivie », cette appropriation par le politique des dynamiques sociales a mené d’illusion en répression. Les nombreuses positions adoptées avec de redondantes phrases socialistes ou indigénistes dans tous les médias faisant la promotion d’une forme de capitalisme ando-amazonien contre-hégémonique géré par un État qui se voudrait social-démocrate, mais n’a promu en dans les fait qu une nouvelle « alliance de classes ».

La nouvelle alliance promue par « l’état plurinational de Bolivie » comprend : les « milices, policiers et militaires nationalistes », les fonctionnaires du « processus de changement » et autres llunk’u (terme péjoratif pouvant se traduire par « laquais ») corrompu du MAS, les « entrepreneurs patriotes » et les « nouvelles classes émergentes » (coopératives minières, cocaléros liés aux narcotrafic, grands commerçants et toutes sortes de spéculateurs populaires ou non).

Le but de cette alliance etait de construire une « économie productive et moderne » qui spolie et qui exploite plus des trois quarts de la population : les paysans, les artisans, le petit commerce informel ou les salariés formels ou informels. L’essence du programme économique gouvernemental du MAS reposait sur la défense juridique de l’État, du capitalisme et sur la modernisation et l’industrialisation des activités extractives ou exportatrices. Aujourd’hui, le projet du « socialisme du XXIe siècle » apparaît comme ce qu’il a toujours été : une stratégie de pacification sociale qui permet la reprise des logiques extractivistes, la reproduction de la place subalterne de la division internationale du travail, la reproduction de la pauvreté structurelle. Le MAS, grâce aux avantages tirés de la vente de ressources naturelles « récupérées par l’État », a pu financer certaines réformes sociales-démocrates, dont beaucoup sont des hauts lieux du clientélisme, mais qui ne changent rien à la situation de misère structurelle et de surexploitation.

Les promesses de démocratie, voire d’autogestion, de socialisme ou de communalisme, se sont transformées en un système autoritaire de corruption, de répression et d’assassinat politique institutionnalisé. La promesse de décolonisation s’est folklorisée, il n’en reste que quelques symboles vidés de leur contenu. Cette usurpation des luttes par le politique a mené à l’exclusion des forces sociales au profit des seules logiques étatistes et capitaliste.

Toutes les luttes des secteurs populaires, quand elles n’étaient pas cooptées ou corrompues, furent réprimées par « l’état plurinational de Bolivie », avec l’aide des milices composées ou à la solde des « nouvelles classes émergentes » du MAS ou de la vieille oligarchie. Souvent, l’ex pouvoir envoyait des milices, parfois issues de certains secteurs sociaux, pour réprimer d’autres mobilisations.

Cette triste issue a une histoire.

On doit d abord évoquer le « gasolinazo » de 2009 ou pour imposer la nationalisation du gaz et sa direction en priorité au marché intérieur

on peut évoquer aussi la marche pour la défense du territoire autochtone et du parc national Isiboro-Sécure (TIPNIS) en 2011. Après cette action massive, le gouvernement a commencé à diviser les organisations. Bien qu’Evo Morales ait maintenu d’excellentes relations avec le monde des affaires, ils se sont heurtés au Conseil national des Ayllus et Markas del Qullasuyu (Conamaq) et à la Confédération des peuples autochtones de Bolivie (CIDOB), deux organisations historiques des peuples autochtones.

En juin 2012, la CIDOB a dénoncé « l’ingérence du gouvernement dans le seul but de manipuler, diviser et affecter les instances organiques et représentatives des peuples autochtones de Bolivie ». Un groupe de dissidents avec le soutien du gouvernement a ignoré les autorités et a convoqué une « commission élargie » pour élire de nouvelles autorités.

En décembre 2013, un groupe de militants du MAS, a prit d’assaut les locaux de la CONAMAQ, battu et expulsé ceux qui s’y trouvaient avec l’aide de la police, qui gardaient le siège et empêchaient les autorités légitimes de le récupérer. Selon la déclaration de l’organisation, le coup d’Etat contre la CONAMAQ consistait à « faire approuver toutes les politiques contre le mouvement indigène autochtone et le peuple bolivien, sans que personne puisse rien dire ».

