Mai 3, 2021
Par Le Monde Libertaire
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Muni de mon certificat médical
Ne contre-indiquant pas la pratique musicale
J’ai pris place devant la brigade
Pour entonner un appel aux camarades.

Un adjudant-chef est alors sorti de ses gonds
Aussi ridicule dans son uniforme que furibond
Et m’a enjoint d’aller voir ailleurs si j’y suis
Au diable, mais loin de sa gendarmerie.

J’ai feint de satisfaire à ses exigences
D’exhausser les vœux de cette engeance
En repliant mes gaules et mon barda
Mon trombone à coulisse et mon tuba.

Il m’a lancé : « Là vraiment, tu déconnes ! »
Quand j’ai sorti mon beau mégaphone
Et me suis mis à brailler en presque espagnol :
« Sortez les prisonniers politiques de leur geôle. »

Les adjudants-chefs ne sont pas des rigolos
Ils jouent avec le plus grand sérieux leur numéro
Ils sont chefs tout de même bon sang de bois
Et adjudants par-dessus le marché de Blois.

Mais qu’est-ce que c’est que ce connard ?
Maintenant tu dégages ou alors gare !
Semblaient signifier ses coups de sifflet
Qu’il répétait de plus en plus essoufflé.

Tout est évidemment tombé en quenouille
Quand l’apoplexie guettant notre andouille
Le laissa roide sur un coin de bitume
Joliment figé dans son joli costume.

Les sous-adjudants accourus à son secours
Observèrent qu’il avait bien passé son tour
Et se disputèrent la succession du calife
A celui qui aurait échoué trois fois au certif’.

Laissant discourir la volée de mainates
J’entrepris avant de regagner mes pénates
De pénétrer dans l’enceinte libre de Pandores
Pour inviter les détenus à visiter les dehors.

Mon doigt indiquant la direction du Pays basque
Les compères se firent la malle sans frasque
Et in petto je souris avec un brin de malice
Songeant à l’histoire que j’écrirai avec délice.

Céd.




Source: Monde-libertaire.fr