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Il y a cent cinquante ans, le peuple de Paris proclamait « la commune Â». Les prolĂ©taires montaient alors Ă  l’assaut du ciel et renversaient l’ordre social bourgeois. C’était la premiĂšre fois que la classe ouvriĂšre s’affirmait avec force sur la scĂšne de l’histoire et montrait ses capacitĂ©s d’autonomie et d’auto organisation. Ouvriers, artisans, boutiquiers etc…, le peuple se rĂ©vĂ©lait comme la seule force capable de remettre en cause l’ordre capitaliste. AprĂšs 72 jours d’insurrection : du 18 mars au 28 mai 1871, aprĂšs le massacre de plus de 20 000 personnes lors de la semaine sanglante la bourgeoisie mettait fin Ă  cette expĂ©rience rĂ©volutionnaire.

Un autre soulĂšvement prolĂ©tarien, en Russie le 2 mars 1921, 50 ans aprĂšs la commune, doit continuer de nous inspirer. Il s’agit de Kronstadt, dont le mot d’ordre Ă©tait « tout le pouvoir aux soviets Â». LĂ  aussi, marins, paysans et ouvriers, frĂšres d’armes des bolcheviks , fer de lance de la rĂ©volution de 1917 s’étaient auto organisĂ©s en « soviets Â», avec un profond dĂ©sir d’autonomie de libertĂ© et de justice. TenaillĂ©s par le froid, la misĂšre et la famine, le soulĂšvement Ă©clate le 2 mars Ă  bord du cuirassĂ© « PĂ©tropavlovsk Â». La commune rĂ©volutionnaire de Kronstadt survivra 16 jours avant d’ĂȘtre anĂ©antie par une rĂ©pression sanglante du pouvoir bolchevik. Les rebelles seront exĂ©cutĂ©s sur place ou dĂ©portĂ©s dans des camps. Pour effacer ses mĂ©faits et toutes traces, le pouvoir rebaptise la place d’Ancre ; elle devient place de la rĂ©volution. Quant aux cuirassĂ©s PĂ©trospavlovsk et SĂ©bastopol, foyers de l’insurrection, ils seront rebaptisĂ©s, « Mara Â» et « Commune de Paris Â». Ce massacre pour « raison d’état Â» n’empĂȘchera pas, LĂ©nine, Trotski et les bolcheviks de cĂ©lĂ©brer le 18 Mars, soit deux jours aprĂšs, le cinquantenaire de la Commune de Paris. Les massacreurs d’hier voulaient prĂ©server leur Ă©tat, leur pouvoir, leur ordre : Bourgeois pour l’un, Partidaire pour l’autre.

Il est Ă©vident que les hĂ©ritiers « français Â» de « monsieur Thiers Â» le massacreur des communards poursuivent leur offensive de classe contre les travailleurs-euses et la population. Aujourd’hui, encore ils cherchent Ă  convaincre les prolĂ©taires et surtout les plus jeunes qu’un monde meilleur peut se construire sans dĂ©truire le capitalisme. Or, il n’en est rien. Face Ă  la barbarie et Ă  la misĂšre du monde actuel les enseignements Ă  tirer des communards, doivent nous redonner confiance pour les combats Ă  mener aujourd’hui et pour l‘avenir. Rappelons les mĂ©faits sanglants et la rĂ©pression acharnĂ©e du gouvernement contre les Gilets Jaunes en rĂ©volte en 2019-2020 ou les agissements des polices impunies dans les citĂ©s ouvriĂšres.