En 2017 un vaste mouvement paysan et urbain se dresse contre la corruption et le narcotrafic et contre le pouvoir du MAS, celui ci est réprimé dans le sang. Mais ce mouvement populaire, anti MAS, marque le début d’un divorce entre le syndicat paysan (Confédération Syndicale Unique des Travailleur Paysan de Bolivie CSTUTCB) le syndicat paysan et le MAS

Il faut aussi évoquer les lutte de la Centrale Ouvrière Bolivienne pour des augmentation de salaire et l’obtention d’une sécurité sociale universelle.

La Bolivie est victime de fraude depuis 14 ans. Depuis l’adoption de la Constitution, la permanence des latifundia des propriétaires terriens, l’absence de sécurité sociale universelle et le maintien d’une économie axées sur l’exportation. Le Mas a ignorer les délibérations d’une vaste constellation des diverses nationalités qui peuplent le pays qui réclament encore aujourd’hui la satisfaction de leur revendications

Il faut aussi le rappeler, le parti MASiste a non seulement a accepté et maintenu la représentation du « parti politque » comme la seule forme d’activité et de participation politiques, mais qui s’est aussi donné pour mission de dénigrer toute autre forme d’engagement politique concurrente, refusant depuis lors, une expansion démocratique. Pour beaucoup, c’est un vieux grief.

Le gouvernement d’Evo Morales a été pendant de nombreuses années l’instrument du démantèlement des organisations populaires en les divisant, les transformant en une direction corrompue et clientéliste, en concluant des pactes de pouvoir partiels avec les secteurs les plus conservateurs de la société, des entrepreneurs transnationaux aux sectes chrétiennes fondamentalistes auxquelles ils sont rattachés. .

En même temps, Evo Morales construisait autour de sa figure un leadership qui a menés dans une impasse.

« Papa Evo » est la seule figure convertie illicitement en symbole de concentration de pouvoir irremplaçable, cette figure qui porte le mythe du « président autochtone » dont le seul pouvoir symbolique est la couleur de la peau, puisqu’il exerce un gouvernement habité par un cercle. corrompu d’intellectuels et de dirigeants coloniaux qui le vénèrent parce qu’ils ont besoin de lui comme masque. Comme Franz Fanon l’a intitulé dans son livre peau noir masque blanc. Evo est le caudillo et le masque rien de plus. Tout son contenu populaire n’est que purement rhétorique et a conduit au fait qu’il est aujourd’hui à l’avant-garde d’un projet politique épuisé et vide dont la seule possibilité de continuité a été la destruction de toutes les formes de dissidence, de critique, de débat, de production culturelle ou économique. Son modèle est consumériste, extractiviste, écocide et clientèle néolibérale.

Le MAS-IPSP a acquis une renommée docile et servile auprès des entrepreneurs capitalistes transnationaux et multinationaux. Si le MAS-IPSP proclame la complémentarité des contraires et l’interculturalité c’est parce qu’il est composé des mêmes oppresseurs, exploiteurs et racistes de toujours.

Aujourd’hui, nous voyons avec nos yeux cette frustration de la caste politique des MAS-IPSP, constituée des vestiges coloniaux : Álvaro García Linera, Juan Ramón Quintana, Carlos Romero, Héctor Arce, Luis Arce, Roberto Aguilar, Javier Zavaleta, Alfredo Rada, Susana Riveros, Adriana Salvatierra, Manuel Canelas, Hugo Móldiz, Hugo Siles Núñez del Prado, Gustavo Torrico et de nombreux autres veste retourné du pouvoir de toujour. ils ont pris le visage indigène et de gauche et ont échoué tant dans la décolonisation, que dans ses promesses anticapitaliste et anti-impérialiste. Ils sont si terribles, si misérables et si sales que leur fraude.

