Mars 1, 2018
Par Rebellyon
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Nous souhaitons notamment réagir au débat sur le téléphone en détention qui est apparu dans les médias et sur les réseaux sociaux au début de l’année. Nous pensons tout d’abord que c’est un sujet qui ne sert qu’aux politiques pour faire parler, mais nous considérons que rien ne changera et que cette perspective ne se réalisera jamais. Cependant, nous allons essayer de faire un état des lieux de la situation actuelle tant sur la question des moyens de communication que sur la question du confort en prison qui alimente les débats dans notre société.

A ce jour, communiquer est un luxe et appeler ses proches nécessite plusieurs étapes. Tout d’abord, il faut que le juge valide les numéros que nous souhaitons appeler, ce qui peut durer très longtemps. Une fois possible, nous devons charger un code qui nous permettra d’appeler. Les appels coûtent cher, très cher. Certains d’entre nous payent 40 euros par mois pour quelques appels (20 minutes) 3 fois par semaines… Et appeler à l’étranger est encore plus cher. Tous ça pour des communications qui sont écoutées par l’administration pénitentiaire. En milieu ouvert, des personnes ont les appels illimités pour 20 euros par mois. Posséder un téléphone dans sa cellule ne changera rien au coût qui restera inaccessible à tous les détenus. Par contre c’est une belle source financière pour l’État… Avoir un téléphone portable en détention est bien sûr interdit, mais la réalité est tout autre. L’administration pénitentiaire s’arrange de ce petit manquement au règlement. Le téléphone portable (comme le cannabis) reste un moyen pour acheter la paix sociale et la tranquillité. C’est aussi un moyen pour les services pénitentiaires de résoudre des affaires en écoutant les communications. Nombre de camarades détenus ont vu de nouvelles affaires apparaître en détention par manque de discrétion téléphonique. Ce débat nous permet d’exprimer notre point de vue sur la question du confort en prison.




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