Tout d’abord il nous faut vous demander de nous excuser pour le très gros retard du magnifique numéro d’été ; Trop d’articles et illustrations à traiter (96 pages au lieu de 56), coup de « fiu » d’une rédaction toujours sur la brèche, pause estivale (bien méritée) de l’imprimerie, virus assassin, canicule terrassante… la liste est longue des mauvaises raisons pour avoir raté l’obstacle… Promis nous en tirerons les conséquences.

Mais donc, c’est la rentrée. Pendant l’été, la Macronie s’est aiguisée les dents. Les stocks de lacrymos, de protège-tout, de tonfas et grenades, de drones sont bien en place. Et les amendes tombent dru, comme les feuilles en automne. Amendes pour imposer le port du masque, amendes pour imposer l’absence de masque, amendes pour manifestation interdite, amende pour regroupement interdit, etc. etc. Alors que l’État respecte de moins en moins ses propres lois, c’est par tous les moyens qu’il s’affaire à nous les imposer. La doctrine étatique c’est : « Meurtrir les chairs – vider les porte-monnaies ». L’assaut libéral contre tout ne peut passer qu’en force, il s’agit que chacun prennent peur et reste à la maison à manifester – ou s’endormir – sur son canapé comme l’immense majorité des des 66 millions de confinés du printemps dernier. D’autres se seront donnés l’illusion d’agir en cliquant sur une des mille pétitions réclamant le « monde d’après ».

Mais pendant l’été les anarchistes aussi se sont aiguisés, que ce soit mi-juillet aux Reclusiennes ou mi-août aux Rencontres anarchistes organisées à Merlieux par le groupe Kropotkine de la Fédération Anarchiste. Des moments de camaraderie et d’organisation ; quand l’épée se renforce, ainsi fait le bouclier… Mais renforcer les banderoles ne suffit pas, il nous faut être offensif, prendre l’initiative en démontrant par les faits que l’anarchie n’est pas le chaos brutal que la presse se plaît à dépeindre, mais une forme d’organisation de la cité qui permet à toutes et tous de prendre ensemble les meilleures décisions.
Ainsi l’incroyable succès des coopératives alimentaires du groupe Henri Poulaille de Saint Denis doit faire des émules. Que mille fleurs fleurissent , disait le sanguinaire président Mao, nous dirons ici Que mille coopérateurs s’auto-organisent , sans chefs, sans salariés et sans bureaucratie, pour décider de ce qui remplira leur assiette.
Coller, tracter, manifester c’est nécessaire, mais d’une efficacité des plus modestes… ce n’est qu’au sein même des activités quotidiennes les plus triviales que nous pouvons convaincre du bien fondé de nos idées, et les mettant à l’œuvre ! Et le moment des « courses » est devenu celui de l’action politique. La voie est maintenant bien pavée, c’est facile nous disent les Dionysiens ; il ne s’agit plus que de s’y coller et accélérer un mouvement d’ensemble, fédéral, au sein duquel à l’image des Diony Coop du 9-3, l’individu ne peut bloquer le groupe, ni le groupe oppresser l’individu !

Le pouvoir est bout du panier ; sous les paniers, la rage !


Article publié le 17 Sep 2020 sur Monde-libertaire.fr