Histoire d’une fraude électorale

Le 21 février 2016, un référendum a été appelé dans lequel des hommes et des femmes boliviens d’âge légal ont été interrogés sur la réélection de l’Evo pour la quatrième fois, contre et au-dessus du texte constitutionnel – c’est-à-dire de ce qui est déjà accepté en 2009. Et la Bolivie a dit NON. NON à la réélection indéfinie d’un régime politique qui encourage l’extractivisme, bien qu’avec une rhétorique anti-impérialiste et rigoureusement autoritaire, même en portant le déguisement plurinational. Un régime politique extractiviste est donc farouchement anti-communautaire et misogyne. Par la suite, la gymnastique légale et argumentative liée au « droit politique » à la réélection qu’il occupa au cours des années suivantes s’aggrava encore davantage lorsqu’il « donna le pouvoir » à Morales de rester indéfiniment au gouvernement.

Le 20 octobre 2019, des élections ont eu lieu. Plusieurs candidats ont été confrontés. Les deux avec plus de possibilités, Evo Morales postulé à travers le MAS et Carlos Mesa a travers Communauté Citoyenne. Les deux ne se distinguent toutefois par la forme présentée, et les projets économiques ne différant pas beaucoup : l’expansion de l’extractivisme en tant que cœur du fonctionnement du pays.

La loi électorale de la Bolivie stipule ce qui suit : si aucun candidat ne remporte plus de 50% des suffrages, il y aura un deuxième tour de scrutin au cas où la différence entre le premier et le deuxième candidat le plus voté serait inférieure à 10%. Les premiers comptes de ce dimanche qui semblent si lointains aujourd’hui indiquent qu’il y aurait un deuxième tour. Ils ont déclaré qu’en décembre prochain, Morales devrait faire face à Carlos Mesa – ancien vice-président d’un gouvernement néolibéral démoli par la mobilisation communautaire, autochtone et populaire en 2003. Soudainement, le compte est arrêté.

Le silence dans le décompte, sans aucune explication, a provoqué d’énormes tensions sociales dans un pays où, jusqu’il y a une décennie, l’activité politique communautaire, populaire et syndicale était un principe très présent : la rotation des personnes occupant des postes élevés s’occuper de la non-éternisation de quelqu’un en tant que « dirigeant perpétuel ». Cela rappelle encore une fois aujourd’hui les Mallkus et Mama T’allas (autorité communautaire) de la nation Qhara Qhara, qui affirment avec force que personne n’est indispensable ni ne doit prendre et encore moins s’éterniser au pouvoir.

Certains, après le silence dans le décompte des votes, ont commencé à parler de « fraude » ; d’autres ont décidé de dire « nous avons gagné ». Le malaise s’est intensifié et c’est à ce moment-là que les comités civiques – et en particulier celui de Santa Cruz – ont commencé à remplacer la présence et la voix de Carlos Mesa et de son parti politique, la Comunidad Ciudadana. Les comités civiques sont d’anciennes institutions politiques en Bolivie : des groupes de « forces vives » par département – des chambres de commerce, des groupes et des fraternités, des partis locaux, des associations professionnelles et des syndicats, etc. – elles expriment des alliances de classe, presque toujours sous l’hégémonie des hommes d’affaires locaux,

Les 22, 23 et 24 octobre, un moment d’intense délibération s’est ouvert en Bolivie. De nombreuses voix ont commencé à occuper l’espace public s’alignant autour de deux versions des événements du 20 : « il n’y a pas de différence de plus de 10% et il doit y avoir un deuxième tour » contre « il y a une différence de plus de 10% et Evo reste au pouvoir ». Les comités départementaux civiques parlaient un à un, bien que le plus strident ait toujours été celui de Santa Cruz. Les jours des grands Cabildos ont commencé : d’immenses concentrations de dizaines ou de centaines de milliers de personnes, où les partisans de chaque posture sont enflammés les uns avec les autres, consolidant leur position et défiant le contraire. Jusque-là, cela semblait être une pince à somme nulle bien connue : de celles qui poussent et obligent chacune à choisir l’une ou l’autre des positions opposées, même si aucune ne nous convient du tout.

Tout le processus néolibéral a réduit le contenu de la démocratie à une sorte d’acte bureaucratique et d’appareil électoral, et rien de plus. Ce processus a eu pour résultat que les élections ont légitimé des actes d’exclusion massive des intérêts de la société, des intérêts de secteurs spécifiques, des voix complexes qui composent une société composée de spectateurs et de spectateurs légalement exclus du droit de parole de penser et de décision. C est une privatisation de la politique.

