Novembre 24, 2019
Par Le Monde Libertaire
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Paris

FÉMINISTES TANT QU’IL LE FAUDRA
La marche annuelle de la « Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes » a connu aujourd’hui à Paris une participation historique de l’ordre de quatre fois celle de l’année dernière, environ 50 000 personnes. Si l’on poursuit la comparaison, il y avait moins de pancartes associatives et davantage de pancartes de confection artisanale. Notons « Féminicides = État coupable ». La foule était nettement plus compacte et silencieuse, peu de slogans ou de chants. Des fenêtres fermées sur le passage du cortège mais du monde sur les trottoirs pour discuter avec les manifestant.e.s. Une marche grave sous le signe des féminicides avec des slogans accusateurs et des photos affichant les femmes meurtries, battues, mortes pour mieux dénoncer. Dans toutes les conversations, les chiffres : les statistiques de victimes pour 2019 dépassent déjà, en ce 23 novembre, celles de toute l’année 2018, il y a urgence !

L’appel à la marche #NousToutes signé par de nombreux partis politiques, syndicats et associations féministes avait pour titre « Stop aux violences sexistes et sexuelles ».

La FA était également présente (en trop petit nombre sans doute) et ses militant.e.s distribuaient un tract appelant « Toutes et tous dans la rue pour la manifestation à Paris du 23 novembre à 14h place de l’Opéra ». Le titre de ce tract -«Stop aux féminicides Stop aux violences »- et son texte soulignaient très justement que les violences faites aux femmes en raison de leur sexe devaient être combattues sous toutes leurs formes, le féminicide étant leur pire expression. La participation de la FA a été particulièrement remarquée grâce à une banderole noire portant l’effigie d’une héroïne masquée et le slogan « Féministes tant qu’il le faudra . Ni fachos ni machos. Fédération anarchiste » prise mille fois en photo !

Derrière la banderole, flottaient les drapeaux noirs et violets des militant.e.s qui portaient un foulard violet autour du cou, ou sur le bras en signe de deuil.
Monica Jornet Groupe Gaston Couté de la FA

Lyon

A l’appel du collectif droits des femmes dont le groupe Graine d’anar est membre, la manif sur Lyon était appelée à 14h.
Hé bien c’est entre 8000 et 8500 personnes qui ont défilé et hurler contre le patriarcat. Ça fait un bien fou.
Fab- groupe Graine d’anar – Lyon

La Rochelle

hier la manifestation rochelaise a débuté sous des trombes d’eau : près de 800 personnes. quelques libertaires ( les éditons libertaires), des antifaschistes.
Une belle réussite quand on pense que la dernière manifestation féministe n’avait rassemblé qu’une trentaine de personnes
Thyde groupe Nous autres

Montargis
Avant de monter à Paris, nous avons marché le matin à l’appel de Femmes Solidaires, un demi millier de personnes avec lectures publiques devant le commissariat, le palais de justice etc…
Monica Jornet Groupe Gaston Couté de la FA

France : Stop au féminicide !

Depuis un mois, on pouvait lire sur les trottoirs des grandes villes, de nombreux pochoirs et de nombreuses affiches collées sur les murs, appelant à la Manif du 23 contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes. Les féministes femmes et hommes ont massivement répondu à l’appel.
Selon les associations organisatrices -qui avaient conseillé participant.es de revêtir un vêtement de couleur violette comme symbole-, 150 000 manifestant.es ont défilé sur tout le territoire, dont 49 000 dans la capitale, selon le cabinet de comptage indépendant Occurrence.

Photo Edouard Caupeil

Beaucoup de banderoles, pancartes et stickers affichaient : “Un milliard, pas des bobards’, “J’accuse”, “Les femmes occupent la rue”, “Ras le viol” ou encore, “Dans douze féminicides, c’est Noël”»… A Paris, la manif est partie de la place de l’Opéra pour s’achever sur celle de la Nation. Bien après son passage Place Voltaire, on pouvait encore lire les slogans des pancartes accrochées sur les sapins de noël installés par la mairie du 11ème…
Dans le reste du pays, une trentaine de marches se sont déroulées, notamment à Lyon (8 500 personnes scandant, “A bas le patriarcat”) à Lille, à Toulouse (plusieurs centaines), Bordeaux (plusieurs milliers), Rennes, Strasbourg… Ainsi que dans les petites villes, comme à Montargis -(où 500 personnes très motivées ont marché le matin à l’appel de Femmes Solidaires, avec lectures publiques devant le commissariat et le palais de justice de la ville)-, 300 à Saint-Etienne, etc. A Grenoble, le cortège n’est parti qu’à 16 heures pour que “Les femmes se réapproprient l’espace public et n’aient plus peur la nuit”.
Depuis le début de l’année 2019, au moins 116 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint (121 en 2018, selon le ministère de l’intérieur) ! Environ 213 000 femmes sont victimes chaque année de violences orales, physiques et / ou sexuelles. Sur un des sapins de la place Voltaire, on pouvait lire sur une pancarte restée accrochée après le passage de la manif “Une femme sur trois se fait agresser dans sa vie”…

Patrick Schindler groupe Botul




Source: Monde-libertaire.fr