La bourgeoisie instrumentalise la situation que gĂ©nĂšre le virus pour protĂ©ger son systĂšme d’exploitation et de domination. Pourtant la pandĂ©mie progresse malgrĂ© les mesures prises. Mais avec elle, progressent aussi le chĂŽmage, les licenciements, les fermetures d’entreprises avec ou sans subventions Ă©tatiques. Hier, les soignant.es en premiĂšre ligne face au virus, sans moyens pour se protĂ©ger, Ă©taient saluĂ©.es, applaudi.es. Aujourd’hui, les-mĂȘmes sont dĂ©noncĂ©.es par le pouvoir et les mĂ©dias comme menaçant de propager le virus, par refus de se faire vacciner. D’autant plus que c’est le vaccin le moins fiable qui leur est proposĂ©. Cette dĂ©nonciation permet au pouvoir de masquer sa calamiteuse gestion d’approvisionnement des vaccins. Dans la culture, Ă  cause de la pandĂ©mie, la misĂšre et la prĂ©caritĂ© frappe le monde du spectacle vivant, les thĂ©Ăątres, les cinĂ©mas… R. Bachelot, leur ministre veut « moderniser Â» le secteur. Elle envisage de casser le « statut public Â» des protĂ©gĂ©s, Ă  savoir les titulaires de formations permanentes, opĂ©ra, orchestres… Et que penser du dernier cafouillage ministĂ©riel ? Seize pages de recommandations qui ont couvert de ridicule ses auteurs et nous laissent dubitatifs quand Ă  la pertinence des nouvelles mesures sanitaires prĂ©conisĂ©es. Ainsi, malgrĂ© les incompĂ©tences et incohĂ©rences technocratiques en matiĂšre de lutte contre le covid, le gouvernement poursuit ses attaques contre le monde du travail.

Une fois encore, la bourgeoisie nous demande « civisme Â» et « sacrifice de nos libertĂ©s Â» pour prĂ©server « son essentiel Â». Il faut nous dit-elle garder la compĂ©titivitĂ© de la France contre les concurrents Ă©conomiques. Pendant que les mĂ©dias aux ordres nous dĂ©verse des tombereaux d’informations et de communications, nous restons incertains, sur les attitudes ou mesures Ă  prendre pour rĂ©agir et dĂ©fendre nos intĂ©rĂȘts de classe, pour envisager un avenir autre que celui que nous impose le systĂšme capitaliste. Cette situation anxiogĂšne permet aux patrons de se dĂ©barrasser des travailleurs jugĂ©s inutiles : 30 000 licenciements Ă  venir dans la zone aĂ©roportuaire de Roissy. Pendant la pandĂ©mie, tandis que travailleurs.euses et populations prĂ©caires crĂšvent de misĂšre ou du covid, les entreprises du CAC 40 ont tout de mĂȘme distribuer 23 milliards d’euros Ă  leurs actionnaires

Comme personne n’a pu sauver les insurgĂ©s de la commune ou de Kronstadt, personne ne nous sauvera de la barbarie capitaliste qui risque de nous engloutir. Pourtant, malgrĂ© les chausses trappes tendus pour nous empĂȘcher de nous exprimer : confinements, couvre feu… malgrĂ© les rĂ©pressions « dĂ©mocratiques Â» ou sanglantes Ă  Rangoon au Myanmar (ex Birmanie), les peuples, les travailleurs-euses n’ont pas dit leurs derniers mots. Certes les rapports de forces, de classe nous semblent dĂ©favorables mais les bourgeoisies sont fĂ©briles. Comment faire rĂ©gner leur ordre capitaliste sans provoquer de soubresauts violents qui engendreraient de nouvelles « communes Â» ou « soviets Â» ou des « Printemps d’espoir Â» ?

Ce rapport de force peut ĂȘtre inversĂ© par nos manifestations, nos luttes, nos dĂ©sirs collectivisĂ©s dans l’auto-organisation, l’autonomie ouvriĂšre, la dĂ©mocratie directe. Ce rapport de force ne viendra pas des isoloirs Ă©lectoraux chers aux partis qui nous Ă©touffent ni des bureaucraties syndicales qui ont autant Ă  perdre que leurs partenaires bourgeois dans cette guerre de classe.

Notre force est dans les luttes, dans la rue, tous, toutes ensemble.

OCL Caen 26 03 2021

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Source: Oclibertaire.lautre.net