Préludes d’un coup d’état

Le conflit politique – et de plus en plus social – qui s’est exprimé sous divers blocus dans les grandes villes et dans d’innombrables concentrations dans la rue, se sont articulés en 3 production de sens en litige.

  • Le gouvernement Evo s’intéresse de plus en plus à sa surdité triomphante en prenant soin de déplacer les organisations sociales corporatisées qui, il faut le dire, n’ont pris aucune initiative par elles-mêmes et ont plutôt attendu des instructions. Cette faction défend un groupe de pouvoir, se prétend indigène et de gauche, s’accrochant à la veste de l’Indien Evo Morales. La mobilisation sociale et le refus des mouvements de défendre ce qu’ils considéraient comme « leur » gouvernement à l’époque ont été à l’origine de la démission. La déclaration historique de la Fédération des syndicats des ouvriers des mines de Bolivie (FSTMB), pourtant proche du gouvernement, est l’exemple le plus clair du sentiment de nombreux mouvements : « Monsieur le Président Evo, vous avez déjà beaucoup œuvré pour la Bolivie. Vous avez amélioré l’éducation, la santé, ne laissez pas votre peuple entrer en guerre fratricide. Toutes les personnes vous apprécieront pour le poste que vous avez occuper mais la démission est inévitable, chère présidente. Nous devons laisser le gouvernement national entre les mains du peuple. « 
  • Carlos Mesa, communauté citoyenne et comités civiques alliés, faisant appel à la « défense de la démocratie » et exigeant un second tour ; appelant les gens encore et encore à se concentrer sur d’énormes conseils « pour la défense du vote ». Luis F. Camacho, président du Comité civique de Santa Cruz, constituait une source de production de sens spécifique au seins du camps « démocrate » dans la confrontation. Il a rapidement acquis une centralité. Ce personnage, dans un mouvement de compétition patriarcal bien connu, s’est peu à peu éloigné de son alliance pour soutenir Carlos Mesa et a commencé à se présenter lui-même comme le protagoniste, n’autorisant rien moins que « dieu » à incarner « l’anti-message » contre Evo « dans les rues ». l’aile droite la plus réactionnaire, incarne castes parasitaires bourgeoises, qui vivaient leur vie quotidienne en opprimant et discriminant racialement les autres.
  • Les organisation sociales autonomes notamment féministes. Une articulation croissante de personne en lutte faisant des efforts énormes pour se rencontrer et discuter à La Paz, Cochabamba, Santa Cruz et peut-être dans d’autres villes. Les femmes, axe fondamental de cette articulation, se sont donné la force d’ouvrir un espace de délibération à El Alto et, à Cochabamba, et se sont également réunis pour discuter au milieu d’une situation de plus en plus tendue de combats de rue. Cependant cette troisième option a été dans un premier temps assez discrète.

En réalité, dans ce scénario néo libéral démocratique, deux « groupes de pouvoir » se battent et se disputent ouvertement dans les rues centrales des villes pour la prise du pouvoir politique en Bolivie officielle. C’est-à-dire que le pouvoir nous confronte face à face, dans le seul intérêts de la Bolivie colonial.

La situation changea quand les forces armées ont invitées le président à démissionner le 10 novembre. Evo Morales, dans sa démission, a affirmé avoir nationalisé les ressources naturelles en Bolivie, faisant référence à l’exploitation du gaz naturel. Bien que cette nationalisation soit partielle, une chose a été faite, c’est de privatiser la politique au point que si vous n’étiez pas membre du parti, vous n’auriez rien à dire, mais si vous étiez membre du parti non plus, puisque les décisions étaient et sont traitées par un dôme fermé. . Cela a créé autour d’un vide démocratique géant l’espace que le fascisme a utilisé pour installer un contre-modèle caudilliste, qui place la frustration dans le plan d’une polarisation insurmontable qui n’est résolue que par le recours à la terreur, de la logique du plus fort. Le 12, une femme très à droite, Jeanine Áñez prit le pouvoir en tant que présidente avec l’aval de l’armée. avec toutes les forme d un coup d’état en règle.

