Octobre 22, 2020
Par Union Communiste Libertaire (UCL)
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Du Clash londonien (Capital Radio One & Two, This is Radio Clash) aux gones lyonnais des Partisans (Radio rebelle), des Transalpins de RedSka (Riot Radio) aux vétérans de la scène skinhead antifasciste de Los Fastidios (Radio Boots), les groupes de la mouvance punk-ska ont souvent convoqué la thématique de la radio dans leurs chansons.

Évidemment il ne s’agit pas des radios formatées de la bande FM, mais plutôt des radios pirates, qui donnent à entendre la bande son de la révolution. Les Bordelais de Resaka Sonora en ont fait un fil conducteur de ce second album aux forts accents révolutionnaires.

Resaka Sonora, c’est d’abord une attitude. Depuis 2011, le groupe est un inlassable promoteur de la contre-culture – c’est à dire une culture autonome et populaire, qui vit et circule hors des circuits formatés par les structures économico-institutionnelles bourgeoises – et s’inscrit dans une démarche politique qui se revendique « no-profit » ; pas de cachets pour ses musiciens. Alternatif, solidaire et internationaliste, le groupe aime mixer les cultures et écrit ses lyrics en français, castillan, euskara, italien ou arabe.

À l’assaut des ondes

Ce nouvel album resserré s’ouvre sur l’énergique 1 000 voces et annonce la couleur des pistes à venir ; du ska endiablé soutenu par une section de cuivre omniprésente et une boîte à rythme entêtante. Le ton est donné, la tête bouge, et dès la première écoute les titres s’enchaînent et s’impriment dans le cortex. Le groupe balance douze titres d’un ska tantôt dansant (Seguir adelante ou Dall’alba della storia), tantôt plus revival skinhead (Invade the city) et parfois franchement ska-punk (Silencio ou 202.0 MHZ avec Max et Pawall de Los Tres Puntos en featuring).

Côté paroles, le groupe fait la part belle aux révoltes. Celles d’hier ; K-1921 évoque la révolte des marins de Kronstadt et sa répression par le pouvoir bolchevik, mais surtout celles d’aujourd’hui ; Ey Raquib sur le combat pour l’autonomie du peuple kurde, ou encore Clandestin et Un seul héros le peuple, aux accents – malheureusement – contemporains.

Des chansons qui nous parlent et parlent de nous aussi : Comme un cœur qui bat fait immédiatement penser aux Partisans, ou le magnifique final À l’assaut des ondes, qui clôt un album qu’on a immédiatement envie de réécouter à défaut de pouvoir le découvrir sur scène.

Douze titres à l’ancienne, le format d’un vinyle ni plus ni moins. Un album indispensable pour la rentrée sociale, et l’après !

David (UCL GPS)

  • Resaka Sonora, Frekuenzia, LP & CD, Fire & Flames / General Strike / Dure réalité, mars 2020, 10 euros (album en vente sur le site du groupe et au bar 33.290 à Blanquefort)



Source: Unioncommunistelibertaire.org