La prison, c’est la quintessence de l’État, « bras armé foudroyant de la souveraineté et de la domination » (Salle, 2004). Et la prison affecte toujours plus de personnes. En France, le nombre de personnes détenues a augmenté de 26 408 entre 1990 et 2019 (71 828 au 1er avril 2019 contre 45 420 en 1990). Plusieurs dizaines de prisons connaissent un taux d’occupation supérieur à 150%. Cette augmentation de la population carcérale est attribuable non pas à une augmentation de la « délinquance », mais à l’évolution de la politique pénale (développement de procédures de jugement expéditif comme la comparution immédiate, augmentation de la détention provisoire, etc.).

Pour les personnes détenues, l’incarcération est une atteinte à leur dignité et leur intégrité. Pour leurs proches, la violence carcérale c’est entre autres de ne pas savoir comment fonctionne la prison (témoignage édifiant d’un parent de détenue ici). La section francilienne de l’Anarchist Black Cross (ABCIDF) vient de publier deux guides synthétiques sur le soutien aux personnes détenues. Ces guides seront bientôt proposés en format brochure pour une diffusion numérique et papier. D’ici là, n’hésitez pas à nous contacter pour proposer des corrections et compléments !

1. Soutien aux détenu·e·s

Que faire quand une personne proche est placée en détention ? Il n’est pas évident de savoir quelles démarches entreprendre pour rester en contact et apporter un soutien. Cette fiche synthétique donne des informations pour rester solidaires par-delà les murs.

Note : ce petit guide est un peu l’équivalent d’un « Sortez couvert·e·s ! » du Groupe légal de la Coordination antirep de Paris. L’ABCIDF proposera bientôt un guide complet à destination des proches de détenu·e·s.

2. Guide pour écrire aux personnes détenues

Toutes les personnes détenues peuvent écrire et recevoir des lettres, sans limitation quant à leur longueur et leur fréquence. Pour une personne détenue, recevoir du courrier est important pour tenir moralement. C’est une marque de soutien et un lien avec l’extérieur. Le courrier signale également à l’Administration pénitentiaire (AP), à son personnel et aux co-détenu·e·s que la personne n’est pas isolée : c’est important si elle subit (ou est susceptible de subir) des violences. Dans cette brochure synthétique, nous donnons dans un premier temps des conseils généraux pour l’écriture aux personnes détenues, avant d’aborder des questions plus techniques.


Article publié le 26 Jan 2020 sur Paris-luttes.info