Un gouvernement « transitoire » dictatorial et meurtrier

« Tant de morts et tant de blessés … la présidente qui s’est autoproclamé doit démissionner, c’est ce que nous voulons, c’est mauvais ce qui se passe dans le pays, l’histoire se répète violemment, comme les gouvernants précédents, comme Carlos Mesa, Goni, Banzer et Tuto Quiroga, ; avec ce président qui s’est autoproclamé de la même manière… c’est vraiment mieux de démissionner, car il n’y aura pas de solution… il y a déjà des tant morts, il n’y aura pas de solution ! « 

une anonyme dans la foule des manifestant a El Alto.

Le gouvernement du président de la transition,, a approuvé le décret autorisant l’affectation de 34,7 millions de Boliviens de la Trésorerie générale de la nation (TGN) aux forces armées boliviennes pour leur équipement. La police et les forces armées mènent des opérations conjointes en raison de la crise politique et sociale qui s’est aggravée après le coup d’état. Les secteurs sociaux indigènes et populaires ont défilé dans les rues pour demander la démission du président de la transition, Jeanine Áñez.

Le gouvernement avait également approuvé une autre règle – le décret suprême 4078 – autorisant les forces armées de la Bolivie à mener des opérations visant à rétablir l’ordre public et, en cas de nécessité, à prendre des mesures extrêmes. exonère de responsabilités criminelles.

La réalité dans la rue à l’heure actuelle est différente : c’est une situation de répression, de torture, d’humiliation, de meurtre et de désinformation.. Un grand nombre de ces actions violentes sont perpétrées par la police et l’armée, mais il existe également des groupes, apparemment des civils, armés. Nous ne sommes pas en mesure de donner des informations plus précises à leur sujet, mais la vérité est qu’elles sont là.

En en quelques semaines : 38 morts, plus 1300 blessé par balles, plus de 1500 incarcération, des dizaines de disparus des tortures et des viols. Un situation qui rappelle les heures les plus sombre des temps de dictatures. Les principaux zone de conflit réprimé sont ceux des vallée de cochabamba del alto , la banlieu de la paz , et les province domasuyu dans le nord de Laltiplano, bastion historique des luttes indigènes

Au moment d’écrire ceci, les médias commerciaux ne racontent pas ces histoires, les mort sont niés Invisibiliser, c’est aussi une forme de violence.

« Opprimée mais pas vaincue », la résistance et l’autonomie populaire tente de se réactiver.

Des rencontre ouvrière, paysanne, étudiante et populaire se multiplient, afin de donner une issue indépendante à la crise politique nationale. Ils ont souligné la nécessité de défendre une position politique indépendante dans un scénario de crise . Les organisation sociales autonomes indigène et populaire de la ville et de la campagne converge sur un certain nombre de point.

Confronter la crise politique nationale avec l’indépendance politique vis-à-vis de la droite et de la gauche.

Refuser catégoriquement le gouvernement de droite avec à sa tête l’oligarchie civique, la police et les militaire.

Récupérer des organisations sociales de travailleurs, de paysans, d’étudiants et populaires des mains de la bureaucratie du MAS.

Refuser catégoriquement les persécutions d’ouvriers, de paysans, de dirigeants et de bases autochtones, poursuivis pour s’être battus pour leurs revendications légitimes.

Promouvoir l’auto-organisation indépendante des travailleurs, des paysans, des organisations autochtones, des associations d’étudiants et des organisations populaires, contre la droite et le MAS.

Pour l’unité des exploités et des opprimés, contre les deux factions bourgeoises.

Demander aux organisations sociales de réaliser des congrès exceptionnel pour traiter la crise en cours.

Les comités de quartier, les organisation féministes, les organisation autochtones, les section de la central ouvrière bolivienne (dont la direction semble encore influencée par les lutte entre droite et gauche) il y a une énorme diversité d’organisation en mouvement dans les rue et en lutte contre le gouvernement assassin.

Parmis ces organisation il faudrait parler de la Commune Insurrectionnelle d’El Alto, la banlieu populaire de la paz, qui s’est créée. Celle ci regroupe l’ensemble des organisations sociales de la plus grande ville du pays. Elle s’est tout de suite démarquée par la clarté de ses position, très critique avec le mas et la droite au pouvoir et son engagement énergique pour bloquer l’approvisionnement en gaz de la ville de la paz, qui a entrainé une répression féroce et des dizaines de morts.

On pourrait aussi parler de la Confédération syndicale unique des ouvriers paysans de Bolivie (CSUTCB), qui dans son essence est une présence réelle de la bolivie opprimée, qui depuis août a retrouvé son autonomie politique vis à vis du clientélisme du mas

« Et c’est à partir de là que les hommes et les femmes de la bolivie paysanne qui embrassent des rêves d’émancipation ont compris l’urgence de ne pas se laisser absorber par les luttes politiques des positions de gauche et de droite. Ces partis politiques, la seule chose qu’ils peuvent offrir, sont leur esclavage historique et leurs massacres aveugles, La CSTUTCB entend construire une nouvelle société. Notre Bolivie aujourd’hui clandestine sur sa propre terre, par principe politique et idéologique, se définit irrémédiablement comme un ennemi fondamental de la Bolivie colonial, capitaliste et impérialiste. son objectif tactique et stratégique est la destruction de son pouvoir politique économique et militaire. En même temps, notre méthode d’auto organisation communautaire est un prélude à la nouvelle formation sociale, sans dirigeant ni dirigé, sans riches ni pauvres, sans exploités ni exploiteurs, sans discrimination raciale, sans victimes ni bourreaux. Il garantit pleinement l’égalité sociale de chaque être humain dans le nouveau Qullasuyu. » voilà le genre de position audacieuse qui émane de cette organisation.

Il y a actuellement une tempête profonde qui se développe dans le monde andin-amazonien pour vaincre une fois pour toutes cette caste coloniale de gauche et de droite, qui fait faire face entre frères de chair et de sang. Cette proposition apparaît aujourd’hui dans le cadre du réveil indien, c’est-à-dire du véritable réveil du géant endormi depuis plus de 500 ans. Cette pensée est maintenant présente dans toutes les communautés.

L’énorme diversité de l’autonomie sociale, politique et productive de la société face à ce qui l’opprime persiste et renoue avec d’innombrables expériences d’en bas, qui, malgré leur articulation avec le capitalisme et leur domination par l’Etat, sont encore des activités partiellement coopératives, de réciprocité et de résistance ou génératrice de solutions émancipatrice. Ce potentiel de logique familiale, amicale, communautaire, paysanne, artisanale, semi-mercantile et semi-prolétarisée pourrait faire exister davantage les formes d’auto-détermination qui sont déjà présentes dans ces territoires sociaux et géographiques diffus. L’auto-détermination sociale existe en tant que capacité d’autonomie et de résistance, et a parfois tendance à générer des formes auto-organisées et émancipatrices d’usage, des biens communs naturels, des moyens de production collectifs, d’us et coutumes sociaux auto-organisés. Ces relations acquièrent une importance considérable, car elles représentent une densité sociale, la possibilité ouverte de passer d’un espace occupé à un territoire où de nouvelles formes de sociabilité sont créées et recréées. La lutte est basée sur ce tissu de relations et de forces qui sont à notre portée. Ce sont ces territoires sociaux qui se battent, s’organisent, résistent, créent et construisent. L’histoire récente doit nous permettre de nous éloigner de toute perspective réformiste ou étatiste, affirmant « l’inclusion » des organisations sociales à l’État. Car, dans ce cas, l’autonomie politique et matérielle des populations devient une charte entre le commandement politique et la société (c’est-à-dire la masse des exploité-es et opprimé-es). La législation codifie les termes d’une relation subordonnée. Ainsi le Pouvoir met en place, progressivement et prudemment, l’œuvre de démantèlement de l’ordre social autonome pour la reproduction de la prédominance économique et politique des politiciens, des employeurs et du capital national et transnational.

/Jallalla lxs que luchan/

/Jallalla quollasuyu marka/


Article publié le 11 Déc 2019 sur Lepressoir-info.org